‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 286 sur 362 · Voy · texte numérisé non relu

Voy

2. Cette rencontre n'est pas dans 101 , 349, qui disent, peu après, qu'un des écuyers de Galaad quitte son service en l'accusant de couardise; plus loin (§ 552), ces mss. attribuent pourtant cela au fils de Frolle.

Galaad traité de croit Galaad couard. Peu après on rencontre quatre chevaliers, couard. jeg trojg freres en désarçonnent trois, tandis que Galaad engage son adversaire à renoncer à la joute; il est traité de couard et fortement gobé par tout le monde. Au château, où les chevaliers descendent pour y passer la nuit, ils disent leurs noms. Celui de Galaad étonne les frères, maisAgravain leur fait observer que maint homme sont apelé Gai., et que l'écu qu'il porte ne prouve rien du tout. On admire la beauté du prétendu lâche, et on trouve qu'il devrait être appelé biau mauves. « Ce Galaad que nous voyons ici, dit Agravain, est le pire de tous les chevaliers, tandis que l'autre est le meilleur, » et de ceste parole se gaboient tuit fors Gai., — qui est vexé, — et disoient que trop avoit bien dit Agr, Une demoiselle exprime également ses regrets de voir ce couard si beau , et on s'amuse pendant toute la soirée à railler Galaad, qui plus ert pesibles et amesurez que nus autres chevaliers, et qui prie beaucoup Dieu dans la nuit. Le lendemain, ayant entendu la messe, il apprend aux frères, qui avaient l'intention d'aller aider Arthur, que Marc a été vaincu et chassé ; on se détermine alors à reprendre la quête du Graal, et tous vont vers le royaume de Terre foraine, où cette quête sera achevée (f° 383).

528. Galaad quitte ses compagnons à un carrefour. Mordret représente à ses frères, qui en sont bien d'accord, qu'ils ont mal fait de ne pas ôter à ce lâche son écu , qui ressemble par trop à celui du meilleur chevalier. On rencontre Gauvain , Keu et Brandelis, qui sont également en route pour Gamaaloth, avec l'intention d'aider Arthur. Les frères leur disent que c'est inutile, et Brandelis voit ainsi confirmer les nouvelles qu'un chevalier lui a données hersoir; les nouveaux venus reprennent, eux aussi, la quête. On leur fait part de la couardise de Galaad, et tous sont décidés à lui enlever l'écu, dès qu'ils pourront le retrouver. L'occasion se présente immédiatement après, mais Galaad les ayant tous désarçonnés *, ils comprennent que c'est bien le bon chevalier à qui ils ont eu affaire, et ils courent après lui pour lui faire agréer leurs excuses 2. Galaad leur pardonne moût debonairement.

1. Gauvain n'est pas renversé dans 772, où reparaît ici une main postérieure qui efface ou surcharge pour sauver la réputation de Gauv. (voy. §§ 296, note et 503, note). De même, ci-après, Hector défie, non pas Gauv., mais Agravain.

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