‹ Analyse chimique et bactériologique des eaux potables et minérales; épuration des eaux; législationChapitre 17 sur 118 · Ferrier, Journal de Pharmacie et de~~ Chimie · texte numérisé non relu

Ferrier, Journal de Pharmacie et de~~ Chimie

MATIÈRES MINÉRALES FIXES

lions si précieuses pour l’hygiène faites par les médecins et pharmaciens de la marine ; et toutes les villes, avant d’adopter une eau pour leur alimentation, doivent se préoccuper de cette attaque; carie plomb constitue entièrement la canalisattion des maisons; et l’eau y séjourne toujours la nuit sous une pression plus ou moins forte.

Comme il est facile de s’en assurer par une expérience très simple, l’eau distillée attaque très rapidement le plomb bien décapé en en dissolvant une notable proportion. Cette attaque peut même devenir très importante car elle ne s’arrête pas par formation d’enduit protecteur à base d’hydrocarbonate de plomb, comme cela se produit avec les eaux contenant une notable proportion de bicarbonate de chaux.

L’eau distillée provenant de la distillation d'eau riche en matières organiques et en chlorures, renferme de Lazote nitrique très actif dont l’action corrosive sur le plomb est très forte.

Les eaux de pluie et les eaux dont le degré hydrotimétrique est très faible et qui ne contiennent que des traces de chaux, agissent comme l’eau distillée; et si elles contiennent moins de produits nitreux, elles sont, en revanche, plus chargées de gaz carbonique et d’oxygène libre, comme cela a lieu dans des conduites incomplètement remplies où s’exerce parfois une pression considérable.

D’après le professeur Caries, le plomb est d’autant moins attaqué qu’il est plus pur, et la souillure de l’eau est plus forte aux soudures, c’est-à-dire là où il se forme des couples voltaïques. D’après le même chimiste, l’étamage ne protégerait pas entièrement le plomb : et lorsqu’on se trouve en présence d’une eau faiblement minéralisée, il faudrait supprimer entièrement le plomb des

canalisations, et le remplacer par le fer étiré ou la fonte coaltarée ou émaillée, selon les indications du Comité consultatif d’Hygiène de France.

Les sels de Leau les plus nuisibles dans l’attaque des métaux sont tout d’abord les nitrates et les nitrites : l’acide carbonique solubilise ensuite, en donnant à l’eau une apparence limpide et trompeuse. 11 faut donc toujours rejeter l’eau qui a passé la nuit dans les tuyaux de plomb, même si elle n’est pas trouble.

Le bicarbonate de chaux empêche la solubilisation du plomb. Le passage sur un peu de noir animal le retient entièrement ; mais cela n’est pas possible à appliquer aux bornes-fontaines.

Pour rechercher de petites quantités de plomb dans une eau, on eu évapore à sec un demi-litre, ou mieux un litre. On reprend le résidu par un peu d’acide azotique au I/o®. On évapore de nouveau pour chasser l’excès d’acide azotique. On reprend par l’eau distillée, et l’on caractérise le plomb par riiydrogène sulfuré, l’iodure de potassium et l’acide sulfurique.

Pour le dosage, on ne peut guère employer la méthode pondérale à l’état de sulfate. On fera bien d’agir colorimétriquement par l’hydrogène sulfuré et par comparaison avec des teintes obtenues avec une solution de 0^*’,16 d’azotate de plomb dans un litre d’eau distillée. Un centimètre cube de cette solution renferme 1/10® de milligramme de plomb.

Cuivre. — Pour rechercher le cuivre, on opérera comme pour le plomb. On le caractérisera en le déposant sur une petite lame de fer, ou par l’hydrogène sulfuré, l’ammoniaque et le ferrocyanure de potassium.

Pour le doser, on fera bien également d’employer la

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méthode colorimétrique par le ferrocyanurede potassium à 1 pour 200, en agissant par comparaison avec une solution de sulfate de cuivre cristallisé, à i§^'*,971 par litre d'eau distillée, dont un centimètre cube correspond à 1/2 milligramme de cuivre.

Arsenic. — Si l’on soupçonne la présence de l’arsenic dans une eau, on peut l’y rechercher par l’appareil de Marsh, car la sensibilité de cet appareil est suffisante pour agir directement sur l’eau, après s’être assuré qu’en fonctionnant à blanc, l’appareil ne donne aucun dépôt noir miroitant.

On commence par verser 5 centimètres cubes d’eau et l’on observe. On peut aller progressivement jusqu’à 50 centimètres cubes; mais si à cette dose il ne se produit rien de suspect, on peut considérer l’épreuvecomme négative.

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