rXjax-T0''tvg OU 7r^jax-o'*tvg
Peut-on conjecturer que les formes syncopées doivent leur origine à l'analogie, fausse sans doute, des aoristes grecs en -a<7a, -«cra, -w<7a, dout un si grand nombre a passé sans changement dans la langue albanaise à la première personne du singulier au moins, et en tenant compte de l'augment désormais absent ? On connaît le grand nombre de verbes existant dans cette dernjère langue, se terminant au présent en aç, tç, oç, etc., et dérivant de verbes grecs en éÇ&>, «Çw, oC« ou ovw, etc.
Il ne faudrait pas aller trop loin et se laisser induire à croire, par des formes comme dogjetim (de dogjaj présent diegch je brûle) ou voSetim (de vo^a) vie$ je pille, que tous les verbes forts qui changent leur voyelle radicale en o à l'aoriste forment leur pluriel à l'aide d'un t. Ce / cesse d'être nécessaire dès que Vo peut se transformer en oi^a, ce qui arrive lorsque la dernière consonne du thème est un l ou un r. C'est ainsi que de piil j'enfante, vient l'aoriste pôla qui se conjugue de la manière suivante :
Sing. i.pôla. 2. pôle. 3. pôlL Plur. 1. poualm onpolm. 2,pouaUe ou polte. d.poualne, polne ou pôle.
Marr ou mouarr]e prends, fait à l'aoriste mbra :
Sing. 1. mbra. 2. mare. 3. mbri.
\ Plur. 1. mouarm. 2. mouarte. 3. mouarne.
Voici comment Rossi fléchit raoriste de siel j'envoie :
Sing. 1. solla. 2. solle. 3. suull.
Plur. 1. 50u/«m. 2. soulete. 3. «ot«2«n.
Il ne nous paraît pas probable, toutefois, que le t qui, d'après de Rada, se rencontre au pluriel de l'aoriste de tous les thèmes verbaux terminés par des consonnes autres que les liquides / e^t r, ait un caractère pureinent euphonique. La dentale sert à marquer le passé dans presque toutes les langues caucasiques, telles que le géorgien, l'oèsète, le laze, par exemple géorg. swem-da il but ; oss. fequs'ta il entendit; las. or^-tu il était. Dans l'idiome des Tsiganes on trouve : pen-dom je parlai, per-dom je tombai (4). Bopp rattache cette dentale avec beaucoup de vraisemblance à tin participe passé qui a généralement une signification passive, mais qui peut avoir aussi, notamment dans les verbes neutres sanscrits, une signification active, par exemple gatô 'smi je suis allé. Dans le persan, berdeh (sanscrit brta) peut signifier aussi bien « porté » qu' « ayant porté (2) > .
(1) Bopp, Die haukasischen Glieder des indo-europàischen Sprachstamms. Berlin, 1847, p. 46 et suiv.
(2). Signalons encore quelques analogies empruntées aux langues caucasiques qui peuvent avoir une certaine importance au point de
Il semble résulter de ces observations que dans les verbes forts en as et es dont il a été question plus haut, qui forment l'aoriste en ta ou tta, la langue a fini par considérer ce ^ comme radical, puisqu'elle a senti la nécessité, pour exprimer plus nettement le prétérit, d'y ajouter un second t au pluriel : shitia je vendis ; plur. i . shittètim nous vendîmes, etc.
§ 2. — LES AORISTES EN va.
La plupart des verbes albanais forment leur aoriste en -va. Cette désinence appartient à la plupart des thèmes qui §e terminent par une' voyelle accentuée ou par un s qui ne figure qu'au présent et à l'imparfait et qui, par conséquent, ne saurait être considéré comme radical. Le V de la terminaison va disparaît à la troisième personne du singulier et aux trois personnes du pluriel, ou plutôt elle se fond avec la voyelle radicale en la modifiant. Nous donnons ci-dessous les paradigmes des trois séries Je verbes dont l'aoriste prend la terminaison -va:
vue de Tethnographie. La conjugaison mingrélienne prend la désinence di à l'imparfait, par exemple blachndiie battais, tandis qu'un simple i lui suffit pour Taoriste, par exemple blachiie battis. Le suano-colque suit le même système. De p'sY louer, il forme le présent chwap's'tH je loue; rimparfait chwap^sTudi. Enfin, Tabchase ajoute an à l'imparfait (cp. Talb. -nja) et it au parfait. Exemple: c'wisl aller à cheval. Imparfait sc'wis'lan, parfait sc'wis'lit. (Rosen, p. 54, 66, 79.) En finnois, la dentale sert à la formation du passif; saadaan y signifie j^ suis pris; sano-taan je suis parlé. (Ujfalvy et Herzberg, Grammaire finnoise, p. 42.) Il en est de même en magyar : var-ok y signifie j'attends, vara- .^om je suis attendu. (Ujfalvy, Grammaire magyare, p. 52.)
Thème Ijëré (présent Ijerenj je ThAmô dergkô (présent derkonj relâche). j'envoie).
Sing. 1. Ijeréva. Sing. 1. dergkôva.