‹ Analyse chimique et bactériologique des eaux potables et minérales; épuration des eaux; législationChapitre 18 sur 118 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Sous le nom de matières organiques, on comprend une foule de substances d’origine végétale et animale, extrêmement instables et de nature complexe, provenant de la décomposition des albuminoïdes, des matières grasses et des hydrates de carbone.

On y range donc la matière organisée vivante, les microbes et la matière organique inerte minéralisée, ainsi que les toxines solubilisées par l’action des bactéries et les agents atmosphériques.

On ne peut donc songer à différencier toutes ces substances, ni même à les doser en bloc d’une façon irréprochable. Cependant, on arrive assez bien à en déterminer la proportion d’après la quantité d’oxygène qu’elles peuvent emprunter au permanganate en opérant dans des conditions de temps, de milieu et de température que nous indiquerons plus loin.

L’épreuve au permanganate bien conduite, constitue une des meilleures épreuves chimiques à employer pour déterminer la potabilité d’une eau.

Les eaux pures empruntent toujours très peu d’oxygène au permanganate pour brûler leurs matières orga-

EAUX POTAHLES ET MIINÉHALES

niques et restent au-dessous de un milligramme par litre.

Ce dosage s’effectue en milieu acide et en milieu alcalin.

Pour certains laboratoires, les matières organiques les plus atteintes en milieu acide sont les plus complexes, les plus nutritives pour les microbes, et c’est à ce dosage qu’ils attribuent le plus ddmportance.

Pour d’autres, les produits d’origine végétale absorbent plus d’oxygène en milieu acide qu’en milieu alcalin, tandis que le contraire a lieu avec les matières d’origine animale, et ils tiennent pour suspecte l’eau qui absorbe plus d’oxygène en milieu alcalin qu’en milieu acide.

En général le chiflre des matières organiques exprimé en milligrammes d’oxygène cédé par le permanganate pour oxyder la matière organique de un litre d’eau est plus élevé en milieu acide qu’en milieu alcalin et, d’après de nombreuses expériences faites au laboratoire du comité consultatif d’hygiène, il résulte que '85 fois sur 100 lorsque le contraire a lieu, on peut affirmer une contamination par les résidus de la vie avec apport de bacilles suspects.

Pour résoudre cette question, M. Malméjac, pharmacien militaire, a institué des expériences, d’après lesquelles il résulte qu’il n’est pas permis de différencier sûrement les origines des matières organiques d’une eau par les procédés au permanganate.

11 a souillé de l’eau bouillie alternativement avec de l’urine (1 centimètre cube pour 1.000 centimètres cubes) et avec du suc de végétaux frais dans les mêmes proportions.

Dans l’eau souillée par l’urine, le dosage au permanganate en milieu acide et alcalin ne permettait pas de déceler la souillure animale; mais les eaux souillées par

rnrine donnent des proportions d’azote albuminoïde de beaucoup supérieures à celles données par les eaux souillées par des végétaux.

Dans une nouvelle série d’expériences, il arrive aux conclusions suivantes :

D A chaud, les matières orgaifiques animales, comme les matières organiques végétales sont représentées par un cbilîre d’oxygène plus grand en milieu acide qu’en milieu alcalin.

A froid, les matières organiques animales donnent en milieu alcalin un chiffre d’oxygène supérieur à celui du milieu acide, l.es matières orgnniques végétales, au contraire, donnent généralement à froid, en milieu acide, un chiffre d’oxygène supérieur à celui obtenu en milieu alcalin, niais il y a des exceptions.

On reproche aussi à ce procédé de donner des chiffres trop élevés avec certaines eaux qui contiennent des substances particulièrement avides d’oxygène, comme les nitrites, les sels ferreux et les sulfures. On accuse de meme les chlorures qui en milieu acide peuvent donner du chlore réducteur; mais ce dernier inconvénient peut être évité en agitant préalablement l’eau avec un peu d’oxyde d’argent humide.

d'out cela démontre la nécessité d’opérer aussi rigoureusement que possible, en agissant par différence, en se servant d’un matériel spécialement affecté à cet usage et souvent passé à l’acide sulfurique, en n’employant que des solutions titrées très fraîches toujours contrôlées avant de s’en servir et préparées avec une eau distillée redistillée sur du permanganate.

La première opération pourra meme être effectuée à titre df‘ simple indication; et on ne tiendra compte que des i ‘/’siiltats de la deuxi<*me.

Mode opératoire : 1® Dosage en milieu acide ^ par différence, — Prendre 100 centimètres cubes d’eau préalablement filtrée, y ajouter 10 centimètres cubes d’une solution de permanganate cristallisé pur à 0^^395 par litre d’eau distillée et 10 centimètres cubes d’une solution d’acide sulfurique dilué à 1 pour 5 en volumes. Porter à l’ébullition, y maintenir exactement dix minutes. Enlever le ballon, le laisser refroidir vers 50°, et y ajouter avec précautions 10 centimètres cubes d’une solution d’acide oxalique pur à 0^^7875 par litre d’eau distillée et saturant exactement celle ci-dessus au permanganate.

La liqueur se décolore rapidement, on la porte alors sous la burette de permanganate et l’on note le nombre de centimètres cubes employés pour arriver à une légère teinte rose persistante.

On répète la même opération sur 200 centimètres cubes d’eau filtrée en employant 20 centimètres de permanganate, 20 centimètres cubes d’acide sulfurique dilué. On porte de même dix minutes à l’ébullition, on ajoute 20 centimètres cubes de liqueur oxalique et l’on s’arrête exactement à la même teinte rose. On retranche le premier nombre du second. Le nombre de centimètres cubes ainsi obtenu par différence pour corriger les erreurs de réduction, donne en milligrammes par litre, la quantité de matières organiques exprimée en oxygène emprunté au permanganate.

Quand les eaux sont très chargées de matières orga^ niques, on double les proportions des réactifs ci-dessus.'

2° Dosage en milieu alcalin,^ par différence,. — Prendre 100 centimètres cubes d’eau également filtrée, y ajouter 10 centimètres cubes de la solution de permanganate -|- 10 centimètres cubes du soluté à froid de bicarbonate de soude à 10 0/0. Porter à l’ébullition. Maintenir exac-

tement dix minutes. Laisser refroidir vers oO®. Ajouter avec précaution 10 centimètres cubes d’acide sulfurique dilué et 10 centimètres cubes de la liqueur d’acide oxalique. Après décoloration, porter le ballon sous la burette de permanganate et noter le nombre de centimètres cubes employés pour arriver à la teinte rose persistante.

Répéter la même opération sur 200 centimètres cubes d’eau en employant 20 centimètres de permanganate, 20 centimètres cubes de bicarbonate, même temps d’ébullition, 20 centimètres cubes d’acide sulfurique dilué et 20 centimètres cubes de liqueur oxalique. Porter sous la burette de permanganate et s’arrêter à la même teiute rose. Retrancher le premier nombre du secoud; et comme ci-dessus, le nombre de centimètres cubes ainsi obtenu par différence, donne en milligrammes par litre la quantité de matières organiques exprimée en oxygène emprunté au permanganate.

Contrôle du procédé. — Comme contrôle du procédé, on peut employer la méthode ci-dessous, qui comporte l’emploi des deux solutions suivantes :

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