Var. Ballet
peur ! nous nous tirerons bien d'affaire, s'il plaît à Dieu ! » Los doux chevaliers sont forcés de se retirer. Marc, voyant Berlet presque épuisé, lui assène un coup qui le fait tomber par terre, lui arrache le heaume et lui frappe à plusieurs reprises la tête avec le pommeau de son épée. Il va lui couper la tête, mais Dinadan a pitié de ce chevalier qu'il avait vu preu et hardi durement : il retient le bras de Marc, qui a déjà levé son épée, et lui représente qu'il doit épargner celui dont il a tué jadis le père. Marc remonte à cheval et s'en va avec Dinadan ; les compagnons de Berlet se sont enfuis vers le château. — Aux questions de Dinadan relatives à son voyage, Marc ne répond que d'une façon vague; il obtient la promesse de son compagnon de ne point le faire connaître, tant qu'ils voyageront ensemble.
217. Ils arrivent au second pont, gardé par Alain*, le frère de Driant. Pour éprouver Marc, Dinadan le prie de se charger également de cette joute en récompense du service qu'il vient de lui rendre contre ses trois agresseurs. Marc s'excuse sur sa lassitude; Dinadan, ayant insisté inutilement, se décide à combattre, quoique également fatigué. On voit souvent que le plus sage vet foloiant aucune foiz : Dinadan, qui aurait pu se dispenser de cette joute, l'entreprend par folie et pour l'amour du roy M..., pour ce que il ait achoison de lui couroucier aucun Dinadan abattu p0U) quand il aura passé le pont. Mais il est renversé et se reproche P * son imprudence. Alain refuse de se battre après avoir désarçonné
son adversaire : ce serait contre la coutume, et Dinadan s'éloigne, en disant qu'il emportera donc son déshonneur avec lui.
Marc" raille Di- 218. Marc gabe Dinadan sur son accident et lui dit que le chevalier nadan. mj a fajt une gran(je faveur, en lui laissant passer le pont : « car se il
vousist, encore fussiez vos de l'autre part pour garder le rivage. — Les meilleurs chevaliers peuvent être désarçonnés. — Sans doute, mais quant à vous, je ne cuit mie que il ait gueres de chevaliers el roiaume de Logres qui ne vos feïs[sen]t les arçons vuidier dès la première pointe, ace que de chevauchier savez vos moult pou et encore meins de lance. — En tout cas, je suis prêt à me battre avec vous, si vous voulez. — Vous n'y pensez pas ; vous feriez mal de m'abattre, car je n'ai ne père ne mère, et si sont touz jourz les chevaliers de Cornoaille veincuz et outrez, si comme vos meesmes le dites; un chevalier de Logres se déshonorerait donc, en joutant avec moi. — Oui, vous avez parfaitement raison. » Le roi continue à gaber Dinadan, ne voulant pas manquer cette bonne occasion. Dinadan se tait; il attend tant que il voie son point; il se vengera bien du roi Marc, sans lui faire ma Ideson cors, et il le voudra gaber et atéiner. Enfin ils refont pès et s'engagent à s'aider l'un l'autre au besoin, jusqu'à ce qu'ils soient arrivés chez le roi Arthur.
219. Un chevalier qui est devant sa porte les invite à dîner chez lui.
Marc s'étant endormi après le repas, Dinadan se place à la fenêtre et
Passage de six regarde le pays. Il voit passer six compagnons de la Table Ronde :
de™ 'la g Table Ivain> le ns d'Urien, Brandelis, Ossenaim Guer Hardi 2, Ivain Vavoutre,
Ronde.