‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 120 sur 362 · Benaloth; M : Benaloit\ 103 : Belrahot · texte numérisé non relu

Benaloth; M : Benaloit\ 103 : Belrahot

qu'on tient pour un modèle de chevalerie, sont bien envieus et auques vileins chevaliers : Gauvain, par exemple, a récemment tué quelqu'un qui soutenait que les fils de Pelinor valaient mieux que ceux du roi d'Orcanie. — Dinadan se souvient de cette histoire. — « Quant à Lamorat, ajoute Palamède, il ne pourra, malgré sa prouesse, durer à la fin contre ses ennemis, car ils sont trop durement malicieus. »

260. Cependant Agravain et Mordret, très affligés de leur défaite, vont à Gamaaloth et descendent à l'hôtel de Gauvain, à qui ils racontent ce qui leur est arrivé. « C'est Lamorat qui est cause de tout, dit Gauvain ; si nous savions où il se tient maintenant, nous pourrions nous venger de lui. »

Kergu3 arrive à 261. Le même jour, Fergus, compagnon de la Table Ronde, absent la cour. depuis bien longtemps, arrive à la cour. Arthur l'engage à raconter les aventures qu'il a eues pendant tout le temps qu'on ne l'a vu; Fergus répond : « Je quittai la Cornouaille il n'y a pas encore dix jours. » Aussitôt le roi lui demande des nouvelles de Tristan ; pour l'amour de ce héros, il donnerait ses deux meilleures cités afin d'avoir Iseut en sa baillie. « Adoncques cuideroieje avoir sa compaingnie a ma volenté avant que il veïst mes celé a qui il est si ligement; et certes, ausint grant domage 1 pr de Tris- comme M nos a fait de sa compaignie li ferions nos de ma dame Y., pour tan. ce que s' amour eùst greingnour saveur. » Arthur fait l'éloge de Tristan :

« Un gentill home ne pourroit estre tournez a deshonnour par force de chevalerie, tant comme il eùst Tr. en sa compaingnie et Lancel. du Lac autresint. » Les auditeurs, un peu ébahis de cette grant parole, trouvent néanmoins que c'est bien dit. Fergus raconte que Tristan est m'es de Corn, autretant ou plus comme est le roy M. ; toutefois, l'on craint que son oncle ne l'emprisonne par trahison. « Alors Marc n'échappera pas à la mort, dit le roi ; je li pramis en cestui ostel, et je li

Lancelot jure de iendrai couvenant. » Et Lancelot, qui a celui point estait venuz en la tuer Marc en , ■ ,, . , ' J\ cs , ... n.

cas de trahi- meson le roy Artus, déclare devant tous : « Si m ait Dxex comme, se je

son. pouoie autretant enmer le roy M. comme nul homme plus et il

avenist qu'il mît Tristan à mort, il ne pourrait s'en tirer en aucune

façon, qu'il ne mourût de ma main. » Et ceste parole fu tenue a une des

plus hautes responsses que nul chevalier deïst onques mes en la meson le

. „ roy A. tant comme il vesqui. La demoiselle messagère de

t^'une aPeUre ^~' ^ cette éP0CIue arrive à la cour une demoiselle messagère, pour Arthur, envoyée par Tristan à Lancelot proprement, pour qui il éprouve une amitié plus profonde que pour aucun autre chevalier du monde. C'est la même demoiselle qu'Iseut avait chargée d'un message pour Tristan lors du tournoi au château des Pucelles '.Elle donne au roi une lettre de Tristan, écrite en forme de lai 2, pour demander si tout va bien à la cour. Une autre lettre est destinée à Lancelot; quand il rentre le soir de la chasse, il pleure en reconnaissant le sceau. Tristan lui

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