Dans Malory, Lamorat aussi est à la cour
3. La première partie du chapitre XLVI dans Malory (p. 279) n'est pas dans 99.
traîtres de Cornouaille, envieux de Tristan parce qu'on le tient 757, etc. pour le meilleur chevalier du monde, ne font que médire de lui. Elle pense toutefois que le roi le hait mortellement : « Ce est grant péchié et grant dolor ; s'il savait la vérité aussi bien
3audas est aimée de Corsabrin, qu'elle haioit de mortel hayne ; il l'em- 99
lèche «le se marier en faisant croire à ses prétendants qu'elle est folle. Jn chevalier vient à arriver de la Grande-Bretagne; il a été à la cour l'Arthur au moment où le roi prisl la Roche aux Sesnes, et loue beau- ;oup la bravoure de Lancelot. La princesse lui demande s'il a vu aussi îsclabor et Palamède, et il raconte comment ce dernier, venu à la mr pour la première fois, avait désarçonné Ardans, l'oncle d'Arthur, et son lils Ilelis, puis Gauvain, Gaheriet, Guerret et Agravain; son cornât avec Lamorat était demeuré indécis. La princesse envoie à Palalède, par un valet, un penoncel de soye, tout ouvré de fil d'or; si y avoit oourtrait ung chevalier et une damoiselle : s'il peut le défendre une année contre les païens qui viendront l'attaquer, il sera l'époux de la princesse et roi du pays. Elle promet au valet, en récompense de son message, de donner à son lignage le paiage du pont par ou l'en va a la mahomerie en pellerinage. Cellui paiage si devoit chascun an dix mille mars d'argent, et ce avoit esté le doaire de s'aiole, dont la damoiselle en estoit en cellui temps en saisine (f° 392 b). Corsabrin part avec quatre éni vers et le valet, qui, au tournoi, présente le penoncel à Palamède. Celui-ci le prend, non pas qu'il veuille de la demoiselle, car il aime Iseut a merveilles, mais pour avoir l'occasion de jouter; il dit au valet de, répondre à la princesse qu'il défendra le penoncel, et que, s'il ne vient pas celle part dedans un an, elle doit se marier à sa volonté sans l'attendre. Corsabrin s'avance, ne réussit pas à enlever le penoncel de la main de Palamède, se dit le lils d'Aristot, le frère de Rechaux le fort, qui épousa la iille du roi d'Iquanz, et tâche vainement de gagner Palamède pour lui en lui promettant sa sœur en mariage et une cité de paiennie. Avec la permission de Galehout, leur bataille est fixée linui' après le diner. Dinadan abat Guerin et un autre qui essaie de venger celui-ci. Galehout, désirant dire aucune ramposne à Dinadan après le diner, envoie un valet prier Lancelot de faire en sorte que Dinadan soit l'ait prisonnier et désarçonné. Lancelot va prendre Dinadan au heaume, le jette à terre et le fait retenir par Phelippes ; le tournoi Huit, et le prisonnier est mené devant Galehout, qui le raille. « Ah ! oui, dit Dinadan, m'ayant un pou trouvé cras, on m'a conduit au loup pour être mangé. » Après le dîner, long combat entre Palamède et Corsabrin. Ce dernier est vaincu; il refuse de se rendre, déclarant que si son adversaire ne le tue pas, il se tuera lui-même. Palamède le fait garder par Saphar et va se faire dire par Galehout qu'il est vainqueur. Pendant ce temps, Corsabrin s'enfonce l'épée dans le ventre, désespéré; son âme est emportée par un diable, à en juger par la fumée noire et puante qui se produit au moment de sa mort; il est enterré dans une forêt pics d'une petite île. Galehout engage Palamède à se faire baptiser, et il dit que si, (croit il, « mais bien tachiéi que le terme n'en est encore venus. » Dinadan le taquine sur son amour pour Iseut et
757, etc. que nous-mêmes, il nous aimerait mieux que tous les autres ; mais, hélas ! il nous hait, non mie por vostre déserte , mes ainssi plest a nostre Sire. — Dame, fet mis. T. , de ceste haine
lui rappelle qu'il a été fait prisonnier par Lancelot * . Palamède refuse de se loger avec son frère chez Galehout et rentre à son hôtel.
La septième journée commence par la joute de Gaheriet avec Anseïs de Sorelois. Agloval et Driant, désarçonnés, sont secourus par Lamorat, qui leur recommande de se garder de cheoir, « car bien sachiés certainement que ce n'est pas trop beau jeu quant les chevaulx passent par dessus les corps, » et lors commencent Hz tous a rire. Achalain et Ulbans de Sorelois s'étant abattus l'un l'autre, le premier est secouru par Blioberis et Hector, et le second par le roi des Cent Chevaliers, qui est attaqué par Gaheriet; Achalain se mist entr'eulx et donne au roy des Cent Chevaliers de tels cops que il y ot assés a souffrir. Et de l'autre part 2, Palamède se bat longtemps avec Boinin 3 de Benoic, et Saphar avec Herlanz de Benoic; cependant, le cor sonne, et la journée est finie. Au diner, comme c'est vendredi, on ne sert que du poisson ; Dinadan raille Galehout, qui moult laide chiere faisoit au mengier, et l'appelle un droit loup. « Et vous, répond Galehout, vous êtes sans doute le fils d'un pêcheur, à en juger par l'honneur que vous faites au poisson. — Cela vaut toujours mieux que d'avoir pour père un loup. » Et tout le monde de rire. Incité par Galehout, Dinadan tourne ensuite ses attaques contre Lancelot, qui le menace, en riant, de lui faire laissier le cuir au tournoi.
Huitième journée. Le duc de Cambenic et un chevalier de Sorelois, Aristant, qui conduit deux cents chevaliers de son lignage, s'abattent l'un l'autre. Le comte Lambale, qui accourt pour secourir le duc de Cambenic, est vaincu, avec ses cent hommes, par Anseis et ses chevaliers. D'autre part, les hommes du roi de Norgales et d'Ulbans, après une joute de leurs maîtres, se livrent bataille avec entrain. Boinin et son cousin s'attaquent encore une fois à Palamède et à Saphar. Leur lutte est fort pénible; si Boinin et Palamède avaient pu combattre jusques a oultrance, ne l'un ne l'autre ne se feust d'illecques eschappês vifz. Bien le font les chevaliers de toutes pars. Que vous diroie je? Le hault prince Galeoth avait décidé Dinadan à prendre part au tournoi. Lancelot, avec la permission de Guenièvre, se déguise en demoiselle, et Galehout le fait conduire par Galeodin. Dinadan devine bien un peu ce qui en est, mais Galehout parvient enfin à le tromper, et il laisse courre contre Galeodin. Lancelot ayant pris une lance de la main de celui-ci, Dinadan le reconnaît, veut se sauver, mais est désarçonné par Lancelot et emmené prisonnier non par des chevaliers, mais des ribaux, suivant l'ordre de Galehout. Lancelot se tourne contre les adversaires du prince, et sa bravoure les met bientôt en fuite. Les ribaux ayant mené Dinadan dans une forêt, lui ôtent son armure et ses vêtements, ne lui laissant que les brayes et ses chausses et ses soliers, comme l'avaient ordonné Galehout et Guenièvre. Au bruit