‹ Analyse de la langue albanaiseChapitre 69 sur 109 · TT^jax-Tff'tvE ou 7r)jax-o"'ive · texte numérisé non relu

TT^jax-Tff'tvE ou 7r)jax-o"'ive

Peut-on conjecturer que les formes syncopées doivent leur origine à l'analogie, fausse sans doute, des aoristes grecs en -aca, -«^a, -oxja, dont un si grand nombre a passé sans changement dans la langue albanaise à la première personne du singulier au moins, et en tenant compte de l'augment désormais absent? On connaît le grand nombre de verbes existant dans cette dernière langue, se terminant au présent en a;, (ç, o?, etc., et dérivant de verbes grecs en «îw, aÇw, oCw ou ovw, etc.

11 ne faudrait pas aller trop loin et se laisser induire à croire, par des formes comme dogjetim (de dogja^ présent diegch je brûle) ou vo$etim{de voSa) vie$ ^e pille, que tous les verbes forts qui changent leur voyelle radicale en o à l'aoriste forment leur pluriel à l'aide d'un t. Ce t cesse d'être nécessaire dès que Vo peut se transformer en ouay ce qui arrive lorsque la dernière consonne du thème est un / ou un r. C'est ainsi que de piil j'enfante, vient l'aoriste pola qui se conjugue de la manière suivante :

Sing. 1. pôla. 2. pôle. 3. poli.

Plar. 1 . poualm ou polm. 2. poualte ou polte. 3. poualne, polne ou pôle.

Marr ou moimrrîe prends, fait à Taoriste mai^a :

Sing. 1. môra. 2. môre. 3. môri.

Plur. 1. mouarm. 2. motiart^. 3. mouarne.

Voici comment Rossi fléchit l'aoriste de siel j'envoie :

Sing. 1. $olla. 2. solle. 3. suulL Plur. 1. soulem, 2. soulete. 3. sou/w.

Il ne nous parait pas probable, toutefois, que le / qui, d'après de Rada, se rencontre au pluriel de l'aoriste de tous les thèmes verbaux terminés par des consonnes autres que les liquides / et r, ait un caractère purement euphonique. La dentale sert à marquer le passé dans presque toutes les langues caucasiques, telles que le géorgien, l'ossète, le laze, par exemple géorg. swern-da il but; oss. /IgquS'ta il entendit; las. or-tu il était. Dans l'idiome des Tsiganes on trouve : pen-dom je parlai, per-dom je tombai (1). Bopp rattache cette dentale avec beaucoup de vraisemblance à tin participe passé qui a généralement une signification passive, mais qui peut avoir aussi, notamment dan^les verbes neutres sanscrits, une signification active, par exemple gatô 'smi je suis allé. Dans le persan, berdeh (sanscrit brta) peut signifier aussi bien « porté » qu' a ayant porté (2) n .

(t) Bopp, Die haukasischen Glieder des indo-europàischen Sprachstatnms, Berlin, 1847, p. 46 et suiv.

(2) Signalons encore quelques analogies empruntées aux langues caucasiques qui peuvent avoir une certaine importance au point de

11 semble résulter de ces observations que dans les verbes forts en as et es dont il a été question plus haut, qui forment l'aoriste en ta ou tta, la langue a fini par considérer ce t comme radical, puisqu'elle a senti la néces- . site, pour exprimer plus nettement le prétérit, d'y ajouter un second t au pluriel : shitla je vendis ; plur. 1 . shittètim nous vendîmes, etc.

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