‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 244 sur 362 · Pour le Boivre amoureux, qui manque dans 103, cf · texte numérisé non relu

Pour le Boivre amoureux, qui manque dans 103, cf

le dit, mais on ne la croit pas. Dinas raconte à Tristan que, pour le revoir, il a quitté la Gornouaille et ensuite la Joyeuse Garde, où il avait promis à Iseut de ne pas retourner avant qu'il eût des nouvelles de celui qu'il cherchait. Il avait reconnu aussitôt son ami au jeu de harpe. Quant aux choses de Cornouaille, le roi Marc a envoyé une dépêche à ses ennemis, les Sesnes; Tristan et Dinas n'en voient pas le motif. — On va dormir.

Nouveau rêve de Tristan.

Brehus.

471. Tristan voit, dans un nouveau rêve, la Joyeuse Garde et Iseut brûlées par une flamme venant de Gornouaille, et luimôme abattu par le roi Marc, qui lui arrache les bras du corps et le cœur du ventre. Cependant il ne s'épouvante guère de ce songe ; il sait que Marc n'est pas assez fort pour faire la guerre en Logres, comme le remarque Dinas, à qui il raconte ses deux rêves le lendemain, quand ils se sont remis en route.

472. Dinas a déjà vu Brunor, mais il ne connaît pas son nom. A la cour du roi Marc, raconte-t-il, Brunor, qui gardait le plus strict incognito, avait vaincu trois1 chevaliers, qu'il combattit pour la défense d'un chevalier accusé de trahison'2; puis il avait triomphé de vingt chevaliers qui s'étaient mis en embuscade pour le tuer. Soigné dans une abbaye, par suite de ses blessures, il fut pris par les hommes du roi Marc, qui voulait le mettre en prison, mais Dinas eut pitié de ce preux chevalier et le délivra sans être vu par lui-même, qui n'apprit le nom de son libérateur que par les marins qui le passèrent de Gornouaille en Logres.

473. Les trois compagnons se reposent à une fontaine3. Survient un chevalier qui s'arrête près d'eux sans saluer; il dit les connaître, se déclare leur ennemi, mais refuse de leur apprendre son nom. Tristan devine que c'est Brehus : « Oui, je suis Brehus, » s'écrie le nouvel arrivé en s'enfuyant à l'instant, suivant son habitude. Brunor en est désolé, car il hait mortellement ce triste personnage, qui lui a fait beaucoup de mal : ainsi il l'avait cruellement blessé un jour qu'il l'avait surpris

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