saute cette phrase
6. Ainsi 750. — 756 ; 334; 97, 100, 102; 99, 94 : Norhout; 335 : Norheu; 103 : Norham; lacune d. 104.
etc.) et meurt1. Le harpeur charge des pâtres de prendre Mort de Kahesoin du corps, s'éloigne furtivement pour ne pas être accusé d^son^mour de cette mort et retourne auprès d'Iseut. La nouvelle de la pour Iseut, mort de Kahedin, que son amour pour Iseut avait tué, se répand partout.
101. Tristan fou erre dans la forêt; il se nourrit des bêtes Tristan fou dans qu'il peut atteindre et dont il mange la viande crue avec le le Moroiscuir. Il fréquente beaucoup des bergers qui lui donnent souvent du pain, mais qui s'amusent aussi à le battre, à le tondre, à lui teindre le visage, et dont il a beaucoup à souffrir. Cette manière de vivre l'a rendu méconnaissable 2. — Un jour Daguenet, envoyé en Cornouaille par les courtisans d'Arthur, par envoiseûre, pour y voir Iseut, chevauche dans le Morois avec deux écuyers. Ils descendent à une fontaine pour boire ; leurs chevaux en profitent pour s'enfuir. En les poursuivant, nos trois voyageurs arrivent à une fontaine, où ils trouvent douze bergers avec Tristan ; ils leur demandent s'ils ont vu passer des chevaux. Les bergers sont en train d'agacer Tristan, qui vient de jeter l'un d'eux dans la fontaine, et répondent en riant : « Nous n'avons pas vu vos chevaux, » car ils étaient nice et fol, si corne vilain de bos doivent estre. Les voyageurs se fâchent; pensant que les bergers ont caché les chevaux, ils se précipitent sur eux et les battent; Daguenet dégaine et blesse quatre bergers. Les pauvres gens s'enfuient en jetant les hauts cris. Tristan, indi- Daguenet chasgné, renverse Daguenet, lui prend son épée et coupe le bras à séParTnstanl'un des écuyers. L'autre s'enfuit ; Tristan le poursuit inutilement; car il n'est plus si agile qu'auparavant. Il s'en va à la maison d'un ermite, qui lui donne souvent à manger. L'ermite dit ses prières devant sa porte; à la vue de Tristan, qui accourt l'épée à la main, il rentre et ferme la porte sur lui. Tristan demande à manger : le bon ermite ouvre une petite fenêtre et lui passe du pain 3. Après avoir mangé, Tristan s'endort à la porte, et l'ermite lui prend l'épée.
1 . L'histoire du retour et de la mort de Kahedin est ainsi tronquée dans Tressan (p. 93J : Phérédin (congédié par Iseut) « s'enfonce dans la forêt et meurt de douleur et d'amour dans un hermitage ».
2. La Tav. Rit. (p. 254) passe à son combat avec huit lions (substitué à l'épisode deTaulas, voy. ci-dessous).
3. Dans le Chevalier au Lyon de Chrétien (v. 2840), Ivain fou se trouve dans la même situation.
Daguenet chez 102. Daguenet arrive, tout épuisé, chez le roi Marc, en compagnie de l'écuyer blessé, qui succombe dans la journée. Le roi est très fâché du malheur qui est arrivé au fou du roi Arthur ; à toutes ses questions Daguenet répond qu'il a été maltraité par « le fou de la fontaine ». L'autre écuyer arrive et donne des détails. Un chevalier de Gornouaille soupçonne
Mathan le brun, que l'agresseur est Mathan le brun, un chevalier de grande taille, devenu fou trois mois auparavant. A la prière du roi, il raconte l'histoire de Mathan. Un chevalier aventureux s'était présenté , comme Marc était à sa cour de Norhout i ; il était accompagné d'une belle demoiselle qu'il promit d'abandonner au chevalier qui pourrait le désarçonner. Seul Mathan le brun osa combattre et triompha de son adversaire, qui s'en alla tout honteux, sans dire adieu à personne. Mathan emmena dans son pays la demoiselle, qu'il aimait passionnément. Un jour, au commencement du mois de mai, comme il chevauchait avec sa bien aimée et le narrateur de cette aventure, ils rencontrèrent Gaheriet, qui s'enflamma à l'aspect de la demoiselle et l'enleva après avoir abattu les deux chevaliers. Mathan, humilié dans son amour comme dans son honneur, ne mangea ni ne but de quatre jours. Depuis, il était tombé malade et avait perdu la raison. — A l'ouïe de ce récit, le roi Marc forme le projet d'envoyer chercher Mathan pour le faire soignera la cour.
103. Tristan est désormais un peu mieux traité par les bergers, à qui il avait prêté un si vigoureux secours. 11 lui arrive, pendant sa folie, une autre aventure. 11 y avait, dans la forêt du Morois, un château situé sur une haute montagne et fortifié depuis plus de deux cents ans ; le seigneur en était un géant redoutable, qui ne se souciait point du roi Marc. Iseut, pleine d'inquiétude pour Tristan, lui avait défendu d'attaquer ce géant, nommé Taulas 2 de la Montagne, et Tristan n'aloit en nulle manière contre le commandement sa dame. Le géant, qui redoute fort Tristan, entend dire, ne sai par quelle aventure, qu'il est mort, ou du moins parti de Cornouaille, et ne craint plus de donner un libre cours à sa fureur contre les Gornouai liais, qui, à l'époque du couronnement de Marc, avaient tué son père devant la porte de Tintagel. Il va souvent