‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 47 sur 362 · Gait 104 ; de VEstaut 750 ; de VEstane · texte numérisé non relu

Gait 104 ; de VEstaut 750 ; de VEstane

3. Chastiaus et bours et viles 334, 97, 100, 102. Chastiaus et viles 335, 759 ; 104. Villes et prays et bois 103. — 750, 12599 seulement : un château dans une plaine close de montagnes. Dans ces deux mss. Tristan monte au sommet de la roche tout seul avant d'y conduire les autres.

le Servage : Segurades lui fait ses excuses en s'agenouillant, et

Tristan le relève. Segurades les amène à l'hôtel d'une dame

veuve, son hôtesse, qui espère, dit-elle, que Dieu les délivrera,

comme jadis il délivra le peuple d'Israël du servage Pharaon.

Malheureusement, il n'y a pas d'armes. Le lendemain le son

d'un cor annonce l'heure de partir pour la fête du château de La fête au châ-

Glat, et on s'y rend à pied. Iseut, bientôt trop fatiguée pour tcau

continuer la marche, reste dans une chapelle où se trouve

un beau tombeau, qui est pourtant inférieur, suivant leur

hôtesse, à celui à' Hector de Gaunes, le père de Blioberis. Un

chevalier de la Table Ronde y avait été enterré par ceux des

captifs qui étaient de Logres ; on lui avait mis un chapiau

sur la tête, parce qu'il était jeune ; quant à la tombe, on

l'avait trouvée telle quelle. Le chevalier s'appelait Guignet i

le petit et était de la lignée du roi Pelinor de Listenois.

Nabon 2 le fit detrencier quand il sut qu'il était de la Table

Ronde. Il se trouve que ce chevalier a rendu un service à

Tristan, qui se promet de le venger (f° 92).

On passe la nuit dans la chapelle, et on arrive au château le lendemain. La fête est célébrée dans la plaine devant le château, près de la rivière appelée Marse 3. Nabon, qui a réuni toute sa lignée à l'occasion de cette fête, fait dresser deux 4 pavillons et une tente, et ordonne que ceux de Logres et ceux de Norgales se tiennent à deux endroits différents : il veut savoir de quel côté sont les meilleurs chevaliers et, notamment, les meilleurs escrimeurs ; l'arme est le bâton .

63. Nabon dit à un valet de choisir, des partis de Logres et de Norgales, les deux hommes qui sont de la meilleure apparence pour la lutte. L'un des choisis est Lamorat, qui n'ose refuser. Un chevalier, le meilleur du monde de son eage et de très haute lignée 5, dit à Tristan et à Segurades que c'est Lamorat, que Tristan n'a pu reconnaître. Lamorat se montre supérieur à son adversaire, qui se rue sur lui pour lutter, mais est jeté rudement à terre. Nabon commande aux autres Norgalois de venger leur camarade : Lamorat bat tout le monde. Nabon, désireux de montrer au peuple sa supériorité,

1. Plus loin : Guiennor; plus haut : Guivret; voy. ci-dessus.

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