Semound, Malory
m'en irai de ce pays ; car j'aimerais mieux être hors de Cor- 757, etc. nouaille toute ma vie que de tuer le roi, mon oncle, par quelque mésaventure. » Iseut, ravie d'apercevoir que Tristan
taquine Dinadan, qui lui rend la pareille en le raillant sur son appétit démesuré : « Tu ne mengues pas, ançois deveures tout ainsi comme fait le loup '. » Palamède est défié à son hôtel, par un chevalier 2 qui l'accuse d'avoir assassiné son frère ; il tue son adversaire dans un combat singulier qui a lieu devant Galehout.
Quatrième journée du tournoi. Meleaguant, au grand contentement le son père Bademagu, s'en est allé en disant qu'il ne reviendra plus m tournoi. Blanor joute avec Palamède; ils s'abattent l'un l'autre. Blanor ayant brisé 5a chanole et Palamède saignant si fort du nez qu'il ■s; obligé doter son heaume, ils se quittent qu'ilz ne firent plus . Badeîagu désarçonne le roi Marsille , à qui Galehout avait donné l'île de Pometeme 3 (f° 388 a), et abat avec son cheval un des hommes du roi, pui essaie de le venger. La mêlée devient générale 4. Bademagu est rès gêné par Gaheriet, qui ne reconnaît pas le roi. Arrivent les chevaliers de Clarance, conduits par Achalain 5, qui renverse Heliz le noir et se distingue fort. Bademagu a le prix de cette journée ; il est raillé, au diner, par Dinadan, qui lui reproche son grand âge : « Je croyais que vous fussiés rendus en l'ourdre du moustier saint Benoit au lieu d'être le souldoyer a cellui qui riens nevault. — Dynadan, répond le roi, il n'a en toi se la parole non ; tout le monde sait que je suis le trésorier de Galehout, — qui, fait Dinadan, a desrobé ce trésor parmi le monde. » Galehout rit et répond en semblant d'omme courroucé : « Vous me fectes honte qui dictes que j'ay desrobé le royaume d'Eslrangorre, dont vous devés eslre roy coronné. — Dieu tienne mon père en vie, répond Dinadan; tant que tu vivras, je ne mettrai pas la couronne, car tu me la prendrais pour la couvoitise de l'or. » Une demoiselle vient de la part de ruenièvre prier Galehout d'aller avec Lancelot et Dinadan voir la âne. Galehout et Dinadan se taquinent sans cesse. Palamède, à son lôtel, est provoqué à la joute par un chevalier qui lui envoie par un valet deux liaces de lances. Palamède accepte et choisit une des liasses. Sur ces entrefaites, Guenièvre prie Galehout de la prendre en sa garde, et Lancelot de ne pas jouter au lignage le roy Artus. Dinadan dit à la reine qu'avec les nonnes, ses compagnes, elle devrait prier pour lui. « En quelle manière? » demande l'abbesse. « Je voudrais que Dieu me gardai de devenir le prisonnier de dame et damoiselle. — Pourquoi vous êtes- vous donc fait chevalier au lieu de prouvoire? dit la reine. — Si j'étais prêtre, je vous absoulsisse aussi bien, se vous me vousissiez croire, comme telavét huy veù, se je vous tenisse a privé. » Tous rient, Guenièvre et Lancelot par couverture. Galehout, de retour dans son pavillon, est abordé par un éeuyer qui obtient de lui la permission pour deux chevalier de s'éprouver enmy ce champ. Ce sont Palamède et Lamorat ; ils
1. Lieu commun ; de môme, Dinadan raille jurant daus 12599, comme nous le verrous au
■■- Les flruns. gens détaille gigantesque, étaient (loués d'un appétit extraordinaire.
2. jirehade, le frère de Qontrie* (= Gomis), Malory. 8. Plue loin : Pomêtame.
i Malory nomme ÀrromeeX. Brcuse parmi les combattants "6. Var. Achulam.
757, etc. connaît la présence du roi, dit qu'elle ne lui peut rien répondre de positif. Elle ne sait si Marc lui veut réellement du mal ; en fût-il ainsi, on n'aurait pas de peine à se l'expliquer, car les
99 commencent un long combat, que Galehout fait à la fin cesser, ot
tous les deux vont chacun à son hôtel ; dans celui de Lamorat se trouvent Driant et Agloval. Palamède, ayant fini son repas, monte sur la tour de la maison et voit venir son frère Saphar avec quatre chevaliers. Il descend pour se faire connaître à son frère, qui autrement l'attaquerait au tournoi. Saphar lui raconte qu'il a pris sons sa protection quatre chevaliers que Caradoc de la Douloureuse Garde avait déshérités, et qu'il s'en était allé à la recherche de Palamède, dont il désire le secours dans cette affaire. Palamède lui promet d'aller avec lui lorsque le tournoi sera fini. Saphar lui dit qu'il a vaincu, devant le roi Arthur, le comte de la Planche, qui était en guerre avec leurs parents, et engage son frère à se convertir 'au christianisme. « Pas avant que j'aie éprouvé tous les compagnons de la Table Ronde, » répond Palamède, qui demande ensuite des nouvelles de la cour d'Arthur. « Ces quatre chevaliers m'ont dit, répond Saphar, qu'Arthur ne respondi ne tant ne quant a leur demande de secours contre Caradoc, et qu'il n'y eut qu'un fol chevalier qui leur promit de prendre sur lui l'affaire. — Certes, dit Palamedes, se le roy Artus est a honte ■livrés, ce poise moy ; se il puet estre amandes par mon travail, il n'y a à sa cour un homme qui plus volentiers penast selon mon avis. » Galehout, au diner, propose à Dinadan de provoquer avec lui les deux chevaliers qui viennent de se battre. « Je te répondrai demain, riposte Dinadan, quand tu seras dégrisé. »
Cinquième journée. Palamède obtient de Galehout la permission de se faire aider, pour la défense de la demoiselle, par son frère. Lui et Saphar joutent avec Blioberis et Hector. Achalain de Clarance renverse Anseïs de Sorelois, et encore un chevalier. Le roi des Cent Chevaliers est désarçonné par Lamorat , qui fait fuir tout le monde devant lui. Vaus de Sorelois et Gahériet s'abattent l'un l'autre. A ce moment, Guenièvre avec ses dames monte aux loges; elle vient de recevoir une lettre de la dame du Lac, qui la console de sa mescheance { . A cellui point, Lancelot désarçonne Agloval, Driant et Mador de la Porte, mais non Achalain, qui évite de le rencontrer; puis il renverse de son corps mesmes, en passant, un autre chevalier, arrête la fuite devant Lamorat, en abattant celui-ci, et est partout vainqueur. Au soir, Galehout dit àDinax dan : « Votre grande renommée fait trembler les chrétiens et les
païens. » Dinadan se venge de cette parole en traitant Galehout de bûcheron; celui-ci court sur lui pour lui faire peur. Dinadan en effet n'a pas grant talent de rire; il se retranche derrière Lancelot, qu'il prie de le protéger contre « le loup qui si est corrouciès a moy pource qu'il est trop familleux. 2 »
Sixième journée. Le bruit des hauts faits de Palamède s'est répandu dans les pays païens, jusqu'à Cabras et à Baridat 3. La fille du roi