PAR LES RÉACTIFS
A. Expérience ire. La teinture de Tournesol versée dans cette eau récemment puisée , rougit sur-le-champ. Mais après quelques heures d’exposition à l’atmosphère elle repassa au bleu.
2e. L’infusion de chou y prit d’abord une couleur rouge. Mais ensuite elle passa graduellement au bleu et après quelques heures au vert. Les mêmes phénomènes eurent lieu lorsque j’y employais le syrop de violettes.
5e. Cette eau devint laiteuse par quelques gouttes d’une dissolution d’acétate de plomb , et déposa bientôt un précipité dJun blanc pur.
4e. L’eau de chaux versée en petite quantité n’y produisit d’abord aucun effet visible , mais en
(i) On voit combien ces phénomènes, que l’on observe aussi dans les autres eaux minérales de Spa , s’accordent avec ceux que Pline a énoncé dans le passage de ses œuvres que j’ai cité.
quantité égale à celle de l’eau , elle y causa un précipité abondant.
5e. L’eau de barite y forma dans l’instant un précipité copieux qui était dissoluble , à l’exception d’une très-petite quantité , dans les acides muriatique et nitrique.
6e. La solution alcpholique de savon la rendit sur-le-champ laiteuse.
7e. Les acides minéraux y produisirent de l’effervescence.
8e. L’alcohol gallique s’y changea d’abord en violet et passa , après deux ou trois heures , au noir foncé.
9e. Le prussiate triple de potasse et de fer y produisit immédiatement un beau bleu.
ioe. Le nitrate et le sulfate d’argent la rendirent opaline.
iie. Le filiale de soude et l’oxalate d’ammoniaque y formèrent un nuage blanc.
12e. L’argent poli, le mercure, le bismuth, plongés dans cette eau , lorsque même elle avait une odeur très décidée, ni perdirent ni leur poli ni leur couleur.
B. Pour avoir encore plus de certitude sur la nature des substances que contient l’eau duPouhon, j’en réduisis par l’évaporation , deux gallons ou quatre cent soixante-deux pouces cubes, à dix pouces , cubes. Pendant l’évaporation , une pellicule irriclescente se forma sur la surface de l’eau , et elle déposa une poudre assez abondante d’un rouge brunâtre , qui fut séparée du fluide par la filtration.
i3e. Le papier teint par Famomum curcuma et par la rhubarbe ; plongé dans ce fluide concentré, brunit sur-le-champ. Celui teint par la teinture de tournesol , qui avait été rougi par l’eau du Pouhon , récemment puisée , repassa dans ce fluide au bleu. L’infusion de chou et le sirop de violettes s’y changèrent en vert.
i4e. Je versai du muriate de platine dans une portion du fluide saturé d’acide muriatique, sans y produire le moindre précipité ni autre changement.
i5e. L’alcohol gallique , et le triple prussiate de potasse n’y imprimèrent aucune couleur.
16e. L’oxalate d’ammoniaque et le fluate de soude n’y formèrent aucun précipité.
17e. Le phosphate d’ammoniaque n’y produisit aucun effet.
18e. Ayant saturé une portion de ce fluide, par l’acide nitrique , j’y versai goutte à goutte du nitrate de barite , qui forma sur-le-champ un précipité bîanc.
19e. Ayant séparé ce précipité par le filtre , je versai dans le fluide du nitrate d’argent qui le rendit dans l’instant laiteux.
20e. Je traitai parle vinaigre distillé une portion delà poudre brunâtre qui avait été déposée pendant l’évaporation de l’eau ; une grande partie en fut dissoute avec beaucoup d’effervescence ; la partie indissoluble fut séparée par le filtre.
21e. Ayant versé dans la dissolution par l’acide acétique , quelques gouttes d’oxalate d’ammoniaque , il s’y forma un nuage blanc , j’y ajoutai ensuite du carbonate d’ammoniaque parfaitement neutralisé qui y fit déposer un sédiment copieux.
22e. Ayant séparé ce précipité du fluide, je versai dans ce dernier une dissolution de phosphate de soude. U11 précipité s’y forma , et s’attacha aux parois du verre ; ce devait être du phosphate triple de magnésie et d’ammoniaque.
23e. Je jettai la poudre qui restait indissoute dans l’expérience 20e., dans de l’acide muriatique; la plus grande partie y fût bientôt dissoute; il ne resta d’indissoluble qu’une petite quantité d’une
poudre légère et grisâtre , qu’une épreuve faite au chalumeau me démontra être de la silice.
24e* Le triple prussiate de potasse et de fer , versé dans cette dissolution , y produisit sur-lechamp un précipité très-abondant d’un bleu trèsfoncé.
25e. Ayant séparé par le filtre ce précipité bleu, et versé dans le fluide qui restait , de l’ammoniaque , il y produisit un précipité peu abondant qui ne pouvait être que de l’alumine.