‹ Analyse chimique et bactériologique des eaux potables et minérales; épuration des eaux; législationChapitre 27 sur 118 · ANALYSE CHIMIQUE RAPIDE DE L’EAU PAR LES COMPRIMÉS · texte numérisé non relu

ANALYSE CHIMIQUE RAPIDE DE L’EAU PAR LES COMPRIMÉS

L’analyse rapide de l’eau par les comprimés n’a pas été établie pour les laboratoires possédant un outillage complet ; mais il est néanmoins utile de la faire connaître; car même entre les mains de personnes peu habituées à la pratique des manipulations chimiques, elle peut rendre de réels services à la campagne et aux colonies. La fabrication des comprimés ne doit rien laisser à désirer, et leur conservation doit être parfaite.

Pour assurer leur inaltérabilité, les auteurs du procédé : MM. Pignet et Hue, recommandent de les conserver en flacons à l’abri de la lumière.

La série des comprimés nécessaires pour une analyse chimique complète est de neuf seulement, plus deux petits flacons de réactifs liquides.

Le matériel très simplifié se compose de quelques tubes à essais, verres, éprouvettes, etc..., le tout, matériel et réactifs pouvant être contenu dans une boîte facilement transportable de 35 centimètres de long sur 20 de large et 15 de haut.

Ce procédé, d une technique extrêmement simple, rend exécutables en moins d’une heure les principales recherches et dosages suivants : degré hydrotimétrique, — chlorures, — matières organiques, — nitrites, — nitrates, — ammoniaque salin et albuminoïde.

Les réactions obtenues sont les réactions habituelles de laboratoire. Seule varie la forme sous laquelle lé corps chimique est employé.

Recherche du degré hydrotimétrique. — On prend 40 centimètres cubes de l’eau à examiner. On y fait dissoudre un comprimé de savon et Ton agite. Si Ton n’obtient pas de mousse persistante, on ajoute un deuxième comprimé et ainsi de suite. Chaque comprimé correspond à 4° hydrotimétriques.

On n’a qu’à faire une simple multiplication et réduire le produit de une unité qui est la quantité de savon nécessaire pour former la mousse. Si le dernier comprimé n’est pas complètement dissous, il est facile, d’après le volumt3 qui en reste, de réduire de 1, 2, 3, degrés hydrotimétriques, le résultat, selon que 1/4, i/2 ou 1/3 de ce comprimé n’auront pas été dissous.

Recherche et dosage des chlorures. — On prend 100 centimètres cubes d’eau dans lesquels on écrase, et l’on fait dissoudre un comprimé de chromate jaune de potasse. On ajoute ensuite un comprimé de nitrate d’argent. Si, après sa dissolution, la teinte jaune à laquelle le premier comprimé avait donné naissance ne passe pas au rouge, on ajoute un deuxième comprimé d’azotate d’argent, puis un troisième, et ainsi de suite, jusqu’à ce que le précipité rouge de chromate d’argent se produise.

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Chaque comprimé d’azotate d’argent, correspondant à 10 milligrammes de chlorure, on obtient par simple multiplication la quantité de chlorure contenue dans 1 litre d’eau.

Le précipité ne doit pas être rouge foncé. Si le dernier comprimé ajouté produisait cette teinte, il faudrait diminuer le total de 5 milligrammes.

Recherche et dosage de la matière organique. — On met

dans un ballon 100 centimètres cubes d’eau et l’on y ajoute un comprimé acide. On porte à l’ébullition, puis on fait dissoudre un comprimé de permanganate de potasse qui colore l’eau en rose violacé. L’ébullition est continuée quinze minutes. Si la décoloration se produit, on ajoute immédiatement un deuxième comprimé de permanganate, puis un troisième, etc.

1^^ Si avec un seul comprimé la décoloration ne s’est pas produite, l’eau contient à peine 1 milligramme de matière organique par litre.

2*^ Si l’eau est décolorée, on ajoute un deuxième comprimé. S’il n’y a pas de décoloration, l’eau contient 1 milligramme et demi à 2 milligrammes. S’il y a décoloration, on peut compter sur 3 à 4 milligrammes.

Chaque comprimé correspond à 1 milligramme et demi de matières organiques par litre.

Après l’addition de 2 ou 3 comprimés, il se produit souvent une teinte jaune qui masque la réaction ; mais à ce moment, cela n’offre plus d’intérêt, puisqu’on a dépassé la limite de potabilité de l’eau.

Recherche et dosage des nitrites. — 11 suffit de faire dissoudre dans 100 centimètres cubes d’eau, un comprimé d’iodure. Celui-ci, une fois dissous, on ajoute un

comprimé acide que l’on écrase et qu’on laisse dissoudre à son tour.

Deux cas peuvent se présenter :

a) Ou bien il ne se produit pas de coloration après cinq minutes d’attente, et alors l’eau ne contient pas de nitrites.

b) Ou bien la coloration bleue se développe et alors l’eau contient des nitrites; et elle en contiendra d’autant plus que la coloration s’est développée plus rapidement et qu’elle est plus intense.

Pour 2 milligrammes de nitrites par litre, la coloration bleue se développe au moment où l’on écrase le deuxième comprimé et atteint une teinte très foncée au bout de deux minutes.

Pour 1 milligramme de nitrites, la coloration est encore instantanée; mais la teinte foncée n’apparaît qu’au bout de cinq minutes.

Pour des doses plus faibles de nitrites, la coloration est plus lente à se produire, elle est aussi moins intense ; mais toujours la coloration bleue apparaît en moins de cinq minutes, même pour les plus légères traces de nitrites. Il ne faut attacher aucune importance à la teinte bleue qui se manifeste beaucoup plus tard, une demi-heure ou une heure après : cette coloration tardive se produisant dans la plupart des eaux, même en l’absence de nitrites.

Si l’eau contient des nitrites, elle doit être rejetée et par conséquent il devient pratiquement inutile de rechercher les nitrates.

Recherche et dosage des nitrates. — On utilise la réaction précédente que nous supposons négative et que l’on complète de la manière suivante :

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Aucune coloration ne s’est produite. L’eau ne contient pas de nitrites, on ajoute un comprimé de zinc que l’on écrase :

Deux cas sont à considérer :

a) L’eau reste incolore après cinq minutes d’attente. Elle ne contient pas de nitrates.

b) L’eau se colore en bleu. Elle contient des nitrates. Comme pour les nitrites, la quantité de nitrates contenue dans l’eau analysée dépend de la rapidité et de l’intensité de la coloration.

Pour 100 milligrammes de nitrates par litre, la teinte qui apparaît dès que l’on a écrasé le comprimé, devient bleu foncé au bout d’une minute.

Pour 50 milligrammes, la coloration bleue apparaît seulement deux minutes après la dissolution du comprimé de zinc. Elle ne devient foncée qu’au bout de cinq minutes.

Pour 15 milligrammes de nitrates, limites de potabilité de l’eau, la teinte bleue ne se montre qu’au bout de quatre à cinq minutes.

11 faut se mettre en garde contre la teinte gris bleuâtre que le comprimé de zinc communique à toutes les eaux, et ne pas le confondre avec la coloration franchement bleue des nitrates.

Recherche et dosage de Tammoniaque salin et de Tammoniaque albuminoïde. — Les auteurs n’ont pas préparé de comprimés spéciaux. Ils utilisent le procédé Nessler qu’ils modifient simplement pour rendre plus rapide la distillation inévitable dans la recherche et le dosage de l’ammoniaque de l’eau. En une demi-heure ce dosage peut être fait.

Dans un ballon fermé par un bouchon de caoutchouc

à travers lequel passe un tube de verre coudé deux fois à angle droit, on met 50 centimètres cubes de l’eau à analyser. On lui ajoute un comprimé alcalin et l’on chauffe le ballon sur une lampe à alcool.

On distille d’abord 10 centimètres cubes de liquide dans un tube à essai que l’on met de côté (tube n® 1). La température de ce liquide ne dépasse pas 45 à 50"^. Elle n’est donc pas suffisamment élevée pour mettre en liberté Lammoniaque que peut contenir le liquide distillé.

On débouche ensuite le ballon qu’on laisse bouillir à l’air libre pendant cinq minutes pour permettre l’échappement des dernières traces d’ammoniaque libre que contient le flacon, et qui sont évaluées au quart de la quantité recueillie. Ce quart sera ajouté au résultat obtenu à la fin de l’opération.

Le liquide contenu dans le flacon se trouve réduit à 30 centimètres cubes environ. On laisse refroidir, on ajoute ensuite 1/2 centimètre cube de la solution alcaline de permanganate et l’on recommence la distallation. On recueille dans deux tubes (n°® 2 et 3) 10 centimètres cubes de liquide distillé. Ces 20 centimètres cubes contiennent l’ammoniaque albuminoïde.

On verse le contenu des tubes 1, 2 et 3 dans des capsules ; et l’on additionne chaque capsule de 1/2 centimètre cube de réactif de Nessler. Si l’eau contient de l’ammoniaque, il se forme un précipité jaune foncé. Cette teinte comparée aux teintes d’une gamme de couleurs établie par les auteurs, permet de connaître sans calculs et immédiatement la quantité d’ammoniaque salin libre (tube n^ 1) et d’ammoniaque albuminoïde (tubes 2 et 3), contenue dans 1 litre d’eau examinée.

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