‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 152 sur 362 · Nous n'avons trouvé aucune trace de cette quête · texte numérisé non relu

Nous n'avons trouvé aucune trace de cette quête

2. Lacune ou confusion dans le ms., qui introduit Otton tout subitement sans qu'il ait été question d(i lui dans ce qui précède.

9, Dont la mort est racontée plus haut (§ 288 a) I

rendu à une maison de religion, construite par les chevaliers errants, Lancelot y apprend que Gauvain ! et Agravain vien-

\. Dans 772, le nom de Gauvain, presque partout où ce chevalier joue un rôle peu honorable, a été gratté par une main postérieure et

mené a la mort par quatre chevaliers, dont l'un est le mari de la dame. Puis Driant tue un sanglier poursuivi par six chevaliers, qui, fâchés de cette intervention, attaquent Driant. Survient Guerret, qui offre à son libérateur de faire cesser le combat en se battant avec lui à la place des six chevaliers. Driant le prie d'attendre qu'il ait combattu les six ; lorsqu'il en a abattu deux, la dame de Guerret quitte son amant en lui reprochant de ne pas secourir celui qui vient de les délivrer. Guerret s'avance alors et prend sur lui la bataille avec Driant ; ils sont à la fin séparés par les chevaliers spectateurs, et tous se séparent.

Or dû li contes que après ce que mon seignor Yvains se fu partiz

dou cimitire ', il trouve la tombe, récemment faite, du roi Bademagu de Gorre, que Gauvain avait tué, et s'en va, en pleurant, vers Corbenic. Il rencontre un chevalier désarmé, qui vient d'y voir le saint Graal ; c'est Elys de Carefor[î° 301), qui raconte qu'il a vu Tristan abattre quarante chevaliers, devant le pont, sans pouvoir entrer au château. Elys s'en va, rencontre Agravain et le désarçonne. Ivain est renversé, à Corbenic, par le chevalier du pont et ne peut entrer, et ce fu por le péchiez que en lui estoit por la reine de Galvoie. Plus tard, il trouve Grimiel le fort et Graz le hardi, qui se battent pour l'amour d'une demoiselle; ce dernier est sur le point de succomber, quand Ivain intervient, tue Grimiel, après un combat, et fait transporter Graz à l'hôtel. Douze chevaliers, parents de Grimiel, renoncent à le venger, intimidés par huit chevaliers qui sont avec Ivain. Au bout de quinze jours, celui-ci s'en va et arrive devant un mostiers de nonains. Illec avoi[en]t villains abatues les portes por trover vitailles, que en lor pais estoil entrée la fammie. . . , et les nonains se défendaient, que par desor le clocchier que estoit sor l'église gittoient pierres poingnal. Ivain chasse les vilains après une rude bataille. Le lendemain, il trouve, à une fontaine, deux demoiselles pleurant la mort de son frère, Ivain Yavoulre, tué par Gauvain. Arrive un cheval avec un cavalier mort; c'est Garisde Lambale, neveu du roi Hernars de Lambale; il était compagnon de la Table Ronde et avoit estez mult acointez de Agravains li orgueillos. Survient un chevalier qui s'enfuit à la vue d'Ivain en train de creuser une tombe. Celui-ci, ayant enfoiz Garis, s'en va après le chevalier et en rencontre un autre qui lui dit que le fuyard est Gauvain, et que lui-même, Aristoc le fort, cherche Ivain pour se battre avec lui. Après un combat pénible, Ivain, ayant coupé le bras à son adversaire, lui dit : « Si j'ai tué ton père, ce fut à mon corps défendant; toi-même va-t-en, si tu veux sauver ta vie. » Aristoc, préférant la mort, expire après avoir asséné un dernier coup à Ivain, qui s'en va, arrive devant' un mostiers que seoit en une petite isle et y est conduit par un mauier (1. marenier) dans sa barce.

297 a. Or dit li contes (f° 303)... que liroi Marc de Cornoaille avoit passez la mer ; venuz s'en estoit el roiaume de Logres, avec grant compain-

l. Sic ; on voit combien la compilation est mal faite.

îent de quitter cette maison, où ils avaient été soignés après

^mplacé le plus souvent par celui d'Agravain ; ici, où Agravain figu-

ùt déjà, c'est Guerret. Ce procédé finit au f° 339 c, où commence une

mtre main ; cf. § 503 note ; mais dès le § 529 la main correctrice

reparait.

lie des chevaliers de son pais; et des homes a piez avoit il si grant plan-

;, que de son pais que de sa soldée, que il avoit subjugué et dévasté tout

le royaume de Logres; et se ne fust Galaaz litres bons chevaliers, que

esor son ost estoit enbatuz et les avoit mis a desconfiture, Marc aurait faci-

îment triomphé d'Arthur, dont tous les bons chevaliers étaient à ce Alcadoch à la

îoment en quête du Graal. Ce fu la chose por quoi li roi Artus ne issi ors Joyeuse Garde.

Camalot. Quant li rois Marc de Cornoaille fu desconfiz por (1. par) la bonté

Galaaz, il s'en ala fuiant entre (ce) lui et .C. chevaliers de Tintajol, et

irent tant, que de jor que de nuit, que il furent venuz a la Joiouse Garde, il savoit que la roïne Yselt estoit. Il se herberjael bore del chastel. Et a 'endemain auques par tens avint que un chevaliers trespassoit devant la loiouse Garde. Deux de ses écuyers portent chacun une tête d'homme sur la pointe de la lance, et chacun mène un destrier aux arçons duquel 3st suspendu le heaume d'un chevalier ; deux autres portent deux écus

zrtuisez et detrenchiez en mainte liuz. Le chevalier, ayant fait poser nie tète sur le mur du château, attacher un cheval à l'anneau de la Dorte et leisserillec un écu, s'en va avec ses écuyers. Iseut apelle Gerrart de Kamalot, que por son cors garder s' estoit mis en la Joiouse Garde : « Girarz, fait elle , or après a celui chevaliers. » Girart atteint le chevalier, qui raconte que pour plaire à son amie il a attaqué et tué Tristan et Lancelot, dont il devait porter les têtes à la Joyeuse Garde et à Camaaloth. Girart le traite de menteur et le provoque. Et quant Alchadoc [oït\ soi des fier , il s'apareilla de lajoste; il est désarçonné et, refusant d'aller conter sa déloyauté à Guenièvre, décapité par Girart, qui s'en retourne pour renseigner Iseut. [B]e l'autre part, li roi Marc, que bien savoit que la roïne Ysoll estoit en la Joiouse Garde, porchaça tant que il entra dedenzet prist la roïne Ysolt et la conduist en la Co\r]noaille ; il fu tant liez et tantjoieus de celle aventure que bien li fu avis que il [eiist] gaagnié demi te monde *. Lors, quant il fu en Cornoaille, il défend atout le monde de découvrir à Iseut ce qui s'est passé. A la même époque, Fergus, se battant avec Espinodes de la Joieuse Garde, apprend par lui qu'Iseut s'en est allée, et lui ordonne de dissimuler cela à Tristan pour empêcher celui-ci d'abandonner la quête du Graal ou de mourir de chagrin. Les deux chevaliers, s'étant logés ensemble, se séparent le lendemain. De l'autre part, la roïne Ysolt apelle Brengem sa damoiselle, et fait envoyer par elle quinze demoiselles en Logres pour chercher et avertir Tristan. Marc, de son côté, envoyant quarante valets parmi le\s] forestes, fait répandre le bruit qu'Iseut est morte quinze jours après son retour. Un de ces messagers trouve Tristan, qui s'évanouit en apprenant la fausse nouvelle, et fu en pasmoison tote celle nuit. Le len-

1. IJans le Tristan ordinaire (voy. } 516 ss.), l'enlèvement d'Iseut procède la défaite d'Arthur, litres détails que donne 12599, ici et un pou plus loin, de l'histoire des amant* après le retour d'Iseut en Cornouaille sont propres à ce manuscrit.

Losetu. — Tristan. 15

l'issue malheureuse d'un combat contre Blioberis de Gannes.

demain arrive une demoiselle qui cherche un mire, ayant dans sa maison un chevalier hlessé. Elle guérit Tristan en lui mettant dans la bouche une herbe qu'elle est allée prendre au jardin, et lui dit qu'il y a chez elle une demoiselle qui le demande. Tristan ayant lu la lettre d'Iseut, charge la messagère de dire à son amie qu'il sera dans le Morois aux Pâques fleuries ; il ne veut pas faire une lettre, craignant qu'elle ne tombe dans des mains étrangères. Il quitte la demoiselle et se remet en voyage.

Nestor. Nestor de la Fontaine, ayant, dans la forêt voisine de Bendigran,

combattu avec Meleaguant le félon, qui est tué peu après par Gauvain, retrouve son père Blioberis. Ils sont attaqués par Anterin del Pas fonduz, fils d'une jaianz que jadis avoit este[e) en Nonberlande a l'ostel dou roi Richarz. Nestor le tue. Puis le père et le fils trouvent deux cousins, Gosmerin le blanc et Ugier le graile, qui se battent ; Blioberis met fin à la bataille, et on va se loger ensemble. Le lendemain, Blioberis et Nestor se séparent pour chercher le Graal.

Keu. Le sénéchal Keu se travailla tant qu'il arrive à Corbenic. Désarçonné

par le chevalier du pont, il renverse à son tour Rubert le Frison, fils de Salatriz de Frise. Vaincu par Akarins, il est conduit à Aligromelant , qui hait le sénéchal parce que celui-ci l'avait privé d'une demoiselle à la cour d'Arthur, en le faisant combattre avec Lamorat, qui l'avait vaincu. Keu est délivré par Blioberis, qui survient et qui, accompagné du sénéchal, arrête et combat un chevalier enlevant une demoiselle. Celle-ci est ravie par un autre chevalier, qui vient à passer ; Keu s'en va à sa poursuite. Blioberis tue son adversaire et, averti par une demoiselle, rejoint et sauve Keu, qui est sur le point d'être tué par le ravisseur. Celui-ci raconte que le nom du chevalier tué par Blioberis est Archaus, et que lui-même, né en Orcanie, s'appelle Orcanez. Blioberis l'envoie dans ce pays pour y rester prisonnier pendant deux ans. Keu conduit la demoiselle a son chastel ; Blioberis rejoint ensuite un chevalier, qui s'enfuit après en avoir tué un autre ; il se loge avec lui dans une tour auques defensablc.

Goseain. Goseain (f° 308) arrive au pont de Corbenic; est abatuz en l'eive et se

mist le lendemain en un sentiers [qui conduissoit] a Burcedanz. Il triomphe d'un chevalier qui n'a pas réussi à entrer dans Corbenic, et qui lui dit que si un chercheur du Graal n'est pas admis à ce château, il a le droit d'abandonner la quête. Goseain passe la nuit chez un chevalier que jadis fu nez el reaume de Logres, et qui lui demande des nouvelles de son frère Hernart : « Sire, Hernart remest a la cort dou roi Artus; sine le vi je puis mes, » répond Goseain , qui, le lendemain, rencontre un chevalier menant grand deuil : « Mon amie , racontet-il, que j'avais tenue dusque hui si chiere corne li cuer de mon ventre, ..s'en est alee avec un chevalier et en a portez mes armes et mon cheval. — Montez sur le mien, dit Goseain, ou volez vos que je descende et vos montez, et je alerai apiez, et quant je serai estaint je monterai et vos descenderez et tant chevauchèrent (1. -erons) en tel manière que nos troverons li chevaliers et la demoiselle ? » L'autre accepte avec joie, et ils arrivent chiez li chevaliers, qui dormait; il est réveillé par la demoiselle,

297. Le lendemain, Lancelot rencontre Keu, le sénéchal, LancelotetKeu. qui est en aventures et qui, sans le reconnaître, l'invite à jou-

qui lui crie : « Aux armes, que ci estvenuz Claristanz liardiz, » et laisse corre contre son rival désarmé. Goseain proteste et prête ses armes et son cheval à Claristant. Et quant Alariz le vit apareilliez , il s'élance contre lui, mais il est vaincu par Claristant, qui déjà li cuide la teste trincher, lorsque la demoiselle accourt et pris t Claristanz parmé les pendanz et li estraint si durement que il chai delez Alariz, toz pasmez. Celuici se relève et arrache le heaume de son ennemi. G-oseain intervient, renverse Alariz, prend la demoiselle par les tresses et la tire arrière. Mes celle tenoit Claristanz parmi les pendanz si destroitement que Goseain ne la puet remuer se petit non. « Dex aide ! lui dit-il, maleoite chose, porquoi occis tu cestui chevalier ? » et il menace de la tuer. Alariz va lui couper la tête, lorsqu'il est renversé et foulé aux pieds du cheval par Keu d'Estraus, qui survient, et qui coupe les deux bras à la demoiselle.

Le lendemain, Keu d'Estraus repart. Désarçonné à Corhenic par le j£eu d'Estraus. chevalier du pont, il passe la nuit chez un forestier, qui lui donne un nouveau cheval, le sien étant navrez. Le lendemain, il se bat, sans le connaître d'abord, avec Helis le bloi, comme Keu compagnon de la Table Ronde et chercheur du G-raal ; comme tous deux sont fortement blessés, deux K chevaliers, qui surviennent, les transportent, sur une civière faite de branches, dans une abbaye voisine. Les nouveaux venus Alistanz et Gloans li ros, nez en Nice. Quand les blessés sont guéris, tous vont à Gamaaloth, en abandonnant la quête du Graal parce qu'ils n'ont pu entrer dans Corbenic. Ils disent à Guenièvre qu'ils ont vu Lancelot, Bohort et grant partie de la lignée de Ban ; ils mentionnent les mauvèse[s] overes de Gauvain et d'Agravain. La reine demande aussi des nouvelles de Nestor de la Fontaine : « Onques n'en oïmes parler, » fait Helis. Guenièvre, attendant la venue de Lancelot, est si envoisee que toute la cour croit qu'elle eùst tote la joie dou monde. Que vous diroie je? Li rois Artus mande ses chevaliers, que il voloit tenir parlement a iaus de l'outrage que [il) li avoit fait li rois Marc de Cornoaille en dévastant le royaume de Logres. Quatre mille chevaliers arrivent; on décide d'aller en Cornouaille au revenir de Lancelot. Le conte parole du roi Marc.

298 a. Celui-ci (f° 311), apprenant par un valet les projets d'Arthur, fait venir Iseut, qui lui conseille de demander du secours en Irlande. Marc lui dit qu'il se voit obligé d'envoyer chercher Tristan; s'il ne peut le trouver, Iseut doit aller en Irlande pour en faire venir des chevaliers. Celle-ci s'y déclare prête, « mes de vostre neveuz avez vos failli: a cestui point, que vos l'avez tant corrocciez. — Dame, fait li rois Marc, jr sent en lui tant deboneretez que, lors quant il savra ma bessoingne, il s'en, verra haslivement hen Cornoaille. » Ayant envoyé quarante valets chercher partout Tristan, enleur ordonnant de dire, cm retornier, que son neveu est morz et mis en terre, il comande a ses gens que il doient bien

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