CONCLUSIONS ET INTERPRÉTATIONS DES RÉSULATS ANALYTIQUES
Si l’on jette un coup d'œil d’ensemble sur les nombreux essais à effectuer pour permettre de conclure à la potabilité d’une eau, on voit que cette question très complexe, nécessite l’application de connaissances variées et très étendues; non seulement pour fournir des résultats exacts, mais encore pour les traduire pratiquement et leur donner une interprétation aussi logique que possible.
Pour servir de guide, il y a bien quelques limites chimiques de potabilité établies plus ou moins arbitrai- ^ rement; mais ces indications, insignifiantes pour un chimiste expérimenté, sont insuffisantes pour un débutant, car elles ont le grave inconvénient de ne pas comprendre les données les plus embarrassantes de l’analyse et de le laisser, par suite, sans direction dans les passages particulièrement difficiles.
Lorsqu’il s’agit de l’eau projetée pour l’alimentation d’une ville, dont il faut établir la composition aussi complètement que possible, non seulement aux diverses périodes de l’année, mais en outre reconstituer son
passé et même prévoir Favenir, il vaut mieux souvent s’abstenir que d’accepter la responsabilité d’une pareille mission, si l’on n’y est spécialement préparé depuis longtemps ; car la tâche du chimiste est particulièrement ingrate dans la circonstance.
Si l’affaire réussit, comme cela arrive quelquefois, le public qui ignore les travaux de laboratoire, n’en attribuera pas le mérite à l’expert. Si, au contraire, la chose tourne mal à la suite de compromissions locales qui n’ont rien à voir avec l’hygiène, le chimiste sera dans ce cas largement partagé : et, s’il a fait preuve d’indépendance, on lui reprochera de n’avoir tenu aucun compte de la constitution géologique de la région ou de n’avoir pas fait d’enquête sanitaire suffisante.
Pour un chimiste bien pénétré de l’importance capitale du rôle qu’il remplit, et dont l’autorité scientifique est bien établie, cela ne signifie évidemment rien ; mais dans l’intérêt général et pour éviter des surprises créées par les jalousies professionnelles, il vaut mieux tout d’abord réclamer communication du dossier complet du projet, demander à effectuer tous les prélèvements pour être bien sûr de leur authenticité et de leur valeur, se livrer sur place à toutes les enquêtes indispensables pour permettre de conclure en parfaite connaissance de cause, et de prescrire les mesures de protection pour assurer la pureté de l’eau examinée.
Dans le cas où on n’obtiendrait pas entière satisfaction, il faudrait faire les réserves nécessaires pour indiquer les conditions dans lesquelles les échantillons ont été prélevés et expédiés.
Pour l’établissement des conclusions, plusieurs cas peuvent se présenter.