‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 66 sur 362 · Var. Gaulas; Tressan : Trullas · texte numérisé non relu

Var. Gaulas; Tressan : Trullas

dans la foret et fait grand dommage aux chevaliers de Cornouaille. Un jour il vient à la fontaine, où il trouve les bergers avec Tristan ; il n'est pas reconnu et s'assied parmi eux sans vouloir accepter le pain qu'ils lui offrent. Tandis qu'il cause avec eux, un chevalier arrive avec une demoiselle, et, pour ne pas les effrayer, le géant se cache derrière un arbre. Le chevalier descend pour boire à la fontaine ; en deux grandes jnjambées Taulas s'élance sur lui et le terrasse ; la demoiselle perd la tête, oublie de remonter à cheval et s'enfuit à pied. Un des bergers blâme Tristan de ne pas secourir le chevalier ; Tristan a assez de sens pour objecter qu'il n'a pas d'armes ; un berger court prendre l'épée du chevalier, la lui remet et dit : a Allons, va le frapper à la tête. — Pourquoi ne fais-tu pas cela, toi » dit Tristan. — « Parce que je n'ai pas ta force. » — Tristan saisit l'épée ; il demande encore : « Que veux-tu que je fasse de cette épée? » — et le berger de répéter : « Va, frappe ce diable-là à la tête, de toutes tes forces! » — Alors Tristan court sur Taulas et d'un seul coup fait voler sa tête ; il Tristan tue Tauen aurait fait de même au chevalier, si les bergers ne lui as e g an ' avaient crié de le laisser. Le chevalier voudrait emmener Tristan pour le guérir ; mais le fou n'a qu'une réponse : « Allezvous-en, si vous ne voulez avoir de ceste espee parmi vostre teste; alez vous en de ci, je le vous lo moût bien » (f° 190). Son interlocuteur fait intervenir les bergers; mais Tristan persiste et menace de donner mauvais paiement au chevalier, s'il ne s'éloigne. Celui-ci n'ose insister ; il prend la tête de Taulas et se rend avec la demoiselle à Tintagel, où il trouve le roi Marc conseillant avec un chevalier de Cornouaille. Le nouvel arrivé j lui annonce aussitôt la nouvelle de la mort du géant, fléau de la Cornouaille, et fait voir sa tête. On est toujours porté à croire que le fou est Mathan le brun : Marc est de plus en plus curieux de voir un fou si remarquable. Il fait exposer la tête du géant, dont la mort est le plus grand bienfait arrivé en Cornouaille depuis la mort du Morhout.

104. Un jour de chasse, le roi Marc, entraîné par un cerf, Marc trouve arrive tout seul à la fontaine, auprès de laquelle Tristan dort guér*0' qm e3t parmi les bergers. Le roi, qui a soif et est fatigué, s'arrête et lie conversation avec eux sans être reconnu; ils lui disent qu'il est en présence de l'homme qui a tué Taulas. Marc voit

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