attribue cela également à Driant
saisit celle de son adversaire, un présent d'Arthur, et presque Défaite de
aussi bonne qu'Escalibor *. Peu après, Gauvain lance un coup Gauvain.
formidable, qui fait briser l'épée; il se précipite alors contre
Brehus pour lutter corps à corps. A la fin, celui-ci a le dessus,
et Gauvain tombe. Brehus l'aurait tué si Meraugis n'était venu
lui ôter l'épée de la main. Brehus en appelle aux autres :
« Moi, répond Tristan, je dois tenir pour les compagnons de
la Table Ronde ; tout ce que je puis faire pour vous, c'est de
vous rendre votre cheval. — Je réclame au moins l'épée du
vaincu, » proteste Brehus, mais Meraugis la lui refuse, et
Tristan, tout en donnant raison à Brehus, aime mieux rester
neutre : « Ge endroit de moi, dit-il . ne m'en entremetrai ja
entre tant de preudomes comme ci a. » Brehus s'en va, en
remerciant Tristan, qu'il appelle le meilleur chevalier du
monde, et en menaçant Meraugis. Brunor rejoint Brehus, qu'il
essaye vainement de décider à lui dire le nom de Tristan ; trop
bon chevalier pour employer la force contre un adversaire sans
épée, il laisse partir Brehus et retourne à ses compagnons.
477. Meraugis donne son cheval à Gauvain, qui part avec lui, en pleurant de rage. Il sera mis à mort par Gauvain, deux mois plus tard, comme on le trouvera dans le livre de Robert de Borron.
Brunor, désireux de savoir lequel est le meilleur chevalier de lui ou de Tristan, aurait bien voulu changer ses armes pour provoquer ce dernier à la joute, mais il n'en pourra rien être avant qu'il ait soutenu sa bataille.
478. On arrive au Chastel estroit, où la bataille aura lieu . le lendemain, devant le duc de Handeborc 2. Le chevalier
1. Var. Escalibourc(-t). — 772 ne dit cependant pas que Driant l'eût reçue du roi Arthur. — Cf. le Lancelot (P. Paris, Rom. de l. T. /?., II, 193).
2. De même 104, 336. Haultebourc et Audebourc 99 ; Audebourc 103, Uusticien (cf. § 449 d) ; manque dans 97, 349, 101 (cf. 449 b); Decebourc 772 (cf. ib.); Betebourc 758, Bethebourche 24400; Dusbergo, Disbergo, AndusberglnulAu* la Tav. Rit., où Lancelot, étant en aventures, trouve Brunor, qui lui reproche la mort de son frère Daniel ; ils s'accordent à se battre à outrance dix jours plus tard. Puis Brunor va à la Joyeuse (larde, où Tristan consent ;i lui prêter ses armes; ensuite il retourne cl se bat avec Lancelot, qui, voyant les armes de Tristan, croit avoir affaire à lui. Brunor revient à la Joy. G. et dit qu'il a eu un combat avec un chevalier étranger, Mais Lancelot veut se venger; la suite comme dans 757, voy. $ 489.
accusé de trahison est le frère du chevalier à l'écu vermeil. On
se loge chez un vavasseur, qui va se renseigner à l'hôtel de
l'adversaire de Brunor, et apprend que c'est Lancelot qi la
bactaille devoit fere,... et il avoit amené en sa compaignie
Blioberis et Hector; le duc l'onore de quant que il puet. Brunor
Lancelot croit cependant ne pp.rd pas courage. Lancelot. de son côté, envoie cl6voir c o ro • battre Tristan. un valet s'informer du nom de son antagoniste. On indique
Tristan au messager, qui le reconnaît, et qui rend son maître très chagrin en lui rapportant cette nouvelle.
Tristan reste avec Brunor, quoique craignant que Lancelot ne s'en fâche. Il se propose de s'éloigner le lendemain, à l'insu de tout le monde. Il prête son écu, son heaume et son épée à Brunor, qui, pendant la nuit, veille dans une église, avec Dinas et Tristan. Celui-ci se fait armer, le lendemain, de manière à ce que personne ne le reconnaisse, et on va à l'endroit où le combat doit se livrer.
ChmbatdeLan- 479. Par courtoisie, le duc, seigneur du pays, dispense chevalier à Lancelot de prêter le serment qui, généralement, précédait les l'écu vermeil, batailles de cette nature. Brunor se signe et se recommande à Dieu. Tristan le met en champ, et la lutte s'engage. Les deux champions s' entreportent à la terre et s'évanouissent; revenus enfin à eux-mêmes, ils commencent l'escrime. Le combat est long et terrible. Brunor fait preuve d'une grande bravoure. Lancelot, qui a reconnu l'épée de Tristan, ménage ses forces à ce point qu'aux yeux des spectateurs il passe déjà pour avoir le dessous, lorsque la bataille est arrêtée par un chevalier qui vient révéler la vérité sur la cause : « J'arrivai, raconte-t-il, avec un compagnon d'armes, à une fontaine où dormaient deux chevaliers1. Mon camarade tua l'un d'eux et m'emprisonna ensuite pour m'empêchcr de le perdre. Ayant recouvré ma liberté, grâce au secours d'une demoiselle, je courus ici pour dénoncer le coupable. » — L'assassin, un des grands seigneurs du pays, se voit à la fin forcé de confesser son crime, et est mis en prison. Brunor quitte le duc sans vouloir se nommer, en le priant de dire au chevalier accusé, dont l'innocence vient d'être prouvée, qu'il pourra le trouver s'il se rend vers la Joyeuse Garde