v. §236. Pour 334 etc., v. § 251 a
252 a. Lancelot *-, surtout, est désolé de ce départ, et il a bien peur pour Tristan. Il trait Marc a une part et lui recommande de bien traiter son neveu : eût-il la puissance d'Arthur, il mourrait de la main de Lancelot s'il faisait le moindre tort à Tristan. — Et Arthur lui en dit autant ; de même Lamorat et maint autre chevalier ; et la lignée de Ban le pria de Trystram. Marc dit adieu à la reine et part le lendemain, bien décidé à faire mourir Tristan, dès qu'il sera en Cornouaille, au mépris d'Arthur et de la lignée de Ban. Dinadan pleure et dit à Lancelot que Tristan va certainement à sa mort et que Marc le fera tuer par trahison. Lancelot pleure aussi et maint autre chevalier. On convoie Marc plus que il ne mit. Au départir, Lancelot s'adresse encore une fois à lui et le prie d'être bon pour Tristan ; s'il lui fait honneur, tous seront ses chevaliers; sinon, « tu me trouveras voir disant de tout ce que je fai promis. » Et Marc : « Lanc, or sachiez que en moi ne remeindra mie que T., mon neveu, n'ait honnour en Corn. »
Arthur et toute la lignée de Ban pleurent; mais leur deuil n'est rien auprès de celui de Dinadan, qui est près de forssener2. On s'em-
1. Verard, Janot passent h l'arrivée de Perceval ; voy. § 25 i.
2. 97 (f° 255) 349 et 100 quittent ici cette version pour passer à celle de 757 (v. § 253), en disant : Maiz de celui dueilque les compaignons firent, du département de T. se test te conte pour deviser partie des aventures gui advindrent a T. et au /?. M. aint qu'il! revenissent en Corno. Puis le voyage; ensuite ces inss. reprennent la version de 334, etc. ; v. p. 172. — Pour le ms. 340, voy, § 628.
253. Le vaisseau qui emporte Marc et son neveu est forcé par une tempête de s'abriter à la Roche aux Ermites^. Tristan monte sur la roche pour regarder les lieux : personne ne le voit, sauf Marc ; les autres dorment. Le temps s'étant calmé 2, on met à la voile, en abandonnant Tristan. En présence de Gouvernai, Marc fait semblant de ne rien savoir. Mais le vaisseau échoue peu après à Ylsle aux Deux Frères. Tous périssent, sauf Marc, Gouvernai et un des écuyers de Tristan3. Vingt-quatre4 chevaliers surviennent. L'un d'eux, Helyas, chassé de Cornouaille par le roi Marc, l'emprisonne dans un château construit sur la Roc/ie Tranchent 5. Gouvernai ne veut pas se séparer du roi. — Helyas et son frère Assar avaient été forcés jadis par le roi Marc, qui avait violé leur sœur, de se réfugier dans cette île, qu'ils peuplent en arrêtant les vaisseaux et en en retenant l'équipage6. Plus tard Helyas Marc emprisonavait enlevé la femme d'Assar7; de là une rude guerre, qui iepar e yas dure encore, au moment où Marc est emprisonné par Helyas. — Assar ayant le dessus, Marc entame, par l'intermédiaire de Gouvernai, des négociations avec Helyas, qui promet de l'épargner s'il lui procure deux cents8 chevaliers de Cornouaille. Marc y consent; on envoie chercher les chevaliers 9, et, grâce à ce renfort, Helyas bat son frère. Assar, en s'enfuyant
1. Le récit du voyage, qui n'est pas dans la version de 334, etc., se retrouve néanmoins dans 97, 349, 100, ainsi que dans 340; voy. p. 170, iin.
2. Pas dans 97, 349, 100, 340, où Marc ordonne aux marins de faire voile.