DES MOTS COMPOSÉS
Il y aurait peut-être un long chapitre à écrire sur la formation des mots en albanais. Disons-le : cette forma-
(1) De Rada, p. 89; Bopp, p. 2. Ce dernier rappelle les formes grecques (7%ejOov, (r/îTâj et le moyeu haut-allemand hint pour lù-naht, c'esl-à-dire : dans celle nuit.
(2) Gamarda, p.' 311-312.
tion est ce qu'il y a de moins connu ; avant d'en traiter, il faudrait posséder un dictionnaire tant soit peu complet de la langue shkipe, comme M. Dozon nous semble en promettre un. Les invasions et les mélanges des races et des langues qui en ont été la conséquence ont dérobé apparemment aux Albanais l'intelligence des origines de leur idiome, et ont épuisé en grande partie sa force créatrice. Sous ce rapport, les Skipétars se trouvent sur la même ligne que tous les peuples néo-latins. Ils sont peu capables de former, cbose si facile aux Slaves et aux Germains, des mots nouveaux et des mots composés à l'infini. Ceux dont M. de Rada nous entretient semblent appartenir surtout aux poètes : fkalj-ljee d'un parler doux, sii-^ee^ aux yeux noirs, bunZ-gièrshii aux lèvres de cerise, x«-^A'^ût qui dévore les os, etc. (1). Il n'est que juste d'ajouter que les particules négatives pa et as, ainsi que la préposition pevy servent à former bon nombre de verbes et d'adjectifs composés. Mais à tout prendre, on fera bien de se ranger à Tavis de M. de Rada : Per larghe che sieno le fonti aperte alla creazione degli attributiviy il numéro n' è ancor a troppo scarso nella lingua; e vi supplisce il genitivo de' nomi ; invece di manico ligneo noi diciamo mëruu drûri « manico di legno, » etc.
(i) De Rada, p. 49, 50.