‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 124 sur 362 · Appelé, un peu plus loin : le Port de la Forest · texte numérisé non relu

Appelé, un peu plus loin : le Port de la Forest

6. La répugnance de Marc à faire venir Tristan, ainsi que l'ignorance des barons, est bien motivée dans Tressan.

blessures ne lui permettent pas encore de porter les armes. « Que te roi, dit-il, tâche de se maintenir contre les Sesnes et se gart sagement que il ne face trop grant desroi, et pour son preu, et pour ce que il n'a mie bonne chevalerie avecques lui ne si puissant comme ont ceuls de Sessoingne. » Il promet de venir en aide à Marc au bout de cinq jours. Le messager retourne à Tintagel et y trouve plus de deux cents chevaliers assemblés.

272. Le roi fait faire de grands préparatifs de guerre. Les Sesnes, Première baaj (prenant par leurs espions que Tristan est incapable de combattre, taille, marchent sur Tintagel, rangés en quatre corps de bataille. Marc, pensant qu'une attitude purement défensive accroîtrait la confiance de

l'ennemi et rendrait les chevaliers de Cornouaille plus couards, ordonne une sortie. Dinas commande le premier corps de bataille, Andret le second, Argons 4, chevalier de la lignée de Marc 2, le troisième, et Marc 3 lui-même le dernier. Dinas se signale dans la bataille; mais les Gornouaillais sont trop peu nombreux; tous les chevaliers du pays ne sont pas venus. L'armée royale a le dessous et se met en retraite. Marc se distingue aussi dans cette journée ; mais le seigneur des Sesnes surpasse tout le monde en bravoure et tue dix hommes de sa main. Les Sesnes poursuivent les Gornouaillais jusqu'à la porte de Tintagel ; ils seraient entrés dans la ville a fine force se ce ne fust une porte couleïce que l'en lessa cheoir d'amont. La herse, en tombant, tue quatre Sesnes; dix autres, qui étaient déjà entrés, se trouvent enfermés. On déplore beaucoup l'absence de Tristan.

Les Sesnes mettent leur camp devant Tintagel, et Marc envoie un nouveau messager à son neveu pour l'informer de ce qui se passe. Tristan n'est pas fâché de savoir les Gornouaillais en son dangier et entre ses meins. Le messager lui apprend qu'Iseut est soumise à la surveillance d'Andret, dans le Chastelagu. On se trouve au lundi : Tristan fait dire au roi qu'il arrivera le jeudi ou le vendredi.

273. Les Sesnes dévastent le pays. Le troisième jour après la bataille, Helyas, voyant que les Cornouaillais fesoient mauves semblant

d'euls deffendre, ouvre des négociations pour la paix. Marc ne repousse Négociations de pas ses avances ; il craint que l'aide de Tristan ne lui fasse à la fin P*"*-

défaut, ou même que son neveu ne passe à l'ennemi : or, en ce cas, fussent il touz a la mort. Helyas demande que la Cornouaille paie un tr< liage à la Sessoigne, comme jadis à l'Irlande. Marc obtient un répit jusqu'au lendemain, et envoie un troisième messager à Tristan pour lui annoncer quelle honte menace son royaume. Tristan est presque guéri; il s'indigne de la couardise des Cornouaillais, et promet d'être à Tintagel le matin suivant. La joie que manifestent les gens de Marc, à cette nouvelle, est remarquée par les sentinelles des Sesnes ; mais II»! vas n'en peut concevoir la cause. Même le retour de Tristan, supposé par un chevalier, n'expliquerait pas suffisamment la joie des assiégés : Tristan ne saurait les défendre par sa seule prouesse.

1. .1 nions 884 ; Argon 335 ; A rgus 99 ; pas nommé dans 103 ni dans 12699, 94, qui ne donniMit aucun de ces noms.

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