‹ Analyse critique du Roman de Tristan en prose françaiseChapitre 92 sur 362 · Pendant ce temps, Keu s'était battu à l'épée avec · texte numérisé non relu

Pendant ce temps, Keu s'était battu à l'épée avec

Andret vaincu Andret, et l'avait renversé. Gaheriet le prie de ne pas tuer le

par Keu. vaincu : « Mais, dit Keu, il faut débarrasser Tristan de son

pire ennemi. — Laissez-le tout de même : sa mauvestié et sa

traïson le fera encore morir (et 756) tout a temps. » Ayant

ainsi sauvé Andret, Gaheriet se fait raconter par Marc tout le

projet qu'il avait formé, et Marc et Andret s'en retournent.

Us descendent au jardin, où les écuyers les attendent encore,

et regagnent le palais sans être aperçus. Marc, qui est décidé

Marc garde la à se venger, se fait soigner à huis clos pendant huit jours et

da&nt e i?uU nadmet Pas même Iseut. Au cinquième jour arrive Dinas, qui

jours. s'est absenté de la cour il y a cinq jours. « Qel essoine vous a

tenu ? » lui demande Iseut ; avant de répondre il la prie de

dire ce qu'a le roi ; elle déclare l'ignorer. Dinas sourit, car

les deux compagnons lui ont tout dit ; il raconte à Iseut la

défaite de Marc et d'Andret, qui, dit-il, crièrent merci et

échappèrent par là 1 .

Une demoiselle, 177. En effet, Gaheriet et Keu avaient rencontré Dinas, qui nas, e enlevée venait d'apprendre qu'à la nuit un chevalier devait lui enle-

par un cheva- ver une demoiselle de l'un de ses châteaux ; elle aimait le chelier.

valier malgré vsa couardise, car il était plus beau que Dinas.

Le sénéchal se rendit donc à ce château ; Gaheriet et Keu

l'accompagnaient. La demoiselle s'était laissée glisser de la

tour par une corde et avait pris la fuite avec son amant et

1 . Comme cela n'a pas été raconté pour Andret, c'est peut-être une exagération, soit de Dinas, soit de sa source.

ivec deux brachets, descendants d'Houdenc. Dinas repartit Elle emporte >ur rattraper sa demoiselle ; ses deux hôtes voulaient l'accom- appartenant"*! Kigner, mais il les pria de rester au château, et ils se ren- Dinas. tirent à ses instances (P 261).

178. Dinas abattit son rival et se montra supérieur à lui à l'épée ; après le premier assaut le chevalier lui dit que la lemoiselle ne l'aimait pas, ce qu'il pourrait voir, si on lui ionnait le choix; Dinas accepta, espérant être préféré après ivoir ainsi triomphé de son rival, mais la demoiselle, qui avait vainement essayé de s'enfuir, préférait toujours son amant et )artit avec lui. Dinas, se ressouvenant de ses brachets, alla les

îclamer1; le chevalier n'osant plus rompre une lance, la lemoiselle le quitta, furieuse, pour reprendre Dinas, qui s'y

îfusa : « Alez quelle part qe vous voudroiz, lui dit-il, qe de mus n'ai je mes cure; de vostre afere me gart Diex ; alez :ous en a touz celx qi sont en enfer/ Fuiez de ci, dame! f niez de ci 2 / quar bien sachiez que ce que ge vos voi tant

)lement m'anoie3. » Elle s'en alla en emmenant les chiens,

îais Dinas la retint et les réclama. Elle lui proposa de les

)lacer au milieu et de les appeler, chacun de son côté; s'ils

menaient à la demoiselle, elle en serait la propriétaire. Dinas

consentit : « Gek me fi tant en la très bone orine b des

brachez et en la 6 gentilesce, que ge sai bien qu'il n'iront

ùe foloiant 7 ausint com vos feïstes orendroit; il n'ont mie le sanc de famé ne la nature; gentilesce ne faudra mie en jls, mais ele faut ou cuer de famé, et ce verroiz vos oren-

roit. Les brachets vinrent tout de suite à Dinas, qui lor woit fait plus de bien8. Il fit remarquer à la demoiselle qe

lielz vaut de chien la nature et est plus gentile et plus franche U plus loial et plus entérine qe la nature de feme. Il céda de

On donne le choix à la demoiselle : elle préfère son amant.

Dinas réclame leschiens; son rival n'ose jouter, et la demoiselle l'abandonne.

Les chiens, placés entre la demoiselle et Dinas, vont à leur maitre.

1. Manque dans 99, mais se trouve dans 94 et dans tous les autres

ISS.

|, Ainsi, deux fois dans 750; une fois dans 756; 334.

3. Que bien sach. tout certeinement que 334. — Tant solem. (750) îanqne dans 756, 334.

4. Passage copié dans 750; les autres mss. sont d'accord pour le fond.

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