DES DIPHTHONGUES
La langue albanaise est pauvre en véritables diphthongues (1). En réalité, elle n'en connaît que deux : ai, comme dans p«éÇ« jeune fille, et ei, comme dans Tcf^cer rapide ; encore les deux voyelles de ces diphthongues ne se
(1) Habn, Grammat., p. 6.
confondent-t-elles pas toujours de manière à ne constituer qu'un son unique. C'est ainsi que le pronom «ë (celui-ci) forme deux syllabes; il y en a également deux dans la seconde partie du verbe bejeij je suis à même. Les diphthongues grecques ev et «y, qui en grec moderne se prononcent ef et afj deviennent ep et ap en albanais, par exemple martureps je témoigne (è^^jKfmjptuva) ^ futeps je plante, paps j'arrête, j'apaise (l7rav<r«); en revanche, on dit kafse pour le latin causa. Dans d'autres mots Vu est entièrement retranché : latin laurus fait ter, au,rum ar^ Paulm Pal (1).
La langue albanaise a une grande prédilection pour les diphthongues impropres; ce sont oua (comme dans xouaX«ft je tousse, vorovatj je prépare), oui (comme dans xwtTotj je rappelle), puis i suivi de toutes les voyelles (2). On voit par quelques-uns des exemples cités que l'albanais ne craint pas l'hiatus. Pour rendre notre assertion évidente, empruntons à Hahn (3) bououroïn espèce de serpent, et à Miklosich pagouaoi paon, iomuaoi timon, puis des formes flexives comme vSàov, xevSoV, etc., etc. (4).