‹ Analyse de la langue albanaise: étude de grammaire comparéeChapitre 83 sur 114 · plja1C'8hin(e), 3. pljak'eihinie · texte numérisé non relu

plja1C'8hin(e), 3. pljak'eihinie

Pour expliquer cette ressemblance bizarre, il faut peutêtre admettre avec Bopp que, dans des verbes comme wXjax, la lettre figurative du passif x ou n a été sacrifiée à une euphonie mal entendue, et cela peut-être par simple paresse de prononciation. Mais pourquoi les formes légèrement modifiées de l'imparfait du verbe être (jam) servent-elles à indiquer le subjonctif de Taoriste? C'est que l'incertitude est rendue volontiers dans toutes les langues^ et plus particulièrement dans l'albanais par le passé. En effet, le subjonctif aoriste des Albanais est à la fois optatif (Rossi dit imp^ecativo) et conditionnel. Mais si nous faisons suivre dans notre langue française la conjonction si de l'imparfait indicatif, le Skipétar n'hésite pas à introduire, comme nous l'avons vu plus haut, le signe figuratif du passé jusque dans le singulier du subjonctif présent.

§ 6. — LE SUBJONCTIF DE l'AORISTE OU OPTATIF.

Les désinences de ce subjonctif — sha, shë, le pour le singulier, et shim^ shily shm{e) pour le pluriel — indiquent bien réellement par elles-mêmes le passé. La preuve

(1) Hahn, p. 69.

en est que la langue les attache volontiers directement au thème du verbe, thème qui, dans les verbes faibles, est le même au présent et à Taoriste, mais qui, dans les verbes forts, voit sa voyelle radicale transformée par Tapophonie. Ainsi du thème Ijagch baigner (présent Ijagchinj, aoriste Ijagcha), l'optatif est Ijagch-ësha.

De Ijd laver (prés. Ijânjy aor. ljaita)y Voptat. est Ijàsha ou Ijaisha.

De vies piller (prés. vieS, aor. voSa), Voptat. est vied-ë-sha.

Mais la notion du passé renfermée dans la désinence exerce quelquefois sur le thème une action assimilatrice et finit par lui substituer les formes de Taoriste. Cela arrive, d'après de Rada (1), aux verbes dont le thème est terminé par une voyelle pure ; ils ajoutent, pour former la troisième personne singulier du subjonctif aoriste, un ^ à la même personne de l'aoriste indicatif. Ainsi de Ijaiti il lava, se forme directement par l'adjonction du t: Ijaitit qu'il lave, de rouati il vit, rouatit qu'il voie. Des verbes comme vio cacher, Ijee laisser, qui forment à l'aoriste subjonctif les deux premières personnes du singulier en sha, she{viosha, vioshe; Ijeesha, Ijeesh) et la troisième en ft : Ije-fi, vio'ft, paraissent avoir été conjugués à l'origine : viofsha, viofshë^ vioftë; Ijefsha, Ijefshe, Ijeftë. C'est ainsi que dans Hahn nous trouvons kerkofsha, kerkofshe, kerkofte. Puis par paresse de prononciation on aura laissé tomber Vf dans la première et la seconde personne. — Les verbes forts qui prennent la voyelle o à l'indicatif aoriste conservent au subjonctif la voyelle primitive du thème, mais ils introduisent entre la dernière lettre

(l) De Rada, p. 76.

du thème et la désinence sha, etc., la figurative t du passé, par exemple marr je prends, aoriste mora, subjonctif aoriste mar-t-sha; dalj je sors, aoriste dolha^ subjonctif aoriste dalj-t-sha; djek je brûle, aoriste dogja, subjonctif aoriste djek-t-sha, etc. Voici maintenant quelques paradigmes destinés à bien expliquer la formation du subjonctif aoriste :

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