ndan(e) ou ndaitin(e). 3. ou ndan{e) ou ndaitin{e
En effet, l'aoriste passif conserve toutes les désinences de l'aoriste actif, excepté celle de la troisième personne du singulier qui se retranche. Cela se comprend : la troisième personne étant suffisamment exprimée par le pronom réfléchi, n'a pas besoin d'être indiquée une seconde fois. On dit par conséquent à Y BiCiiî shitti il vendit, et au passif ou shitt il se vendit ; Ijodi il fatigua, ou Ijod il se fatigua. Il y a une particularité à noter pour les thèmes en : on dit shcroi à l'actif, il guérit (du médecin traitant le malade), mais au passif ou shcroua il guérit (du malade, au passif). De même sgjoi il réveilla, ou sgjoua il fut réveillé. On sait que les Albanais aiment à dissoudre la voyelle o en la diphthongue impropre oua.
Ce sont les verbes dont les thèmes se terminent par une voyelle autre que e ou o qui insèrent presque tous un ^ avant la désinence. Les thèmes en e ou o substituent un n au X ; ainsi xGc retourner, fait au présent du passif xôe-v-cp
je me retourne, à Timparfait xOeve-r^; xepxo chercher, an présent passif xcpxo-v-ejiA, imparfait xcpxo-v-eor'e. Bopp fait trèsbien remarquer que cet n est identique à celui du présent actif singulier. 4, xewvj, 2, xepxo*y, 3, xtpxo^^ et ne saurait nullement être considéré comme exposant de la voie passive. Il allègue comme preuve que, dans le dialecte guègue, le ^ se rencontre quelquefois après Vn en question, qu'on le trouve même non suivi de cet n dans les thèmes en o, comme dans /^apTo-x-e/* je me marie, tandis que les Tosques disent fiopro-^-c^, de fJiapTovj, poprov. Bbpp cite (1) comme exemples des deux consonnes simultanément employées cr€/xuv;)(£|[x je tombc (je me rends) malade (tosque crepvpep), tav^êf* je suis fait (tosquc bivefj), bp«v/£vc ils se rongent, de bç^si/] je ronge, etc.
Ce qui semble prouver encore que le y^ n'est pas une simple cheville euphonique, c'est que les thèmes en oua présentent à la suite d'une mélathèse bizarre la désinence x««,«, au lieu de a/cp ; c'est ainsi que de yaroua je prépare, se forme le présent passif yoLrorjyatix je suis préparé, au lieu
de yoLTOVoty^cfA,
Enfin, par l'effet de cette paresse de prononciation dont nous avons parlé plus haut, propre surtout à des populations qui n'ont pas de culture littéraire et dont l'idiome n'est pas entretenu par de fortes traditions scolaires, il a pu arriver que l'exposant du passif ait été le plus souvent retranché dans des thèmes terminés par une consonne. Au moins dit-on TrXjaxc/yi je me fais vieux, pour irXjax^ef*, 7r«Àf|ui je suis né, pour -TiX^^eju.
Il y a d'autant moins lieu de s*.étonner &e cette suppres-
(1) Bopp, p. 22.
sion, qu'un certain nombre de thèmes qui se terminent en X perdent cette consonne dans la conversation familière; ce sont xpc;^ je peigne, l]tx j'aboie, vypo;^ je chauffe, v^«x j'aide, pa^ je frappe, ya'cx je cache, <ptox je refroidis, et même <j'o;^ je vois et -^îo-^ je connais.
Disons enfin que les verbes forts, c'est-à-dire ceux dont la voyelle radicale est sujette à Tapophonie, prennent au passif toujours la forme affaiblie de cette voyelle, circonstance qui peut s'expliquer par le poids plus considérable des désinences. C'est ainsi que P^' je vêts, fait au passif |3ear'gp (présent), (3*^ cj e (imparfait) ; i^itk j'enfante,
irtXefi; v^je^ je chaSSe, vftxjcfi; Oeppaç j'appelle, 9fp/>tTifi; j3pa^ je
tue, ppiTCfx, PpcTfffs, puis : ^i je place, ptxVi C* j^ touche, ç«x«f*i 6«e j'apporte, 6jx«/*, aox ou u'o je vois, «y'<x*f*i o^^x*^'» -^jox je connais, vjpxe/* et vjcxef*, <xtr je donne, «trire/*, Oof* je dis, eouxacf* et 9oyxef*. Il est vrai que Ton dit douxcp de douoL j'aime, je veux, Xjex</* et Xjiv^ifA de Xjcjvj j'enfante (1), et enfin y'jcvdcfji de y'jctvj je trouve (2),
(1) Ajeivj j'enfante, fait à Taoriste régulièreoient )jfP«, xnaig à Faoriste passif on peut dire non seulement ov Xjepoc, mais aussi ov Xjiv^oc, le participe passé est Xjsjos ou XjtvSoujoe.
(2) rjstvj fait â Taoriste 7'jffra, subjonctif 7J«w'«, mais au passif ou 7*J8v5«, subjonctif ou v'jeTtr'a, participe 7*j«Tou/»c, rjiivj, chez lei Guègues 7>vïvj, serait-il pour 7evtvj, jevtvj ? (Compare» '/Wi^judicium, yjtTovt = yetTwv, 7'jspotvj ^^mo.) Ce 7 initial rappellerait-il le son du x doux? Dans ce cas, serait-il permis de faire valoir la permutation si fréquente des aspirées y et x? en albanais <r'ox je vois, qui chez lea Guègues se dit <T'oy (cp. gr. «Tà^)^, (ro^oc) ; de môme ^% je frappe, chez les Tosques, ^«y (gr. /jdçTrrw?) chez les Guègues ; xjoex je peigne (tosquQ), x/3£y (guêgue), etc. Et pourrait-o\i conjecturer alors que 7*jevtvj et le verbe tudesque find-an ont la même origine?