‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 101 sur 362 · Lorsqu'ils se sont quittés, Tristan poursuit celui qui · texte numérisé non relu

Lorsqu'ils se sont quittés, Tristan poursuit celui qui

1. Où, ajoute 750, f° 309 c, il prendra la place du Morhout, comme messire liobert de Uorron le devise en son livre.

Tristan poursuit les avait renversés et qui vient de tuer un chevalier, pleuré par qui abat Bliobe- sa demoiselle. Elle raconte à Tristan que son compagnon avait ris et Gauvain, été tué, parce qu'il s'était déclaré le chevalier de la reine Guenièvre, que hait le vainqueur.

L'inconnu rencontre ensuite Blioberis et Gauvain. Gauvain, en l'apercevant, veut entrer en action ; mais Blioberis déclare qu'il ne joutera pas avec ce chevalier, dont il a déjà vu une fois la force prodigieuse, et cherche à décourager Gauvain. Celui-ci n'en devient que plus excité et défie le chevalier, qui n'a pas envie de jouter pour le moment et prétend que c'est à tort qu'on l'appelle bon chevalier : dans le monde entier on ne saurait trouver un bon chevalier. Gauvain, ébahi, se fait répéter cette étonnante remarque. Quant à Lancelot, le chevalier, qui ne le connaît guère, — il ne l'a jamais vu qu'armé, sauf une fois à une fontaine, où il avait ôté son heaume, — lui donne grant los ; mais il le trouve inférieur aux bons chevaliers « qui estoient n'a pas encore gramment de temps. Il est bon chevalier, sanz nule faille, selonc les chevaliers qui orendroit queurent ; mes il ri est mie si bon chevalier comme il li couvendroit bien ; car il ne m'est pas avis que il soit du tout chevalier par f et : assez i faut. » Comme Blioberis se

Jugement porté formalise, le chevalier déclare qu'il ne dit pas cela pour mal par ce cheva- V , L, . ...

lier sur Lan- de Lancelot ne pour deshonnour . Quanta Tristan, il Je consi-

tari0t Ct TriS" ^VQ comme l'égal de Lancelot ; il ne saurait dire encore lequel des deux est le meilleur; mais il prétend avoir vu, depuis qu'il est au monde, des chevaliers supérieurs à eux, et pourtant, dit-il, « je ne suis mie si ancien chevalier comme vous estes, Blyoberys de Gannes » Blioberis, après l'avoir vainement prié de se nommer, lui part un gieu : son nom ou une joute. L'autre répond par lui partir un autre gieu : « Ou je vous étendrai par terre, ou vous me laisserez tranquille. — Vous êtes donc sur de m'abattre ? — Oïl, se aventure ne m'est trop durement contraire ; si ne di je mie ceste parole pour honte ne pour mal de vos. » — Blioberis est désarçonné et blessé. Gauvain veut le venger ; le chevalier lui recommande d'y renoncer. Gauvain persiste et est rudement abattu : il lui est avis que il soit feruz d'une pierre ou d'un mangounel. Le chevalier parti ', Tristan survient; les écuyers des deux compagnons lui disent ce qui vient de se passer, et il continue à poursuivre son adversaire.

1 . Cet épisode — la défaite de Blioberis et de Gauvain par le chevalier inconnu — manque dans 750.

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