II., de même 99; 334 et 1. aut. : trois
5. ('.clic phrase a été omise dans 756 par négligence. Lôseth. — Tristan. 4
escrime avec Lamorat, qu'il épargne, du reste, autant que possible. En ce moment Tristan voudrait bien être à la place de Lamorat : l'escrime et le jeu d'échecs sont les deux choses du monde qu'il connaît le mieux, dit-il à Segurades, qui prédit que le géant défiera d'autres après Lamorat ; en effet, Nabon Lamorat vaincu ayant vaincu Lamorat, qu'il admire trop pour le tuer, f parNa on. deman(ie à ceux de Logres s'il y a quelqu'un d'entre eux qui ose se mesurer avec lui à l'escrime. Tristan, qui se croit sûr de la victoire, prie Segurades d'ameuter le peuple contre les gens du géant, quand celui-ci sera tué, et s'avance vers Nabon, qui demande son nom. Tristan ne refuse pas : « Jamais je ne cachai mon nom à qui me le demanda *. » Le géant, apprenant que c'est le célèbre Tristan (Lamorat l'a déjà reconnu), aurait eu peur, s'il avait dû se battre avec lui à l'épée ; au bâton il croit bien être le premier. Au début, Tristan feint de ne pas savoir grand'chose de ce jeu, pour faire oublier la prudence au géant, qui ne lance que de petits coups, voulant faire voir au peuple sa générosité envers un adversaire plus
Tristan faible que lui. Enfin Tristan le terrasse d'un coup et l'assomme triomphe de Na- ,, *• „ , . n ■ . .-, . r .
bon. d un autre, Segurades crie : « Or a la mesmeau jaiant ! » et ce
cri de guerre est répété partout. Tristan, s'étant emparé d'une épée, tue le fils de Nabon; les parents du géant sont mis à mort, et tous les corps sont jetés dans la mer. Ainsi périt Nabon, qui tenait en sa prison plus de deux mille personnes 2, tant chevaliers que d'autres, des royaumes de Logres et de Norgales; tous sont désormais libres, grâce à Tristan. On remercie vivement celui-ci, qui attribue soa succès au secours de Dieu. Gomme Tristan et Lamorat refusent la seigneurie qu'on leur offre, Segurades est proclamé seigneur du pays , qu'il fit appeler dès lors la Franchise Tristan (f° 96); il se réserve la liberté d'aller de temps en temps en Logres pour faire chevalerie. Tristan, à qui Iseut a représenté l'inquiétude qui doit régner à la cour de Hoël à cause de leur absence, part le surlendemain avec elle et son beau-frère ; ils sont reçus avec une grande joie par Hoël. Le roi avait surtout regretté Tristan, qui est extrême-
1. De m. 94, 99. 334 et les autres : Je ne le cachai jamais pour poor que je eusse d'omme gui mal me vousist fere. (Dans 102, remplacement du feuillet 84).