‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 104 sur 362 · Esbahiz · texte numérisé non relu

Esbahiz

de voir que Tristan connaît ses amours avec Guenièvre et le prie de ne plus parler de l'amour, qu'au reste nul chevalier ne devrait blâmer : que chacun d'eux, dit-il, prenne l'aventure d'amors tel corn il la trovera ! Tristan a le bon goût de ne pas insister, lui parle de la peine qu'il s'est donnée pour le trouver et le prie de l'accepter pour compagnon. Lancelot lui fait la même requête, et ils s'embrassent une seconde fois par senefîance de pez et de loial compaignie tenir. — Tristan lui raconte comment il l'a pris pour Palamède. Ils se rendent Lancelot décide Tristan à le suivre à la cour d'Arthur, et ils courd'Arthur8, quittent le Perron Merlin, qui est à lieue et demie anglesche de Camaaloth.

204. Près des portes ils trouvent plusieurs chevaliers, entre autres Gauvain etGaheriet *, qui sont empêchés d'entrer dans Camaaloth par le serment qu'ils ont prêté de chercher Tristan 2. Ils sont venus pour savoir si l'on a des nouvelles de lui; mais les compagnons de la Table Ronde qu'ils ont mandés à cet efiet n'en ont pas à leur donner, et ils vont tous vers Camaaloth. Ils reconnaissent en Tristan celui qui a abattu, il y a un mois, quatorze compagnons de la Table Ronde dans la plaine de Camaaloth 3. Lancelot leur dit qu'il a mené à bonne fin la quête de Tristan 4.

Tristan présenté 205. Arthur va au devant d'eux, enchanté de l'arrivée de La^ceioT PaT Lancelot, car il savoit bien que ses osteus estoit plus redoubtés de (var. pour) Lancelot et de cex de son lignage q'il ri estoit de nule autre gent ; il aurait en effet eu grant guerre a celui temps de maintes parties, se ne fust por la doute de celui lignage : en effet, tant que les parents du/oi Ban tinrent pour Arthur, il n'y eut au monde un homme assez hardi pour l'attaquer. Le roi demande à Lancelot s'il a fini sa quête ; en ce

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