Trois m
ment populaire en Petite-Bretagne. Les Bretons tirent un lai sur cette aventure : le lai de la Franchise Tristan l.
Dans cette même semaine arrive la lettre d'Iseut; Kahedin et Tristan vont en Cornouaille ; on découvre qu'Iseut aux blanches mains est encore vierge 2.
64. Lamorat quitte la Franchise et se loge dans un ermitage, Lamor at et où il raconte aux ermites ce qui s'est passé dans l'ancien pays Prolle. duServage. Le lendemain, aprèsavoir entendu la messeavec bonheur, il part et trouve un chevalier qui se bat avec quatre chevaliers ; Lamorat se tourne contre les agresseurs après les avoir vainement engagés à cesser cette bataille indigne, et en blesse deux, dont l'un s'enfuit ; les deux autres suivent son exemple. Le chevalier veut les poursuivre, mais Lamorat l'en empêche. Ils partent ensemble ; leur destination est la cour d'Arthur. Lamorat demande au chevalier s'il a vu dernièrement des compagnons de la Table Ronde : « Aucun, dit celui-ci, sauf Keu, que j'abattis ; le jour môme je défiai un autre chevalier, qui portait un écu vert sans enseignes; il me désarçonna et eut après la courtoisie de me ramener mon cheval. » Ils rencontrent ce chevalier 3, qui porte, cette fois, un écu blanc. Le compagnon de Lamorat veut se venger 4, malgré Lamorat, et force le nouveau venu de jouter : il est renversé avec son cheval. Lamorat, qui joute après, est également désarçonné 5 ; désireux de connaître le vainqueur, ileourtaprès lui et lui demande son nom ; l'autre ne voulant pas le lui dire, il lui demande s'il est de la Table Ronde. « Qui êtes- vous, sire chevalier? » dit l'autre; Lamorat se nomme avec infiniment de modestie. Le chevalier se fait alors connaître : c'est Lancelot. Lamorat veut l'accompagner; Lancelot n'y consent pas, et Lamorat retourne à son compagnon, à qui Lancelot lui a demandé de ne pas dire son nom. Lamorat, de retour, demande au chevalier qui
1. Il est en effet très probable que le fond de cet épisode a été fourni par un lai, utilisé par le prosateur. Le cri souvent répété' : Or a la mesnie aujaiant, un vers octosyllabique, fait l'effet d'être un reste du poème; on l'aura conservé à cause de son caractère de refrain.