‹ Analyse de la langue albanaiseChapitre 42 sur 109 · ASPECT DÉTERMINÉ · texte numérisé non relu

ASPECT DÉTERMINÉ

Formes rég. Formes irrég.

Nom.

Veitexea,

Vettejûa,

Vettexeat,

Vettejuat.

Génit.

Të vettex^'oe.

Vettejtiash.

Të vettexevet.

Të vettejmet.

Datif.

Vettexeve,

Vetiejuve.

Vettexevet.

VetteJHvet.

Ace.

Vettexea,

Vettejûa.

Vettexeat.

VettejûaJt.

Loe.

Nder vettexea.

(Manque.)

Vettexeashit.

VettejmhiU

Ablat.

Vettexeashi.

VettejwH.

On sait que les langues aiment à faire ressortir Tidée

(1) De Rada, p. 31, 82.

de ridentité le plus souvent par le superlatif (cçùtototoç, ipsissimus): T albanais le fait par la répétition du mot, au lieu de p/rc il dit PctPctc, à l'aspect déterminé PctPct^*» sellas intima. C'est ainsi que dans vettejue, vetlejui il nous semble que la même idée est exprimée deux fois, car Vu {oti) des avant-dernières syllabes nous paraît être le même qui sert à former le passif de l'aoriste et de l'impératif (ou îupxoj3«, je fus cherché, x«pxoou sois cherché), et cet ou il y a longtemps que Bopp l'a identifié avec le pronom sanscrit sva (1). Nous-même nous avons soutenu que la première syllabe de Pm se retrouvait dans la forme Qexive du pluriel (3e, que les deux syllabes réunies n'étaient que la même forme à l'aspect déterminé,

En effet, la notion de la séparation, de l'isolement, sert à exphquer le génitif des déclinaisons aussi bien que le passif ou le moyen des conjugaisons. Puisque Lecce écrit um pour PcTc, le passage de «c à ov ne présente plus de difficulté. Bt aussi bien que o^j sont ramenés à sva soi, par Bopp. Or, ce sva, pronom sanscrit, devient se en latin, et sBy dans cette dernière langue, est tantôt pronom réfléchi, tantôt préposition composée avec des verbes comme segrego, se-cernoy se-paro^ tantôt lorsque le d de l'ablatif archaïque vient s'y joindre, conjonction, sed signifiant mais.

Le mot Pt indiquant une existence séparée, indépendante, Pêtc sert à désigner aussi tout simplement l'idée de personne ou d'individu. Sa jStrc jovc veut dire : combien de personnes sont-ils? Réponse : ^jere ^trt dix personnes (2). Ceci nous amène à poser une dernière question :

(1) Bopp, p. 20.

(2) Nous traiterons un peu plus loin de l'origine présumable de la dernière partie du mot pi-nx*.

L'ou qui désigne le pronom de la première personne seraitnl autre chose que le pronom réfléchi ou qui sert à former l'aoriste passif, autre chose que le sva des anciens IndouSy ce sva qu'on employait à toutes les personnes? Quoi de plus naturel que de se désigner soi-même, le geste aidant, par un mot signifiant l'individu, le même? Cela rappelle quelque peu le oZroç des Grecs, le hic des Latins, N'est-ce pas en effet à la première personne que le sujet et l'objet se confondent dans le même être?

Enfin cet ou qui, à l'instar du sva sanscrit, peut désigner toutes les personnes au sens réfléchi, ne peut-il pas expliquer du même coup le pronom enclitique iu leur, à eux, abrégé quelquefois en ou comme dans l'exemple cité par de Rada : E^e ai ou pergjegj e ou Qa attire et il répondit et il leur dit, à eux (1).

(1) De Rada, p. 35.

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