‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 129 sur 362 · Ce frère n'est pas nommé; Malory l'appelle Boudwin · texte numérisé non relu

Ce frère n'est pas nommé; Malory l'appelle Boudwin

2. Malory donne des détails qui paraissent supprimés dans 99 ; le ms. renvoie plus loin à Sadoc, désigne ci-après comme un chevalier.

Ç. Ce personnage figure aussi dans le roman de Palamcdes, et dans le ms. 12599 ; cf. § 291 a.

qu'il porte à Tristan, ne tarde pas à s'apercevoir (f° 38) de 757, etc. ces rendez-vous, et les dénonce à Marc. Un soir, le roi monte sur le laurier, armé de son épée. d'un arc et de tlèches, avec

Comoaille et délivra mons T. de celle prison *. Mais puis le fist le roy M. 3**6> etcprendre de rechief et le fist emprisonner, que foy ne serment qu'il eiist fait a Perc. ne l'en retint oncquez que il mons T. n' enprisonnast de rechief; [et tôt cest afere devise mes sire Rob. de Bor. en son livre tout apertement, ajoute 12599). Que vous diroie je? Moût fu longuement mons. T. en celle prison avant qu'il em peùst eschaper, mais toute-voies

1. Ici 103 (et Janot, Verard) donnent des extraits de l'histoire de Perceval et de Merlin :

282 c. Arthur tient sa cour un jour de Pentecôte ; les places de la 103

Talde Ronde sont toutes occupées , à la réserve d'une seule qui reste toujours vide ; c'est en souvenir de Judas que Merlin l'a arrangé ainsi. Après mengier, on va aux champs pour bouhourder. Perceval se distingue ; Helaine, la sœur de Gauvain, l'admire et, l'engageant à se mesurer avec les compagnons de la Table Ronde, lui envoie des armes et sa manche. Il abat tout le monde. — Le roi lui raconte que Moys, le faux disciple, avait été fondu à la table de Joseph, parce qu'il s'y était assis malgré la défense du maître, et que Merlin avait interdit la place vide à qui que ce fût. Perceval voulant néanmoins s'y asseoir, le roi, prié par Gauvain et Mordret, finit par céder à son insistance : Perceval s'assied. Alors la terre s'entr'ouvre ; une voix blâme le roi et prédit des malheurs à Perceval et aux compagnons de la Table Ronde. Perceval serait mort, s'il n'était le fils d'Helain le Gros1 (f° 299 c). La

1. Ailleurs dans le ms. (par exemple ci-après), il est le fils de Pelinor; cf. G. Paris, Merlin, pp. xxvi et LVIII. Pour le Siège périlleux dans l'autre version, v. § 311.

mari avoit esté occis, qui encores estoient toutes ensanglantées * . Lors les 99

prent elle et les gecte très dessous la quintaine ; ayant expliqué aux assislants qu'elle veut ainsi engager son fils à venger son mari 2, elle entre dans l'église, où l'évêque de Miranseis chante la messe. Après la bénédiction des armes, Berengier, le châtelain, fait chevaliers Alixandre et les autres, qui commencent a bouhourder très davant ses dames, et puis s en vont a la quintaine. Tout à coup Alixandre fait arrêter les jeux d'armes et envoie, par un écuyer, chercher Berengier : « Voilà mon rêve accompli, » lui dit-il, en faisant allusion aux vêtements ensanglantés. On parle beaucoup de cela, et on recommande à l'orphelin qu'il(z) pourchasse l'amour de Tristan ou de Lancelot avant de commencer la guerre contre Marc. Atant definerent leur conseil, et pourchassèrent comment Hz pourraient avoir l'amour de Tristan. Mais a cellui conseil estoit un traictre, qui s'en va trouver Marc et lui apprend tout ce qui s'est passé. Ge traître de Magance reste en Cornouaille sous la protection de Marc; celui-ci l'ail venir un chevalier qui aime Tristan autretant comme faisoit Dynas, et lui dit qu'il connaît les intentions d'Alixandre. « Je ne saurais le blâmer de vouloir se venger, » répond le chevalier, qui it gros cuer contre Marc à cause de l'assassinat du mari d'Anglediz.

I. Il n'a pas été raconté, comme dans Malory, qu'Angledis avait conservé ces vêtements, •i. Dans Mal. clic lui fait jurer la vengeance.

757, etc. l'intention bien arrêtée de tuer son neveu, dès qu'il aura la preuve certaine du crime. 11 fait clair de lune. Tristan arrive le premier au rendez-vous, voit un homme caché dans l'arbre

336, 12599 en fut u délivré (en la fin 12599) malgré le roy, M. '. Et tant fist puis [par fin estavoir 12599) qu'il (issi de celé prison et 12599) prist le roy M., son oncle, et l'emprisonna (en celui lieu proprement ou il avoit esté

1. Voy. au § 282 f, le récit que donne 99 du second emprisonnement. On retrouvera en partie, dans 99, le texte de 336, 12599. Pour Tressan, v. § 282 h.

10** voix fait savoir encore que le roi Pescheor, qui garde le Graal, ne

pourra être guéri que par un des chevaliers de la Table Ronde, qui sera chevalier parfait avant d'entrer chez le roi. Il demandera et on lui expliquera, de la lance et du graal, qui on en sert; alors le roi guérira, et la pierre qui s'est fendue sous les pieds de Perceval sera ressoudée. Ce sera la fin de tous les enchantements de Bretagne. Les compagnons se déterminent à aller en quête de la maison du roi Pescheor.

Perceval quitte la cour en secret , sans nul congié , et arrive chez un ermite, à qui Merlin a prédit qu'il vivrait jusqu'à ce qu'il ait vu Perceval, le fils du roi Pelinor de Listenois*. Perceval prie l'ermite de lui dire ce qu'il sait sur Merlin. L'ermite raconte comment Merlin, ayant délivré sa mère du juge terrien, fut porté, par ordre de l'évèque, à l'autel de l'église de Notre-Dame. L'abbé de l'église chanta la messe, puis il porta l'hostie devant Merlin et lui dit : « Petite créature, sais-tu ce que je tiens à la main ? » L'enfant répondit juste. L'abbé se desvesti et revint dans son habit de moine devant Merlin,

1. Ci-dessus son père était Helain le gros. — Notons que dans 99 (§ 282 e) Perceval dit à Tristan, délivré par lui, qu'il est venu en Cornouaille pour parler au sage clerc de Gales.

99 Marc dégaine pour le tuer, mais l'autre se hurla en lui si roiddement

qu'il l'abati tout envers, et puis s'escrie, et a cellui cry vint Tristan, et Dynas et Fergus ; si commencierent les uns a grossier encontre les autres. Iseut les sépare. Tristan conduit le chevalier chez lui et apprend par lui la situation de son cousin Alixandre, à qui il envoie Fergus dire de s'en aller en Logres, au congié de sa mère et de ses amis. Mais a tant laisse ore li contes a parler de sa chevalerie (sic) et retourne a parler si comme Alixandre s'enala ou royaume de Logres, dont la nouvelle fu tost espandue par tout.

En ceste partie di li contes que nouvelles, qui tost courrent et par amont et par aval, s'espandirent par toute la contrée ; si avint que une damoiselle vint au chastel Morgain, et sachiés tout certainement que celle damoiselle estoit moult acointe de Morgain, et moult savoit elle de son estre. Elle dit à la fée : « Merveilles vous puis conter d'un chevalier qui parmy le chemin estroit s'en va ; » et lors lui compte comment le chevalier avoit abatu le roi Karados et ses chevaliers, et comment il avoit abatu Saphar, et comment elle s'en ala après lui et lui vit le visage descouvert * , et si lui conta

1. On voit la suppression; il y a des détails dans Mal., dont le récit est ici, du reste, un peu confus.

et devine que c'est son oncle !. Il délibère s'il faut le tuer, 757, etc. mais ne peut se décider à commettre une telle déloyauté. Il attend Iseut sous le laurier et fait peur à Marc par ses armes.

1 . Pas d'image réfléchie dans la fontaine comme dans les versions en vers. Dans la Tav. Rit., où cet épisode se présente dans des circonstances différentes (v. au § 75 a), les amants aperçoivent en même temps le roi dans l'ombre que jette il pino.

emprisonné ; puis ordonna du royaume de Corn, tout a sa volenté 336), et '

puis passa au royaume de Log. et en mena avec lui la rogne Yseult de

qui lui dit qu'il portait l'habit d'un saint homme, Renoist. « Ainsi, dit l'ermite à Perceval, m'arriva-t-il dans l'église de Notre-Dame. » Peu après, un chevalier avait accusé l'ermite d'aimer sa dame par amours, et Merlin avait prédit à l'ermite qu'il mourrait dans la forêt de Darnantes, huit jours après l'arrivée de Perceval, à qui il donnerait le livre de Merlin, que celui-ci lui confia. — Perceval part le lendemain sans se faire connaître, et le récit retourne à Tristan (f° 300). Il est question de la lettre du pape au roi Marc, comme dans 99 ; voy. § 282 e. Ayant raconté que Marc ne parvient pas, au moyen d'une prétendue lettre du pape, à faire partir son neveu pour la Terre sainte, 103 passe à Perceval, qui, chevauchant un jour en Gornouaille, en quête d'aventures, apprend que Marc a mis Tristan en prison. — Pour la suite, voy. § 282 g.

la beauté qui estoit en luy : « Si sui ça venue pour le vous conter ; car vous 99

sériés de bonne heure née, se vous le pourés (1. pouiés) tenir en vostre baillie. » Morgain fait armer ses chevaliers , et s'en va tout droitement vers la dame de Norgales et vers Sebille l'enchanteresse, qui céans esloi[e\nt venu[e]s et qui l'actendoient pour parler a lui. Elle leur fait ses excuses d'être obligée de partir « en une moie besoigne, auque.s loing de cy », et leur confie son château ; elles promettent de l'attendre un mois. Au moment où Morgain va monter à cheval, un valet lui apporte une lettre de la part de Marc, qui prie la fée de retenir prisonnier Alixandre, dont il donne le signalement, indiqué par le traître de Magance. Morgain, voyant que les lectres s'acordoient au parler de la damoiselle, se fait dire par celle-ci que l'orphelin est armé a la manière de Cornoaille, et demande au valet si son maître peut pourchassier la mort d' Alixandre en autre manière fors par envoyer lectres a ses amis. Le messager lui raconte la desloyauté que le roy Marc en avoit fait, et elle lui dit de rapporter au roi qu'elle fera tout son pouoir. Et lors commande Morgain que toutes ses damoiselles montent après lui. Arrivée à un endroit où le château n'est plus visible, elle leur ordonne de cher* cher, par maintez forés, des chevaliers et d'emmener au château ceux qu'elles trouveront; ces demoiselles, qui sont au nombre de dix, doivent maintenir leur quête pendant un mois. Morgain, avec sa maisnie, suit le chemin estroit et, à la nuit, se herberge en son paveillon Au souper arrivent quatre chevaliers, dont deux désarmés; ils con-

757, etc. A son tour, Iseut vient, aperçoit le roi et, pour avertir Tristan, lui parle d'un ton sévère, le blâmant de l'avoir mandée : « Cela pourra me perdre, dit-elle, car les mauvaises langues de Cornouaille nous calomnient sans cesse auprès du roi. Sans doute, je vous aime ; je vous aimerai toute ma vie, einsi corne

336 Corn. *. Mais pour ce que ce seroit trop longue chose de vous deviser mot a

mot comment Perc. de G. mist hors mons T. de laprison ou le roy M. l'avoit emprisonné ne comment ne par quelle manière le roy M. le fist prendre et

1. Ici 1Î599, f° 221, s'écarte du texte de 336 et poursuit ainsi :

12599 Et qui cest conte (c'est-à-dire le second emprisonnement de Tristan et

son voyage avec Iseut en Logres) voldra veoir aperlement, si prende le livre de mon seignor T., que l'en apele la Grant Histoire, quar il devise tôt cestui fet mot a mot, et por ce ne le voill je pas deviser en mon livre, por ce qu'en autre livre est devisé, et tôt fust il ensint sanz doute que je vos promis ça arriers en mon livre * a conter vos en quel manière Perchevaux

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