Cf. ci-dessus
Agravain, qui cherche Blioberis; Keu lui dit que ce chevalier Gauyain, Agras'est endormi près d'une fontaine voisine, lui déconseille en dret'cherchant vain de le poursuivre et s'en va. Agravain court à la fontaine ; Blioberis. Lancelot, qui aime beaucoup Blioberis, le suit. Gauvain et
dame qui a guéri Tristan , que celui-ci est allé en Gornouaille, il décide d'y aller pour le trouver, en abandonnant la quête. La dame lui dit qu'il n'en a pas le droit avant d'avoir été refusé à Gorbenic. Il y va, est désarçonné par le chevalier du pont, se rend à la mer et passe en Gornouaille. Il va chez Dinas, qu'il connaît. On lui dit que Tristan est mort, mais il n'y croit pas et s'en va; Dinas l'informe de la guerre qui vient d'éclater et lui recommande d'être prudent. A l'entrée du Morois, Sagremor rencontre un chevalier envoyé par Andret pour s'assurer si aucuns chevaliers se fust mis dans la forêt, apprend par lui que Tristan est à la tour et le défie. « Ja ne place a Dexli toz puissanz, fait Alariz, que je refus ne jostene bataille de vous. » Il est tué et trouvé par Andret, qui est parti avec quatre chevaliers. Dans la forêt, ils rencontrent Bagremor, qui abat Andret, tue Almeriz de Morolt avec un des autres et chasse Andret et le reste de ses compagnons. Andret, croyant avoir rencontré Tristan, se fait charger par Marc de la surveillance d'Iseut. Sagremor trouve Tristan, qui ordonne à une demoiselle de prévenir Iseut, le lendemain, car Marc « mot espiez ». En ce moment arrive Brangain, qui lui dit, de la part d'Iseut , qu'Andret se mist por li garder, et que .Maie net querre Tristan avec quatre cents chevaliers : « Tant fait[es], por amor de li, que vos retornez el reaume aventureus, que puis \qu']il dira conter de vos proecces et chevaleries, il laissera la queste de vos. — A ! Dex, fait monscingnor Tristan, con celui traîtres de Andret me vet destorbant de mon affaire ! Mes se je le truis, ja mes ne fera encontre moi. » Que vos diroie? A V endemain se parti mon seingnors Tristans de la tor entre lui Tristan retourne
et Saqremors le desreez, el comande la dame 1 et tote sa compainqnie a en lj°gres n t n • ii- -i i > xi- j i j. avec Sagremor.
Dex, et encore Brengein ne obha il pas ; et s en vet el roiaume de Logres, et
trove maint des chevaliers de la Table Reonde en la queste dou saint Graal.
Il se mist autresi en la queste et fist grant mervoilles d'armes. A chief de
.II. mois retorna en Co[r]noaille entre lui et Sagremors, que li roi Marc
en avoit ce[r]chiez toz li Morois entre lui et sa compagnie. Mes a tant laisse
li contes a parler de ceste aventure et retorne a parler de Helis, li fils de
mon seingnor Boort de Gaunes (f° 314 c).
299 a. Or dit li contes. . . que après ce que Helis. . . se conbati asson père, il
n'est guéri de ses blessures qu'un mois plus tard. Pendant sa maladie,
un chevalier avait promené, attaché à la queue d'un âne, l'écu de
Bohort. Helis l'avait poursuivi; le médecin l'avait fait reconduire
évanoui à la maison; guéri, il part de nouveau, atteint le chevalier,
qui s'était arrêté à une querole, et le force, en le vainquant, d'avouer
la vérité : son frère avait été tué par Bohort, qui s'était logé dans le
château d'une demoiselle secouru par lui. Il y fut assailli, se dévala en
le fossez de la tour, vainquit quinze chevaliers et s'en alla. Son écu avait
été trouvé par le chevalier dans la tour. « Vous êtes un déloyal, dit
Helis; je vous envoierai en prison de tel que sa fellonie est assez pis que
1, De la tour; il n'en a pas été question auparavant.
Mordret rejoignent Agravain, et tous trois arrivent à la fontaine ; mais là ils voient Blioberis éveillé, armé et monté. On
celle de Breuz, ce est Gauvains, lineveuz douroi Artus. » L'autre va trouver Gauvain, qui Udona congiez, en tenant a grant desdeing ce que Helis avait dit de lui * . Celui-ci passe la nuit chez un forestier, qui lui fait grant joie, que autre foiz estait herbergiez en celui hostel. Le lendemain, il tue un chevalier, qui le défie, est attaqué par un autre, dont la demoiselle demande la tête d'Hélis, triomphe de lui après un combat pénible, li abat la ventaille et va le tuer. Mes il le conut, sisse traist ensus de lui et dist : « Agreains, trop estes naieus ; la quête du Graal ne fut pas en tel manière encomencee que vos doiez conduire damoiselle por carnel voluntez (f° 316 b) ne que vas deussiez ocire aucuns chevalier, por telx ochasion. 2 drecce encontremont le chevalier, et s' entre fièrent si durement amont desor li heaume que il en abatent grandissme chantiaux a la terre ; que vous diroie je ? Li chevaliers nus savait de ïeschermie si merveilleusement que nul ne peut le ferir a descovert, tandis que lui-même ferait son enemi a descovert. Si conrea de tel manière Beddoier le conestable qu'il est vaincu ; il le fait désarmer par quatre vilains, qu'il appelle en sonnant du cor, et porter chez sa dame, à laquelle il annonce qu'elle aura bientôt les armures de quarante chevaliers , ainsi qu'il le lui a promis. Il en a déjà envoyé seize à cette dame, qui était la reine Rosée de Riviers. Après la mort de son mari, le chevalier nu, son serf, Vavoit prise affine force et l'avoit enchaenee et atachiee a une colonne de marbre, en lui promettant de lui envoyer les armures de quarante chevaliers qu'il s'était fait fort de vaincre, toz nuz en sa chemise, sauf que il avra son escu a son col et li heaume en la teste , son glaive et s'aspee. Et quant il avra ce fait, il l'ostera d'ilec et la prendra a fortaine 3. Bedoier se loge dans une tour; son hôte lui donne les armes et le cheval iïOlinz dou carefor , qui venait de mourir leenz. Le lendemain, Bedoier part et rencontre un chevalier qu'il envoie vaincu se constituer le prisonnier du chevalier nu. Celui-ci le force de se battre, triomphe de lui, envoie l'armure à sa dame et puis s'en vet asson ostel. Bedoier va à Gorbenic, où il est désarçonné par le chevalier du pont. Le conte parole de Galaad (f° 317 b).
Galaad. H rencontre un chevalier qui lui montre en menaçant les tètes
de vingt-six chevaliers suspendues à une tour. « Gardez vos de moi, fait Grandines li cruel, que je vos deffi. » Galaad le tue; il trouve ensuite la reine Rosée, qu'il délivre et qui le conduit à la tour où se tient le chevalier nu. Celui-ci descend pour jouter avec Galaad , qui le sofri a brisier son glaive desor lui, et, au passer que il fist, gitta Galaaz sa main et le prist al Veaume et le arrache hors des arçons , et puis le flatist a la terre si durement que il le debrisse et decasse toz le cervelle, et les ielz li mesle en la teste ; et puis le defolle toz des piez de son chevaus. Ayant ainsi tué le chevalier nu, Galaad arrive à un cimetière où il trouve un ermite et un clerc : un autre clerc lui dit que Lancelot était dernièrement venu à cestui ce met[e]re, conduisant un chevalier tué,