‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 125 sur 362 · Oublié dans · texte numérisé non relu

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Tristan vient. 274. Tristan part avec dix chevaliers qui lui sont attachés et le suivent habituellement. Ils chevauchent par broches et par bois, de manière à n'être point vus par les Sesnes; mais, arrivés dans la plaine, on les aperçoit. Un Sesne * cherche, avec dix chevaliers, à les empêcher d'entrer dans Tintagel. Tristan abat quatre de ses adversaires, et ses compagnons renversent les sept autres.

Ils entrent dans la ville. Marc s'avance à pied au devant de son neveu. Tristan descend de cheval : bien qu'il ne soit pas encore entièrement guéri, déclare-t-il, il ne fera pas défaut à la Gornouaille, tant qu'il pourra tenir une épée en main. Il demande au roi si l'on ne peut avoir une résiliable pès ; car il ne se fie guère aux Gornouaillais ; mais Marc pense que c'est peu probable. En ce moment, un valet vient annoncer que les Sesnes pleurent la mort des chevaliers qui avaient attaqué Tristan et ses compagnons. Puis un chevalier arrive, de la part d'Helyas, pour savoir la réponse de Marc : il parle hardiment, el langage d'Engleterre . Tristan lui dit que Marc et les siens sont prêts pour la bataille. « Mais vous ne pourrez tenir contre nous tous, » objecte le messager. — « Advienne que pourra, » répond Tristan, et il lui acreante que les Gornouaillais se battront le lendemain. Tristan ne doute point de la défaite des Sesnes. Sur son conseil, Marc envoie brûler leurs vaisseaux, afin qu'ils ne puissent s'échapper.

Deuxième ba- 275. Le lendemain, les Sesnes forment de nouveau quatre corps de taille. bataille. Tristan vet ordenant les Cornouaillais a son sens ; le roy M. ne

s'en entremet se petit non; il lesse tôt l'afere desus Tr. Celui-ci forme six divisions, dont quatre, successivement, chargeront l'ennemi tôt de plein, tandis que les deux autres iront a la traversse fere tout ce que Tr. leur enseingnera. Si Tristan leur faut, il sont touz atournez au faillir; il n'ont nule autre espérance qu'en T. tant seulement.

Tristan, qui se méfie d'Andret, donne le commandement du premier corps à Dinas et celui du second à Luce, bon chevalier du royaume de Logres. En outre, il met a chascune (bataille) un preudoume, les meilleurs que il savoit eslire, pour aidier les a conduire. Il se fait accompagner lui-même de quarante 2 chevaliers, de ceuls ou il plus se fioit.

Tristan fait mer- Dinas commence la bataille. Les Sesnes se battent en désespérés ; ils veille. savent qu'ils seraient perdus en cas de défaite, puisque leurs vaisseaux

sont brûlés. Dinas est près d'être vaincu, quand Tristan lui vient en aide. — Helyas, qui se fait jour partout dans la mêlée, rencontre le roi Marc, qui moult bien l'aloit fesant de la seue part : il le reconnaît à ses armes richement ornées et le renverse de cheval. Les Sesnes vont s'emparer de Marc, quand Tristan survient et disperse tout le monde. Helyas s'enfuit, étourdi par un coup effroyable que Tristan applique sur son heaume.

276. Le soir, quand les deux armées se retirent, les pertes sont grandes des deux côtés. Le lendemain, les Cornouaillais ne font pas de sortie, parce que le roi est un pou navrez enmi le piz, et se lamentent

1. Nommé, dit 334, mais sans donner le nom; les autres, tout simplement : Un chevalier (sans nom).

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