I. ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE
a) Conditions dans lesquelles les échantillons d^eau destinés à l’analyse bactériologique doivent être recueillis et expédiés. — Les échantillons d’eau destinés à
l’analyse bactériologique doivent être recueillis dans des vases rigoureusement propres, parfaitement stérilisés et maintenus, depuis le prélèvement jusqu’à l’arrivée au laboratoire, à une température voisine de 0. On choisira comme récipients des flacons neufs, en verre blanc, d’une capacité de 150 centimètres cubes : cette quantité d’eau suffit pour une analyse bactériologique ordinaire.
Stérilisation des flacons, — Le flacon, après avoir été lavé et bien séché, est fermé avec un tampon de ouate, puis soumis à une température élevée qui doit être maintenue jusqu’à ce que la ouate soit légèrement roussie ; cette modification se produit aux environs de 200^’, température suffisante pour la stérilisation. Les fourneaux de cuisine ordinaires, les fours de boulanger permettront facilement, à défaut de four à gaz, d’atteindre cette température. Lorsque la stérilisation est effectuée et le flacon complètement refroidi, on substitue au tampon de ouate un bouchon de liège neuf légèrement carbonisé à sa surface par la flamme d’une lampe à alcool, puis on enveloppe le flacon avec une feuille de papier stérilisé que l’on cachette aux deux extrémités et on l’introduit à frottement doux dans une boîte métallique destinée à le protéger pendant le transport.
En principe, les flacons stérilisés sont fournis par les laboratoires de bactériologie.
2° Prélèvement de V échantillon. — Pour faire un prélèvement dans le bassin d’une source, dans une rivière ou un réservoir, il y aura lieu, en général, de puiser l’eau en un point intermédiaire entre la surface et le fond. Lorsque le prélèvement doit être fait au robinet d’une canalisation ou à la pompe qui dessert un puits ou une citerne, il faut laisser couler l’eau assez longtemps (au moins dix minutes) pour être assuré de ne pas recueillir
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le liquide qui a séjourné dans les tuyaux de la pompe ou dans le conduit qui relie le robinet à la canalisation générale.,
La feuille de papier stérilisé qui enveloppe le flacon ne doit être enlevée qu’au moment de l’emplissage. On aura soin, après avoir débouché le flacon et pendant qu’on le remplit, de tenir le bouchon à l’extrémité des doigts et de préserver de tout contact la partie de ce bouchon qui doit pénétrer dans le goulot L Immédiatement après l’emplissage, le flacon sera solidement rebouché, cacheté à la cire, revêtu d’une étiquette indiquant le nom de l’eau prélevée et le lieu du prélèvement, puis enveloppé d’une feuille de papier blanc et enfermé dans la boîte métallique. On disposera un anneau de caoutchouc en couvre-joint sur le bord du couvercle de manière à assurer l’étanchéité de la boîte et celle-ci sera placée alors dans le récipient rempli de glace où elle devra rester jusqu’au moment de l’emballage ; cette prescription est rigoureuse; elle a pour but d’éviter la pullulation des germes qui serait la conséquence de réchauffement de beau.
3° Emballage. — Les caisses d’emballage sont de deux types destinés à contenir un ou quatre échantillons. Elles sont en bois blanc de un centimètre d’épaisseur ; leurs dimensions intérieures exprimées en millimètres sont :
N° 1 : Longueur, 0”“,40; — largeur, 0“^,25; — hauteur, 0”^,25 N° 2 : — 0“,41 0“",3o — 0”",35
Ces caisses sont fournies par les laboratoires de bac- ' tériologieh Lorsqu’elles ne contiennent que les étuis
1. 11 est absolument nécessaire que les échantillons d’eau destinés à l’analyse bactériologique soient prélevés aseptique ment.
Lorsque, par exemple, ce prélèvement doit être fait dans un
métalliques et les récipients vides, elles pèsent moins de 3 ou 5 kilogrammes. Lorsqu’elles sont remplies, leur poids ne dépasse pas 10 ou 20 kilogrammes.
Dans la caisse n"" 1, l’étui contenant le flacon est placé au centre et entouré complètement de glace concassée en morceaux de la grosseur d’une noix; l’espace situé entre la glace et les parois de la caisse est garni de sciure de bois bien sèche et modérément tassée. La caisse n° 2 présente la même disposition : les quatre étuis sont groupés au centre, au contact et enveloppés successivement de glace et de sciure.
En employant 2''^, 500 de glace pour la caisse n° 1 et 4*'s,500 pour la caisse n° 2, les échantillons peuvent subir un transport de plus de trente-six heures en France pendant l’été ^ sans que la glace qui les protège soit
puits non pourvu d’une pompe, il faut plonger le flacon stérilisé directement dans l’eau du puits et ne jamais se servir pour l’emplissage d’un vase intermédiaire tel qu’un seau ou une bouteille. Un procédé simple consiste à lester le flacon avec un fragment de métal fixé à l’extrémité d’un fil de fer souple et fin. Le flacon est descendu dans le puits au moyen de ce même fil. Il est bien entendu que le fragment de métal, le fil et la tige métallique sur laquelle, pour faciliter l’opération, on enroule le fil, auront été préalablement stérilisés par flambage.
1. Sauf en des cas très exceptionnels où caisses et flacons pourront être préparés sur place; toutes les fois qu’une analyse bactériologique sera reconnue nécessaire, on demandera au laboratoire régional, qui les éxpédiera immédiatement, le nombre voulu de caisses de un ou quatre échantillons. Chaque caisse renfermera un ou quatre flacons stérilisés, enveloppés de papier stérilisé, et contenus dans une boîte métallique, On n’aura à se procurer sur place que de la glace et de la scuire de bois-
'2. Le meilleur moyen de débiter un bloc de glace en morceaux est de le faire éclater avec un poinçon à pointe effilée, sur le talon duquel ou frappe à petits coups.
3. En Algérie et en Tunisie, pendant l’été, lorsque les températures sont trop élevées et surtout lorsque les durées de transport sont trop longues pour que les échantillons d’eau puissent arriver
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entièrement fondue. La quantité de sciure utilisée est plus que suffisante pour absorber la totalité de l’eau de fusion; il est donc inutile que la glace soit contenue dans une boîte métallique destinée à empêcher cette eau de se répandre au dehors. La précaution prise de maintenir les échantillons dans la glace depuis leur prélèvement jusqu’à la mise en caisse, a pour but principal d’empêcher la pullulation des germes ; elle a encore cet avantage qui n’est point négligeable : la glace d’emballage ne fond pas au contact des échantillons refroidis, ce qui permet de réduire dans une notable proportion, les quantités de de glace et de sciure nécessaires.
L’emballage sera fait au moment le plus rapproché possible de celui où le colis doit être expédié.
4® Expédition. — Les colis devront être expédiés aux laboratoires de bactériologie par vitesse accélérée.
Les envois seront toujours faits « en magasin », c’est-àdire à domicile.
L’indication du contenu de la caisse doit être donnée afin d’éviter les vérifications de l’octroi qui rendraient les échantillons inutilisables.
Autant que possible, les expéditions devront être faites de telle sorte, que les colis arrivent aux laboratoires un autre jour que le dimanche.
h) Renseignements à fournir pour Tanalyse. — Il est
nécessaire, pour que l’analyse bactériologique puisse donner les meilleurs résultats, que des renseignements précis et complets soient adressés à l’expert sur le but des recherehes qu’on lui demande et sur les conditions de prélèvement des échantillons qu’on lui envoie. Ces
aux laboratoires dans de bonnes conditions, il est préférable de renoncer à demander des analyses qui ne fourniraient pas des résultats satisfaisants.
renseignements seront inscrits sur des feuilles spéciales, dont il sera établi quatre expéditions par eau à analyser. .Ces feuilles reproduisent intégralement le questionnaire ci-après, elles sont fournies par les laboratoires de bactériologie, en même temps que les caisses d’emballages et les flacons stérilisés.
Renseignements pour Vanalyse bactériologique de Veau de
Autorité qui a prescrit l’analyse;
2° Causes qui motivent l’analyse (épidémie de..., source à capter, appréciation d’une eau de boisson...);
30 Origine de l’eau (source, puits, galerie filtrante, rivière, eau de pluie recueillie dans une citerne...) ;
4® Point où l’échantillon a été prélevé (à l’origine d’une source ou au robinet d’une canalisation? dans un puits ou à la pompe qui le dessert?...) Si l’échantillon a été prélevé dans une rivière, un puits, un réservoir, une citerne..., dire s’il provient de la surface ou du fond ou d’un point intermédiaire. Faire connaître la profondeur du puits, du réservoir... et la hauteur de l’eau au moment du prélèvement. Indiquer la date du dernier nettoyage des citernes ou réservoirs; dire s’il existe des poussières à la surface, des boues au fond;
0° Y a-t-il eu des chutes de pluie ou des fontes de neiges dans les jours qui ont précédé le prélèvement de l’échantillon? L’eau est-elle devenue trouble? Le niveau de l’eau est-il supérieur ou inférieur au niveau normal?
6° Causes de souillures permanentes ou accidentelles auxquelles l’eau paraît exposée ; '
7^ Usages auxquels l’eau est destinée (boissons, cuisines, lavabos, abreuvage des chevaux...) ;
8"^ L’eau est-elle bue sans épuration préalable ? Indiquer s’il y a lieu, l’appareil d’épuration employé ;
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9"" Température ambiante au moment du prélèvement de l’échantillon ;
10° Température de l’eau au même moment;
11° Jour et heure du prélèvement ;
12° Place et établissement que l’eau alimente ;
13° Observations diverses.
c) Comptes rendus des analyses. — Les résultats des analyses d’eaux pratiquées dans les divers laboratoires de bactéréologie, feront l’objet d’un compte rendu qui sera inscrit à la troisième page des feuilles de renseignements, jointes à l’envoi des échantillons.
Une expédition de ces feuilles, ainsi complétées, sera adressée, pour être annexée au dossier de l’eau analysée :
1° Au Ministre (7° direction) ;
2° Au Directeur du Service de santé de la région ;
3° Au chef de corps ou de service intéressé.
La quatrième expédition des feuilles de renseignements sera conservée dans les archives du laboratoire.