COURAGE , ESPRIT DE LUTTE ET DE RÉACTION , COMBATIVITÉ
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Quelque difficiles que soient les circonstances où TOUS TOUS trouviez, quelque obstacle physique que TOUS présente la nature extérieure, quelque adversité qui vous Grappe, bénissez mon saint nom ! Pai mis en vous Tesprit de la lutte et de la réaction; c'est par lui que je retrempe votre constitution, que j'entretiens la force et l'activité de vos pouvoirs, et que je vous appelle à tous les triomphes.
Ainsi donc, quoi qu'il arrive, ne quittez point le champ du combat, servez-vous de mes libéralités, déployez le courage que j'ai mis dans vos âmes; frappez du pied la terre, et toujours forts de mes richesses, dites tous, à l'enri les uns des autres : Je vaincrai, j'échapperai, avec l'aide de mon Dieu.
Mais comment se fait-il que vous ne puissiez
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VOUS servir de cette faculté de réaction sans dépasser le but de son activité ? D'où vous vient ce caractère difficile et grondeur qui vous rend insupportables à chacun? Que signifie ce besoin impérieux de mouvement, de fièvre et de colère? Ne vous apercevez-vous pas de la laideur de vos manifestations? Ne vous ai-je pas recommandé sans cesse de modifier Feipression de vos penchants inférieurs par la noblesse de Tintelligence
et des sentiments moraux? Quelle excuse pouvezvous présenter? Qui vous a déshérités de vos pouvoirs supérieurs ? En abandonnant ainsi votre gouvernail, en prenant les habitudes de la brute/ ne craignez-vous pas de perdre votre liberté morale et de tomber dans une véritable aliénation mentale?
'Tout à rheure je vous ai dit dans quel but je vous avais appelés à la lutte et au combat; je veux bien vous le redire : c'est pour vous harmoniser avec le milieu au sein duquel vous vivez, et qui n'offre partout que le spectacle des batailles; c'est pour résister, c'est pour vous défendre; c'est pour vous aider à tout moment et en tout lieu, à vous relever mille et mille fois, s'il vous arrive de tomber mille et mille fois par terre.
Je vous ai donné le courage pour protéger
tout ce qui vous appartient : vos demeures ^ vos femmes, vos enfants et vos biens; je vous Tai donné pour sauver votre pays de Tinvasion étrangère, ou pour vous aider entre peuples à établir le bonheur, la justice et la paix sur la terre. Ne Toubliez jamais , vous êtes solidaires les uns envers les autres, et les libertés que quelques uns d'entre vous ont conquises sont mal assurées si le pacte de famille ne s'établit entre vous. Votre courage, alors, tournerait contre vous-même, et vous emploieriez à votre extermination respective ou à votre asservissement la seule force qui pouvait vous sauver de ces horribles malheurs. Quel rapport, maintenant, voulez-vous que je trouve entre ce but élevé de la combativité et cette humeur tracassière et militante qui vous rend hostiles à vous-mêmes et à vos semblables ? Défendez, je le veux ainsi, vos personnes, vos propriétés et vos droits; ne vous laissez pas marcher sur la tête; arrêtez par votre mimique expressive l'insolent qui voudrait mettre la main sur vous, et, dans l'occasion, apprenez-lui qui vous êtes. Mais en vous tenant fermes sur la défensive, ou en châtiant vos ennemis, montrez-vous toujours hommes; n'imitez pas ceux dont vous avez à vous plaindre, no prônez pas leur esprit
de querelle et de rixe qui vous ferait ressembler à un animal hargneux toujours mécontent de luimême et des autres, et, une fois pour toutes, ne confondez plus les désordres ou les abus d'une faculté avec l'emploi raisonnable de son activité. II s'agit bien, d'ailleurs, de perdre ainsi vos forces dans de misérables débats et pour de minimes intérêts I Réservez-les pour les grandes causes que vous avez à soutenir et à faire triompher. Le courage est votre seul palladium. Non seulement j'ai voulu, par le don de celte faculté, vous armer en faveur du libre exercice de vos premiers instincts, mais j'ai voulu encore assurer votre existence intellectuelle et morale et la défendre contre l'esprit du mal et des ténèbres; j'ai voulu que vous pussiez avec intrépidité manifester vos bons sentiments et professer vos idées libérales. Ah ! vous croyez, dans l'état encore si imparfait de votre civilisation, et après le mépris que vous avez fait de mes commandements, qu'il vous est facile de rentrer dans les voies que je suis déjà venu vainement vous ouvrir! Détrompezvous; et puisque vous voulez vivre enfin de la vie propre de votre espèce, puisque vous voulez agir conformément à la noblesse de votre intelligence et de votre âme, ramassez vos forces et
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préparez -VOUS au combat. Vous n*êtes point encore les maîtres de vos destinées supérieures ; non, vous n'avez pas trop de tout votre courage pour remplir les devoirs de votre état d'hommes et ordonner sans opposition votre belle existence. Incrédules ! l'œuvre que j'ai commencée n'est pas finie, et, comme à Jérusalem, j'aperçois encore parmi vous des scribes et des pharisiens. Serezvous donc éternellement leur dupe, et ne voyezvous pas que, tout en feignant de s'occuper de l'évolution intellectuelle et du perfectionnement moral de l'humanité, ils n'ont d'autre but que de s'emparer des premières positions sociales, pour ensuite s'opposer à toute espèce de progrès ? Ces hommes n'ont point l'esprit eneux; ils tournent ses enseignements au profit de leurs intérêts et de leurs passions personnelles, et ils ne redoutent rien tant que de voir se dresser devant eux quelques grands caractères.
Moïse, devant eux, s'est enfui de l'Egypte; ils ont applaudi aux persécutions de Confucius et de Zoroastre ; au supplice de Régulus, à la mort de Socrate, au crucifiement de Jésus, aux violences faites à la vieillesse de Galilée. Et tous ces ouvrages immortels, qui vous ont faits ce que vous êtes, qui ont renversé le vieux monde et
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préparé votre avenir, ils les ont mis à l'index et fait brûler en place publique par la main des bourreaux! Montrez -moi dans Thistoire un homme de cœur, une belle intelligence, un homme bien inspiré, un révélateur de ma loi, qui ait trouvé grâce devant eux, et qui« n'ait souffert pour votre cause et la gloire de mon nom I Que parlez-vous d'ailleurs sans cesse de vos droits et des atteintes que l'on porte à vos libertés? Ne le savez-vous pas? on est sans droits quand on est sans vertus. Vous voulez que l'on vous traite en hommes : c'est la plus noble ambition que vous puissiez jamais manifester; mais alors commencez par dominer vos penchants inférieurs, abattez leur violence, mahrisez leur égoïsme, réglez-en les activités, et, non contents d'être sortis de l'abjection des brutes, montrez vos attributs d'hommes , revêtez le caractère propre de l'humanité. C'est par l'intelligence et les sentiments moraux que l'homme se révèle à lui-même et au monde, et qu'il s'affranchit de toute servitude. Je vous le dis, en vérité, la tâche que vous avez à remplir se trouve là tout entière. Je vous le demande : à vous considérer tous en masse^ individus et nations, à quel titre venezvous réclamer de l'indépendance pour vos actes
et du respect pour vos personnes? Qui êtesvous? quel est l'esprit qui vous anime? quelles sont les belles facultés qui vous inspirent?
Répondez, têtes inférieures, indociles et sans réflexion , que Ton dirait avoir été créées pour Tesclavage et Tignominie! Depuis la promulgation de Fancienne et de la nouvelle loi, avczvous profondément modifié, éclairé, ennobli, épuré votre mode d'existence? Ces révélations, cependant, vous paraissaient sublimes, et elles allaient, disiez-vous, à la dignité de votre nature. Où sont les faits qui l'attestent? dans quel endroit avez-vous resplendi des beautés de l'âme humaine? A quelques différences près, n'êtesvous pas restés, comme vos aïeux, ensevelis dans la bête, et puis-je dire que, par l'intelligence et la moralité, vous ayez pris possession de vousmême et mérité la liberté? Non! non! vous n'avez point dépouillé le vieil homme, vous n'avez point combattu les combats du Seigneur; ou, si vous avez engagé la lutte, le courage vous a manqué, et la victoire ne vous est point restée. Vous n'avez, par conséquent, aucun reproche à faire à vos gouvernements.
- Les gouvernements résument les faits généraux; les faits exceptionnels ne signifient rien
pour eux. Ils voient la foule humaine tomber dans l'abus des propensités animales, y sacrifier exclusivement et démesurément; ils la voient cupide, vaniteuse, livrée à toute la brutalité des plaisirs des sens, astucieuse, craintive, colère, implacable et cruelle dans ses vengeances ; ils la voient se donner en toute occasion à celui qui la paie, à celui qui la flatte ou à celui qui l'épouvante; ils la voient sans bienveillance, sans justice, sans vénération, sans estime pour ellemême, sans fermeté, sans désintéressement, sans la moindre apparence de tous les nobles pouvoirs humains qu'elle a reçus; ou si ces facultés apparaissent dans sa vie, ce n'est que d'une manière instinctive, accidentelle, isolée: l'intelligence n'y a donné ni sa lumière ni sa consécration. Je vous le laisse à juger. Ne leur paraît-il pas qu'ils vivent au milieu des espèces inférieures ? Peut-il leur venir dans l'esprit de traiter en hommes des êtres qui n'en ont aucune des manifestations? et s'ils en avaient l'idée, n'en seraient-ils pas les victimes? Rappelez-vous-le bien : l'homme animal n'est point capable des choses qui sont de l'intelligence et des sentiments moraux ; elles lui paraissent folie , il ne peut les comprendre, et il ne s'arrête que devant
l'expression énergique des facultés animales, qu'il soulève d'ailleurs chez les autres violemment contre lui.
Et lorsque les choses sont telles que je vous le dis; lorsqu'aux yeux de tous les obsenrateurs et de tous les gens de bien qui voudraient vous servir, vous ne semblez constitués ni pour la science, ni pour la vertu, ni pour la morale, ni pour la vérité, et que vous avez par conséquent à combattre sans relâche pour rentrer dans la dignité de votre nature et la liberté de ses mouvements, vous laissez de côté vos aspirations les plus élevées et les plus légitimes en principes; vous vous usez dans de puériles discussions, vous dépensez vos forces dans des combats sans honneur et sans importance, et vous venez ensuite vous plaindre à moi de votre asservissement et
de vos malheurs Allez, allez, le caractère
auguste de l'humanité s'est effacé dans vous tous, vous n'inspirez ni l'affection ni l'estime; on vous traite suivant vos mérites et je vous interdis le murmure, car c'est moi qui vous châtie et qui, par un reste de miséricorde, vous maintiens sous le joug des hommes forts.
Ainsi donc, aucune réforme possible si chacun de vous ne la commence en soi. Vous ne pouvez
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rien, parce que, vous aussi, Tégoïsmc vous a glacés; parce que vous ne possédez point ce par quoi l'on se dévoue, ce par quoi l'on combat, non pas un jour, mais tous les jours, sans jamais se lasser, sans se décourager jamais. Vos plus grands ennemis sont dans vous-mêmes. Combattez-les à outrance, cessez de vivre dans l'anarchie; prenez possession de vous-mêmes. Il faut être hommes pour avoir la puissance et les droits de l'homme. Dites-le ! de quelle manière vivezvous? Car vous êtes tellement imbus de préjugés, que vous prenez ces injonctions pour des lieux communs, pour de simples recommandations de moraliste, et que vous ne vous apercevez pas que ce sont les principes mêmes de la science de la nature de l'homme. Oui, je vous ai faits hommes; et tant que vous ne mettrez pas sous vos pieds l'animal qui est en vous, tant que vous ne réglerez pas ses activités conservatrices , mais inférieures; tant que vous ne combattrez pas en l'honneur de votre nature élevée et que vous resterez au-dessous de votre noble condition, vous ne gouvernerez pas: on vous gouvernera.
L'homme seul s'appartient. Répondez donc a mes lai^esses, instruisez-vous, ennoblissez-vous; devenez par l'intelligence et par l'àme les maîtres
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de vos destinées ; révélez vos grandeors intellec* taelles et morales : sovez hommes ! Et de ce
moment vous r^nerez sur la béte, tous rouerez sur tous ceux qui seraient tentés de loi ressembler. Votre mission sera remplie, vos aspirations seront satisfaites. La liberté ne vous sera pas rendue, car elle ne vous sera pas enlevée; et, dans la plénitude , la force et la joie de votre grande eiistence, vous n^élèverez plus vers moi que des cris de reconnaissance et d^amour.
Quelques uns d entre vous se plaignent de ne point trouver en eui cette énergie, ce courage, cet esprit de lutte et de réaction propres à assurer leurs intérêts matériels et à sauv^arder Tindépendance et la dignité de leur caractère. Que s^nifie ce langage? Yy vois-je pas de nouveau percer de Fiogratitude, on s y dévoiler la plus grossière ignorance? Certes. j*ai mis de Tinégalité dans la répartition de mes dons, et la diversité des circonstances extérieures au sein desquelles apparaissent et se développent les différents in-» dividus, comme les différentes nations du globe, rend encore plus sensible cette inégalité primitive. Mais en dehors de ces êtres incomplets qui ne comptent pas dans Tespèce, et qui ne naissent incomplets que par suite des dérèglements de
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leurs pères et de la non-observance de mes préceptes, ai-je refusé à aucun de vous un seul des attributs de l'organisation que j'ai arrêtée pour vous tous? Non, le tout est dans le tout : Thomnie, en ce sens, est égal à Thomme; chaque homme porte en lui-même la forme entière de l'humaine condition. Je ne vous ai privés d'aucune faculté; seulement, vous les possédez toutes à des degrés différents, et quelles que soient d'ailleurs leur force ou leur faiblesse primordiale innée, j'en ai soumis la puissance et la manifestation à la loi d'activité. Toute faculté qui ne s'exerce pas s'alanguit et s'éteint ; toute faculté qui se déroule et s'applique, ajoute à sa vigueur native. Arrivez donc enfin à posséder le secret de vos faiblesses et de vos grandeurs, vous à qui j'ai donné la lumière de l'intelligence, et jugez mieux de vos richesses.
Vos frayeurs, vos craintes, vos pusillanimités, vos couardises, vos lâchetés (que m'importent les mots, pourvu que vous compreniez ma pensée), ne viennent point de la nature, elles viennent de vous-mêmes ou de la négligence de vos instituteurs. Point de doute sur ce point : si vous restez fréquemment au-dessous des événements de votre propre existence, c'est votre faute ou celle de
ils LNSriNCT DE SA l»HOPUE DÉKENSE.
VOS éducateurs. L'homme moyen qui forme l'espèce a toutes les aptitudes : il est propre à tout ou il n'est bon à rien, suivant le milieu qui l'enveloppe et qui le modifie. En dépit qu'il en ait lui-même, mettez-le donc à bonne école. Il faut de longue main le préparer aux coups du sort, aux hasards de la vie, lui faire essaver son courage, devancer les mauvaises aventures, le tenir constamment sous les armes et prêt à faire face à toute éventualité. On réussit mieux quand on attaque que quand on se défend. Au lieu de vous laisser surprendre, prenez vos avantages, pourvoyez à la retraite, revenez à la charge, exercez la combativité, ne la séparez pas des autres pouvoirs qui sont en vous, faites tout conspirer au succès de vos entreprises.
On échappe aux plus grands dangers en ne s'en étonnant point; on succombe aux plus faibles pour ne s'y être pas bien résolu. C'est comme cela que dans toutes les carrières, dans l'exercice sérieux de chaque profession, les hommes se forment à la vertu, à la vaillance, à la victoire du monde et de la fortune; c'est comme cela qu'ils apprennent à se connaître et à apprécier ce que j'ai fait pour eux; ils s'essaient, voient et augmentent la mesure de leur valeur, la Jorce
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et la portée de leurs reins, la vigueur et l'énergie de leur âme; ils voient jusqu'où ils doivent espérer et promettre d'eux-mêmes; puis s'encouragent et s'affermissent k mieux, s'accoutument et s'endurcissent à tout, et deviennent ainsi les dominateurs et les maîtres de leurs destinées. Je vous ai promis le bonheur en toutes choses , je ne tromperai pas vos espérances; mais je ne vous l'ai promis qu'au prix des combats.