A vos, roy, qui bien estes rois, etc
écrit 1 qu'il se porte bien et lui demande de ses nouvelles. Lancelot, ayant relu la lettre trois ou quatre fois, la communique à Blioberis, en lui défendant de la montrer à d'autres. « Tristan fit cette lettre pour nos essaier, » dit Blioberis.
263. La demoiselle part, avec des lettres d'Artbur pour Tristan et Elle retourne, Marc et une de Lancelot pour Tristan ; elle trouve ce dernier à Tinta- chargée de letgol. Il baise à plusieurs reprises le sceau de la lettre de Lancelot 2, qui tres Lour Marc va auqucs T. descomfortant et reconfortant. Son ami lui recommande de
se tenir sur ses gardes contre ce renart de Marc; si on lui fait du mal, Lancelot ouverra comme amis. Lui-même se porte bien et prie Tristan de retourner chez Arthur et d'amener Iseut, si possible. Tristan lit ensuite la lettre du roi 3, qui se plaint de son absence et l'engage à venir chez lui avec son amante. La messagère rapporte à Iseut des amitiés de la part d'Arthur et de Guenièvre : « Je lui entendis * dire qu'il donnerait deux de ses meilleures cités pour vous avoir dans son hôtel et tout pour l'amour de Tr. ; » et puis si li conte toutes les autres paroles de Lancelot.
264. La demoiselle remet la lettre d'Arthur au roi Marc, qui baise Colère de Marc le sceau devant les assistants. Il se doute bien que la messagère a été ? iettre°S envoyée par Tristan, et il en est très vexé ; car il pensse bien que ceuls
du roiaume de Logres se vont orendroit plus gabant de lui que il ne fei-
soient devant. Les descriptions que fait la demoiselle de l'état florissant
de la cour d'Arthur lui déplaisent fort. Il se retire en sa chambre et lit
la lettre s remplie de menaces à son adresse pour le cas où il ferait du
mal à Tristan. Marc en est fort courroucé et pense désormais plus
aigrement à ce qu'il faudra faire pour prendre Tristan, sans qu'il s'en
aperçoive. Comme il n'est plus en Logres, mais en Gornouaille, où il . . .
ne craint personne au monde, il prend la résolution d'envoyer à Arthur et à la
Arthur une lettre telle que il ne cuide mie que il envoie en piece[s) reine Gueniè-
leitres de gaberie comme il fist a celé foiz; il l'enchastiera se il onques vre.
puet. Il en fera une autre pour Guenièvre. Ces lettres composées, il les
écrit de sa propre main et y attache le sceau de Cornouaille. Puis il
fait venir la demoiselle et lui dit de les porter à leur adresse. Elle
répond : « Sire, se il vos plesoit, je parlerole volentiers a ma dame la
roïne Ys. avant et a Tr. autresint. » Et quant le roy entendi celé parole,
il a paour et doute de Tr., et pour ce responl il a la damoisele : « Or
alez, si parlez a qui que vos voudrais, et puis si vos apareilliez d'aler, car
je cuit que je i voudrai envoier dedenz .1111, jourz. » La demoiselle
raconte à Iseut ce qui se passe; la reine en est inquiète et lui dit de
revenir le lendemain auprès d'elle. Au soir, quant Tr. vint a la court,
Iseut le met au courant; Tristan pense, comme elle, que Marc n'a Tristan et Iseut
nule bonne entencion en ceste chose; mais il ne saurait leur nuire dans fermenter* m"
l'esprit d'Arthur : « Pourtant, dit-il, faites en sorte que la demoiselle lettres.
nous apporte les lettres de Marc. Si nous y trouvons quelque chose