Cette remarque n'est pas dans
ïapeloient commune(e)ment li fol et li sage de celui pais ' ; et li rois Vterpandragon li avoit doné celui non por [une 33 i) moût (très 756) bone raison (que il y avoit 334), que nous vous deviseron a cestui point , puis qe promis le vous avons.
161. Le roi Bohort de Garnies et son frère, le roi Ban de Benoyc, à l'époque qui suivit immédiatement leur couronnement, séjournaient plus fréquemment en Logres que dans leur propre pays; le roi Uterpendragon les aimait beaucoup, et à sa cour, ils éclipsaient tout le monde. Un jour, pendant une fête, ils entreprirent un tournoi, l'un contre l'autre ; ce tournoi, le premier qui ait eu lieu devant le château aux Pucelles, dura une journée et tourna au désavantage de Ban. Avec ce prince se trouvait un chevalier haï de Bohort, parce qu'il travaillait toujours à brouiller les deux frères. Le tournoi terminé, il fut attaqué par Bohort et s'enfuit ; le roi le poursuivit inutilement et arriva près d'une rivière, auprès de laquelle un païen était descendu d'une montagne. On l'appelait géant, non pas qu'il fût extraordinairement grand, mais à cause de sa force inouïe ; il avait déjà fait beaucoup de mal dans le pays. Ce géant arrêta le chevalier et le tua avec sa propre épée, qu'il lui avait enlevée. Bohort n'eut pas le temps de s'éloigner ; il fut saisi par le géant, qui voulut le tuer ; mais le roi lui représenta qu'il gagnerait plus à se faire donner une rançon. Le géant sostint (prist 334) le roi (tout 334) einsint (armé 334) corn il estoit (et le regiete sor son cheval 756) et le commença a porter vers la montaigne (dessus son col tout 334) ansint legierement com il feïst un enfent (f° 245). Gomme il était fatigué et se reposait, Bohort en profita Le géant tué par pour lui couper la tête, qu'il rapporta à Uterpendragon. En leroiBohortmémoire de cet exploit, il fit construire le château à l'endroit oii il avait tué le géant. Blioberis en était devenu le propriétaire, Arthur le lui ayant donné ja avoit maint an passé2. Quand Lancelot arrive au château, on lui demande des nouvelles de Blioberis ; il répond que celui-ci viendra probablement dans la nuit pour le retrouver au château ; « car, ajoute Lancelot, je li dis [tout priveement 331] a lui et a moi qe [je] vendroie ceenz au soir. » A ce moment, on apporte, sur
1. Car smz nule doute ainsint l'apeloit l'en, et ceuls du pais commv- Jiniinil et autres 334 .
;'. Mni/il, jour 33,4.
une bière chevaleresce Lucan le boutillier, grièvement blessé par Tristan.
162. En effet, Lucan, en quête du chevalier à l'écu noir, est arrivé devant le château où séjourne Tristan. — Palamède y est travaillé oltre mesure des cols 1 qHl avoit eu el tornoiement; au château se trouve aussi le chevalier Danaim2, parent de l'hôte, qui s'appelle Daras 3. Ce Danaim est venu se renseigner sur le tournoi, parce qu'il sait que les fils de son parent y sont allés. 11 est d'une santé faible ; il a été quelquefois à la maison d'Arthur ; Lucan et lui sont ennemis mortels. — Arrivé au château, Lucan envoie un écuyer demander l'hospitalité. Cet homme trouve Danaim se promenant dans la cour : apprenant le nom de Lucan, Danaim lui envoie son défi par l'écuyer. Il sort armé; mais, abattu par Lucan, il
Lucan le boutil- s'enfuit dans le château ; Lucan le poursuit jusque dans la naîm^Dina- cour et ^e renverse une seconde fois ; Danaim s'évanouit, et on dan. le croit mort. Daras implore enfin le secours de ses hôtes.
Dinadan ne veut pas que Tristan, blessé, se charge de l'affaire; et dolent et corrodez de grant manière, il poursuit Lucan, qui est reparti, mais il est également abattu et grièvement blessé en une des cuisses.
163. Peu après, Tristan, qui s'est fait armer aussi, sort du château ; il a fait couvrir son écu noir d'une housse vermeille. Il trouve Dinadan couché par terre, atteint ensuite Lucan dans une vallée et le défie. Lucan voit venir, de l'autre côté, Ivain le fils d'Urien, qui reconnaît son compagnon, mais non
Il est abattu par Tristan. Celui-ci abat Lucan avec son cheval et le blesse dan- Tnstan. gereusement parmi le cors : Ivain est aussitôt résolu à le venger. Ainsi Tristan fut trouvé par ces deux chevaliers, qui le cherchaient et ne le reconnurent point. A la vérité, tous les dix chevaliers qui avaient juré la quête trouvèrent Tristan; mais mal leur en prit. Lancelot seul le reconnut, comme nous le verrons plus loin, et lui seul se loa de la rencontre 4.