DU FUTUR
Le futur est, dans la langue albanaise, comme dans la plupart des langues modernes, un temps composé. Les Tosques le tournent par l'auxiliaire do vouloir, qui reste invariable à toutes les personnes du singulier et du pluriel, et qu'avec Bopp on peut traduire : on veut. Il est suivi du subjonctif du verbe que l'on conjugue, précédé ou non de la conjonction te que. Ainsi on dit do te jèm ou dojêm]e serai ; do te jêmi ou dojèmi nous serons; do te kêmi ou do kêmi nous aurons ; do te pljaksh ou do pljaksh tu vieilliras, do te pljakinje il vieillira. Ce futur rappelle distinctement celui des Néogrecs, dont les Tosques sont les plus proches voisins; en effet, on dit en grec moderne : ô« cpOw je viendrai, ôà <paç tu mangeras, 6à ir«xfttv nous marcherons. Ce 6à parait une forme abrégée du verbe BiXtù je veux.
Mais le futur peut se former aussi, comme dans les langues romanes, à l'aide de l'ajixiliaire kam j'ai, suivi (d'après Lecce) de l'infinitif du verbe que Ton conjugue; ainsi kam me dashoune j'aimerai, c'est-à-dire j'ai à aimer. C'est là la manière de procéder des Guègues. Mais
dans les colonies italiennes un autre mode d'exprimer le futur paraît avoir prévalu, qui tient le milieu entre le futur des Tosques et celui des Guègues. On y adopte pour verbe auxiliaire kam^ mais on le fait suivre de n avec le subjonctif. Nous trouvons chez de Rada le paradigme suivant (1) :
SiDg. i. cam te Ijaanj je laverai {ho da lavare).