‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 111 sur 362 · Oublié dans · texte numérisé non relu

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Dinadan retrou- 221 . Les compagnons se logent, au soir, dans un chastel appartenant ve Marc. à Arthur et descendent à la maison d'un vavasseur. Dinadan apprend que Marc s'est logé dans ce même chastel, assez près d'eux, chez une dame veuve, dont les deux fils sont des chevaliers, errants de la maison d'Arthur. Il va le voir et lui dit que les chevaliers qui portaient des armes semblahles à celles de ses ennemis, se sont trouvés être ses amis. Marc a bien honte de s'être montré si poltron. Dinadan, qui lui réserve encore des misères, déclare ne pas vouloir laisser sa compagnie pour celui fet : Marc en est enchanté. Dinadan veut bien agréer les excuses que Marc lui fait sur sa conduite de tout à l'heure et le quitte, en disant qu'il reviendra le prendre le lendemain pour continuer leur chemin. Rentré à l'hôtel, il rend compte de sa visite. Ivain dit qu'il forcera le lendemain le Gornouaillais de rendre ses armes et de s'engager par serment à ne plus chevaucher en chevalier errant dans le royaume de Logres.

Gifflet arrange Arrive Gifflet, le fils de Do : c'est un chevalier assez envoisiez, et bon une joute en- rigoleeur avoit en lui. Il amène le fou d'Arthur, Daguenet, dont nous tre Daguenet et avons déjà fait la connaissance * . Gifflet, qui a été envoyé par Arthur pour une certaine affaire, retournera à la cour avec les autres. Ivain lui raconte les aventures de Dinadan avec Marc. Daguenet, entendant parler d'un chevalier de Gornouaille, le réclame pour lui. On le lui abandonne en riant. Ivain raconte que Daguenet avait jadis amené prisonniers chez Arthur deux chevaliers de Gornouaille qu'il avait vaincus ; c'est pour les avoir ainsi éprouvés qu'il en parole si hardiement. Gifflet fait part à ses compagnons d'un projet : on donnera le lendemain à Daguenet les armes de l'un d'entre eux, et on partira avant le chevalier de Cornouaille; lorsqu'il les aura atteints, on le montrera à Daguenet, qui est assez jolis pour attaquer n'importe qui; le chevalier s'enfuira sans aucun doute, et comme cela ils n'auront pas besoin de le toucher eux-mêmes. On accepte avec plaisir : il serait bien plaisant que Daguenet menât en prison, chez Arthur, ce chevalier de Gornouaille; Tristan s'en réjouirait, et Arthur encore davantage, et toute la cour s'en amuserait. On fait donc savoir à Daguenet qu'il doit combattre un chevalier de Gornouaille ; il commence ses paumes a batre de la grantjoie que il avoit.

222. Le lendemain on lui donne les armes de Mordret, qui était blessé : on rit au point de faillir tomber de cheval. Daguenet les reconfortoit moult et disoit : « Biaus seingnors, or n'aiez nule doute ! Morzest et basiz le chevalier de Cornouaille. »

Dinadan va prendre le roi Marc et lui raconte que Lancelot est

™£™ n^JM venu la veille au soir. — « Mais il est à Gamaaloth, où il a amené Tris-

passer uague- ,1 , , , . ., . , ,

net pour Lan- tan. — Non, il a quitte Gamaaloth, il y a six jours a peu près, pour

celot. une grant besoigne, et il y retourne maintenant. — Et quelles armes

porte-t-il? — De toutes noires, écu noir avec un serpent blanc : »

ce sont les armes de Mordret, portées par Daguenet. Marc et Dinadan

arrivent à la Forest estrange, ainsi appelée parce qu'elle était grant et

merveilleuse et desvoiable et assez aventureuse. Parvenus à une petite plaine

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