‹ Analyse de la langue albanaiseChapitre 56 sur 109 · DE LA FORMATION DES TEMPS ET DU CLASSEMENT DES VERBES · texte numérisé non relu

DE LA FORMATION DES TEMPS ET DU CLASSEMENT DES VERBES

De l'Imparfait.

C'est, selon nous, le mérite de M. de Rada d'avoir fait connaître la vraie forme de l'imparfait et d'avoir rendu possible ainsi l'explication d'un des points les plus obscurs de la conjugaison albanaise. Cet imparfait prend à l'indicatif les désinences suivantes : singulier i. nja, 2. nje, 3. nej ; pluriel 1. njim, 2. njit, 3. njin^ et au subjonctif singulier i.ja.^.je, 3. nej; pluriel l.jm, 2. Jiï, 3. ;m. Comment se fait-il donc que Hahn ne connaisse qu'une seule et même forme pour l'indicatif et le subjonolif, et que cette forme se trouve élre celle que de Rada assigne au subjonctif de préférence? Que l'on juge : l'imparfait chez Hahn se conjugue de la manière qui suit :

Sing. 1. TrXjox-t-ji. 2. TT^jox-i-je. 3. ttXJox ou 7rXj«x-T6. Plur. 1. 7rXJ«x-t-j«/i. 2. 7r)j«x-t-J6Te. 3. 7rXj«x-e-j«vi.

Hahn n'avait pas une connaissance aussi intime des vieilles formes de la poésie des Skipétars que le savant Albanais de Demetrio Corone, et il ne se rendait pas assez compte de l'action corrodante exercée par la voyelle i sur des liquides comme l et n. D'un autre côté, on comprend fort bien que l'instinct de la langue se soit servi de la différence qui s'établissait avec le temps entre des formes entières et intactes qui tout d'abord avaient été réservées à Vindicatif, et les formes amollies par deux j exprimant si bien le vague du mode de l'incertitude. Si l'on veut se faire une idée juste de cette différence, il faut comparer l'indicatif et le subjonctif du verbe jam je suis, tels que ces modes ont été constitués à l'imparfait par M. de Rada, d'après les formes en usage chez les poètes et prosateurs albanais :

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