‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 180 sur 362 · Voilà des fragments du texte de 755, etc; cf. ci-dessus · texte numérisé non relu

Voilà des fragments du texte de 755, etc; cf. ci-dessus

cheval de la dame inconnue. Alors se présente Lancelot, venant de la Tressan

part d'Arthur et disant que le chevalier est sans doute Tristan. Un

hasard fait tomber le cheval de Lancelot. Tristan se fait connaître et

renvoie tout le monde, sauf Dinadan et Lancelot, avec lesquels il se

rend à la Joyeuse Garde; Arthur et ses chevaliers retournent à Gamaa-

loth, suivis deux jours après de Lancelot et Dinadan, qui laissent les

amants maîtres absolus de la Joyeuse Garde. — Pour la suite, voy. §

9Ô4, note.

Lantris. Lancelot reste six jours à la Joyeuse Garde; puis il retourne à Tavola Ritonda Camaaloth, et ce n'est que plus tard qu'il met le roi dans le secret. Pour la suite, voy. § 352, note.

Keu invite Tris- y consent, bien qu'il s'attende à un refus. Keu rejoint Tristan, voirleroi. * qui était descendu à une foûtaine, et présente son invitation. Mais Tristan veut garder l'incognito, pour madame Yz., qui avec lui estoit ; il s'excuse sur une affaire pressante, en exprimant ses regrets. Keu ne veut point en démordre : « Vostre escondit ne vous i vaut. — Sire, répond Tristan, qu'en diriez vous? Je ne retomeroie ne por amor ne por haine i. » Keu se fâche et menace Tristan, lui disant qu'il abattra son orgueil. Tristan se sorrit acez de ceste parole et torna tout a gabois. Keu s'en retourne aux pavillons, se fait armer et repart sans le commandement le roi. Gauvain le fait remarquer à Arthur. « Or le lessiez aler, dit Lancelot; Keu aura perdu son cheval, si le chevalier étranger ne le lui rend. Mainte grant chose ai je javeûe que Kex enprenoit par sa folie, dont il venoit a honteuse fin. » Le roi approuve ces paroles.

Joutes. 339. Après une dernière et vaine tentative pour ébranler la

résolution de Tristan, le sénéchal joute avec lui, est renversé, s'évanouit, et poi s'en failli que il n'ot rompue la canole du col. Tristan redescend à la fontaine; le cheval de Keu s'enfuit vers les pavillons. Le roi est inquiet de son sénéchal, por ce que norri avoient esté ensemble2. Il crie : « Or tost as armes por K. rescorre! » Plus de dix de ceux qui leenz servoient courent s'armer; car de celx qui as tables seoient ne s'en remua3 nul. Iseut propose de s'en aller, puisque les adversaires sont si nombreux; mais Tristan, qui se sent garni dehaute proesce, assure à sa maîtresse qu'elle ne lui verra pas vider les arçons et remonte à cheval. Sagremor, le premier, croyant Keu mort, défie Tristan et est abattu; après lui, c'est le tour de Lucan le boutillier et de Gifflet, le fils de Do. Blioberis, qui est auprès du roi, sourit : « Pourquoi souriez-vous? » demande Arthur; Blioberis répond que c'est à cause de la folie des compagnons, qui s'imaginent pouvoir désarçonner un tel chevalier : il ne connaît pas son nom, mais il l'a vu jouter, lorsqu'il abattit les trois neveux du roi4. Pendant que ces paroles s'échangent, Tristan a déjà abattu Dodinel le sauvage, Brandelis, Mordret et Agravain; ces deux derniers espéraient venger la honte que le chevalier inconnu leur

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