‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 203 sur 362 · En telle manière ajoutent · texte numérisé non relu

En telle manière ajoutent

397 a. Le roi convoie les enquêteurs jusqu'à l'entrée de la forêt par devant le chastel Vagan *. Les compagnons entrent dans la forêt et vont ensemble jusqu'au chastel Vagus ; cil Vagus 2 estoit homs de grant aage et mont preudons et de bone vie.

398 a. Le lendemain les enquêteurs se séparent. Mes a tant se test ore li contes d'eulz touz et parole de Gai., . . pour ce que commenciee doit estre la queste par l[u]i 3.

Et 772, etc., continuent à suivre la Queste pour raconter comment Galaad reçut son écu, tandis que 757, etc., arrêtent ici l'abrégé qu'ils ont donné de l'autre version de la Queste, pour passer aux aventures de Tristan (voy. ci-dessus), données plus loin par 772, etc., qui, auparavant, rapportent, d 'après la Queste, l'bistoire de l'écu de Galaad et racontent ses aventures avec Melien (var. Melian), (ils du roi de Danemarche (cette qualification n'est pas dans la Queste). Puis Galaad triomphe des sept chevaliers frères, qui avaient tué l'ancien seigneur du château aux Pucelles, le duc Lianor [Linoy, Queste). Le passage suivant de Çauvain a été effacé dans 772, et changé par un lecteur postérieur

1. Ainsi la Queste et 758 ; — Vagau 772, 101, 97, 349 ; — Vagus 336 ; — Bagan 99.

2. Ainsi 886; Queste . Vagan . chil Vagan estoit un prettfom, etc. ; 99 : au chastel Dagon; ci'llul Bacons, etc. ; 772 : chastel Marenvagumt cil Vaguns est., etc.; 758 : ch. Maremagon ; cil lagon, etc.; 101, 97, 349 : Marennagum ( Marenra gum); chilz Maguns, etc..

3. FOUT chou que ou coiiiiunirliniicui «voit ttti de lu qUêStê, Qvutt.

Tristan en quête 399. La première année de la quête n'est pas encore passée {. Pour ne point être reconnu, Tristan s'est procuré un écu vert d'un seul taint, à la manière des chevaliers nouveaux de l'époque. Un jour il arrive à une fontaine, où il descend. 11 n'ose retourner à la Joyeuse Garde : Iseut le retiendrait. Un chevalier vient se plaindre, sans apercevoir Tristan, de ses peines d'amour. Gomme deux autres chevaliers viennent abreuver leurs chevaux à la fontaine, il s'y oppose, dès que, sur sa question, ils lui ont dit qu'ils ne sont pas amoureux : les fontaines, la verdure et la joie ne sont pas, dit-il. pour les personnes qui n'aiment point; leur place est dans les vieilles

1. A partir d'ici tous les sept mss. donnent le même texte; cf. cidessous.

en faveur de ce chevalier; cf. § 296 note. (A l'endroit où l'ermite cesse de prêcher à Gauvaiu, comme cil ammonestement seroit paine perdue , 99 passe à Tristan).

Gauvain quitte l'ermite et rencontre Agloval et Gifflet; après quatre jours de marche ils se séparent (pour ce, ajoute 772, qu'il n'esioil pas ne reson ne droiz qu'il alassent ensemble, pour ce se departoient il, quant il s entretrouvoient) . Mes a tant lesse ore li contes a parler d'eulz touz et retourne a monseignor T. A partir d'ici 772, etc., donnent le même texte que 757, etc. ; pour 99, voy. ci-dessus. — Le morceau suivant de la Quesle se trouve utilisé plus loin par 772, etc., voy. § 495, note.

Le ms. 103 résume plus loin (voy. § 490, note, fin) en quelques mots les suites de cette quête pour Tristan.

La Tavola Ritonda (p. 426-436) donne les événements de la Pentecôte, d'après la Queste, cf. 490, note; c'est une intercalation maladroite. — Pour Malory, voy. p. 277.

Dans Tressan (pour ce qui précède dans son analyse, voy. § 384, note), il s'agit d'une conquête, et non pas d'une simple quête du Graal, gardé par le roi Pêcheur, qui avait été frappé de la lance sacrée, parce qu'il avait regardé de trop près une jeune pèlerine ; il ne sera guéri qu'à l'arrivée de Perceval. Ce roi et les princes ses voisins entretiennent une armée prête à combattre pour la défense du dépôt sacré.

Bien que Tristan ne valût rien pour l'enlèvement des saintes reliques, il est tenté de se joindre à l'armée d'Arthur pour obtenir le pardon de ses péchés.

Arthur s'égare dans la forêt de Damantes et arrive près du tombeau de Merlin, qui lui dit : « Maintenant il est temps de conquérir le S. Graal ; celui qui accomplira l'entreprise est né, et il a reçu chevalerie de ta main. »

Tristan prête donc le serment de prendre part à l'expédition [il mit ses mains es celles d'Artus), et consent à se séparer d'Iseut. — Puis Arthur réconcilie Tristan avec Marc, à qui Iseut est rendue ; Tristan abandonne la quête du Graal et va retrouver sa femme ; cf. 103 (voy. § 490, note). — Pour la quête du Graal, l'imprimé de Tressan paraît donc avoir donné un récit assez différent de celui des autres imprimés.

maisons délabrées l ; les neiges, la pluie et le mauvais temps, voilà ce qui leur convient ! Ils insistent, sont désarçonnés et partent. Le chevalier continue ses plaintes et chante un lai : Tristan et Helys Âmors, de vostre acointement, etc2. Il aperçoit enfin Tristan. Conversation. Tristan lui défend d'aimer Guenièvre ou Iseut; là-dessus une longue bataille ; pendant une pause, Tristan se nomme. Le chevalier lui dit qu'il est le fils de ce prince de Sassonie, Helyan(t), qui avait envahi la Cornouaille, et qu'il avait partout cherché Tristan pour venger la mort de son père3. « C'est dommage, ajoute-t-il, que notre bataille n'ait pas de témoins4. » Quand ils ont recommencé le combat, Tristan peut lui montrer des témoins qui arrivent : ce sont douze chevaliers, et au milieu d'eux leur parent Palamède. Celui-ci dispute la bataille à Tristan, qui ne veut pas la céder; pendant leur discussion, les chevaliers saisissent le fils d'Helyan, qui avait tué un de leurs parents, et l'emmènent. Palamède les suit. On mène le captif vers le château du père de celui qu'il a tué. Palamède en est très mécontent; il préfère se battre avec le chevalier, qu'il délivrerait volontiers s'il pouvait.

400. Tristan, très en colère, raconte ce qui vient de se passer à Gaheriet, qui survient et qui se met sur le champ à la poursuite des chevaliers. Tristan le suit de loin. Pour se venger sur Gaheriet, qui l'avait abattu dans le tournoi à'Aigreval (var. Aig levai), Palamède lui fait vider les arçons à son tour. Ensuite Tristan rejoint Palamède et ses compagnons, désarçonne le premier et triomphe des douze. Le chevalier délivré rend hommage à Tristan , renonce à son amour pour Iseut et dit son nom : Helys (var. Helyes] ; ils vont prendre leur logis ensemble ; courtoisement, Tristan invite aussi Palamède, qui feint de ne pas reconnaître son rival. Il se dit que le service qu'il a rendu à Tristan la veille de la Pentecôte empêchera celui-ci de lui

1. Ici finit le ms. 755, au milieu d'une phrase : ainz doit tôt adès estre en meisson[s\ veilles et dechaoites, en maissons...

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