‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 64 sur 362 · Var. Thor, Tour · texte numérisé non relu

Var. Thor, Tour

Losetii. — Tristan. 6

din dit son nom ; la joie est grande de part et d'autre !. Sur le conseil et avec l'aide de Keu, on abat les quatre frères, et on les contraint de libérer le roi Hoël de son engagement. Puis on va se loger dans une abbaye ; car Kahedin et Hoël sont blessés. Keu les quitte, au bout de deux 2 jours, pour aller terminer l'affaire qu'il avait entreprise.

11 en rpetU-Bre- ^9. Au bout d'un mois, Kahedin et son père retournent en tagne. Petite-Bretagne. Gomme Kahedin ne donne aucune nouvelle

précise de Tristan, on s'imagine qu'il l'a tué. Iseut aux blanches mains est désolée d'avoir perdu le meillor chevalier du monde. — Kahedin ne peut oublier Iseut la blonde, que la vue de sa sœur lui rappelle constamment, et cette passion le fait beaucoup souffrir 3.

100. La reine Iseut envoie une demoiselle en Logres et un harpeur en Petite- Bretagne pour chercher Tristan, qu'elle croit parti de Gornouaille. Le harpeur est bien reçu par Kahedin, qui lui apprend un lai et le charge de le chanter devant Iseut. A son retour, le harpeur s'acquitte fidèlement de cette commission un jour que le roi Marc est à la chasse 4 (f° 185). La demoiselle revient aussi de Logres ; Lancelot lui avait dit qu'il croyait Tristan en Bretagne ; puis elle avait trouvé un chevalier de ce pays, et « cil chevaliers me dist sanz nule faille que T. estoit en la Petite Bretaigneb ». Iseut envoie une seconde fois le harpeur en Bretagne, en lui confiant un lai pour répondre à celui de Kahedin, qu'il trouve à Rednez6. Lorsque Kahedin a entendu ce lai, dans lequel Iseut se montre fort cruelle pour lui {Folie n'est pas vasselage, etc.) , il tombe malade; un jour il conduit le harpeur à une fontaine et y reste trois jours sans manger ni boire ; enfin il lui donne un dernier lai pour Iseut (En mourant de si douce mort,

1. Un nouvel exemple du combat épique d'un père contre son fils; à ajouter à la longue liste donnée par M. Kœhler dans ses remarques sur les lais de Marie de France (éd. Warncke, p. xcix).

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