Li moraz de laules, faute pour : Lamoraz de Gaule
quittai la cour furtivement et gagnai la mer, où, par une nef, je me fis passer oultre, et puis m'en alai a un hermitage ou je avoie geu delz nuiz devant L Le troisième jour, m'étantfait inviter, de la même façon que la veille, à prendre part aux joutes, je fus de nouveau vainqueur dans le tournoi; mais lorsque je voulus partir, le roi me retint, et je consentis à rester quelque temps à la cour. Après sept mois de séjour, je fis mes dieux à Iseut, qui eut la bonté de m'accepter pour son chevaier, en tant que l'honneur de Tristan n'en souffrirait point. Le même jour, Dinas fut accusé d'avoir tué un chevalier, et, e trouvant être blessé 2, ne put soutenir le combat à outrance nécessaire pour prouver son innocence. Voulant faire plaisir à la reine, je me chargeai de la défense du sénéchal, et je fus vainqueur dans la lutte 3. Je quittai la Gornouaille, où je ne suis revenu qu'une fois, sans trouver Iseut, qui était partie pour le Logres; je passai dans ce pays, et, ayant appris qu'elle était à la Joyeuse Garde, où son amant ne se trouvait pas en ce moment, j'y allai la voir pour me faire dire par elle-même sa volonté 4. Elle me reçut avec bonté et me fit loger convenablement dans le village. Depuis, je n'ai jamais eu le bonheur u veut aner ia de la revoir, mais nous voilà déjà tout près de la Joyeuse revoir à la Garde, où j'ai l'intention d'aller, pendant l'absence de Tristan, °YGV saluer celle que je n'ai cessé d'adorer, et à qui je suis redevable aussi de la gloire que j'ai pu gagner, car sans mon amour pour elle je n'aurais jamais acquis la réputation de grand chevalier. »
Tristan lui demande s'il n'a point eu d'Iseut des faveurs plus marquées : — « Non, est la réponse ; je n'étais d'ailleurs pas assez renommé pour aspirer à cela. Je finirai probablement comme le fils de Hoël, Kahedin 5, qui morutbien por lui (Iseut) amer, et encore en sai ge bien le lai qe ilfistde s'amor a sa mort, ou comme cet autre malheureux, qui eut le même sort, Celices 6, parent de Galehout, et, pendant deux ans, mon