Cf
9. Le Lai voir disant: « Tant me sui de dire teû, etc. — Une lacune du ms. 776 commence au milieu de ce lai ; le ms. ne reprend qu'à la conversation d'Iseut avec Dinadan à la Joveuse Garde ; v. § 363.
• Frère, se Diex te sault, comment eus tu hardement de venir en Cornoaille Le harpeur se our dire de moy telles paroles ? — Sire, qui fait les grans folies de cest moque de lui. wnde fors que li fol tant seulement ? Les fols si font les grans Jolies, et sages font les sens... la folie qui est en moy si m'en donna le harde- %ent de le dire et ce aussi que vous m'asseurastes. Sire, or vous ay je respondu selon la folie dont je suis garnis. » Lié par sa promesse, Marc ie tire aucune vengeance du harpeur, mais lui ordonne de quitter au plus tôt la Cornouaille : « Honis es, se plus y demeures. » Héliot répond pour lui plus couroucier : « Roy Mardi, cilz lais est tous nouviaux, et nouvellement fu trovés; et, pour ce que l'en dit communément et en proverbe : « de nouvel tout m'est bel, » cuidoie je qu'il tepleust ; mais puis que je voy qu'il ne te plaist, je m'en tairay a tant, que plus ne t'en parleray. » Quant le roy M. entent que cil le voit gobant en tel manière, il lui répond furieux : « Frère, or tost vuides toy de devant moy et n'y arreste plus, car je te feroie honnir du corps ; se saches tu vraiement. » Le harpeur, sachant que Marc est moult 4 fel, se réfugie auprès de Tristan.
281. Le roi est durement troublés et penssis de cet incident. Il ne peut croire que Dinadan eiist si mal cuer vers lui ne si maie vueillance. Le véritable auteur du lai doit être Tristan ; Marc en a la certitude, et il se vengera : ni serment, ni fiance, ni créant qu'il ait fait à Tristan ne retiendra son oncle de le mettre a destruction du corps. La défaite d'Helyas, la délivrance de la Cornouaille , ni les services antérieurs du héros ne comptent plus pour rien aux yeux du roi Marc. Cependant il dissimule habilement, il traite son neveu de la façon la plus amicale ; et se mess. T. fust .1. des plus sages hom[e\s du monde, ne se peûst il mie apercevoir de la trahison et felonnie que le roy pensse encontre lui.
Dès que la cour est départie, Tristan rentre à son hôtel. Le lai lui a beaucoup plu ; il se le fait répéter par le harpeur. Puis il lui recommande de retourner couvertement , pour éviter des désagréments de la part du roi, et le charge de dire des amitiés au roi Arthur, à la reine et aux compagnons de la Table Ronde, surtout à Lancelot. Le harpeur retourne en Logres et s'acquitte de la commission que Tristan lui a donnée. — Le lai fit connaître partout la mauvestiê du roi Marc 2.
282 a. En ycelui temps occistsans doubte mess. Gauv. Lam. de Gales, le bon chevalier. . . [et quivoldra veoir apertement cornent G. ocist L. siprenge le livre de monseignor Rob. de R., quar la le devise il tôt apertement, etpor ce ne le volom nos mie deviser en nostre livre , et sachent tuit que — ajoute 12599 3 — un poi de temps avant ce que Lam. fut occis, fist le roi Mardi
Marc se vengera de Tristan, dans lequel il
soupçonne l'auteur du lai.
Le harpeur retourne en Logres, emportant les salutations de Tristan pour Arthur et sa cour,
1. A ce mot commence, dans le ms. 94, f° 327 c, une lacune indiquée , la colonne suivante blanche. Cette lacune se termine, au f° 328 a, par l'arrivée de Tristan et d'Iseut en Logres et a la Joyeuse Garde ; voy. S; 338 b.
•2. Ici »7, 349 et 100 reprennent le texte de 757 (v. § 282) : Mais a tant (f° 279 a) se
inist le compte [du harpeur] et parle de Tristan et de la roïne Yseut. En ceste partie (ici
commence Le ms. 772) dit ly comptes que après ce que li harpeur feust partis de Cornouaille,
Tr. et 1s. se donnent souvent rendez-vous au jardin, sous le laurier, etc., = 757. Même texte
iO, v. §028.
3. 12699 donne néanmoins le récit de cette mort plus loin, v. § 288 a. Pour 99, v. § 282 e, et pour 757, 1)7, 849, 100 et 772, qui, aussi, racontent cela plus loin, v. § 307. La Tav. Hit., p. 345,
757, etc.
Rendez-vous au jardin sous le laurier.
282 l. Tristan est heureux cependant; car, malgré la vigilance d'Andret, il2 parvient à voir souvent la reine sous un laurier, dans le jardin qui est au pied de la tour d'Iseut. Mais Andret, rendu plus clairvoyant que les autres par la haine