‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 117 sur 216 · RARE · texte numérisé non relu

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cices de S. Ignace ”, dans le fascicule du !0 juin

Ce manuscrit avait été remis au Père Général Paul Oliva : il porte ce titre en italien : Ceci est un ancien livre des Exercices de S. Ignace selon la méthode suivant laquelle on les donnaït avant qu'ils ne fussent imprimés. Le P. Watrigant en extrait le Principe et Fondement qui commence par ces paroles formelles : ” L'homme est créé par Dieu pour connaître et aimer, louer et révérer, et servir Dieu Notre-Seigneur ", et continue dans les même termes que le texte actuel.

Cela étant donné, il faut donc conclure que, si avant l'impression du livre des Exercices la connaissance et l'amour de Dieu étaient nette: ment mentionnés dans le Principe et Fondement à propos de la fin de l’homme, et qu'après lim: pression, ces mêmes termes n'y paraissent plus“ il est évident que l'auteur, en les effaçant du manuscrit, n'a plus voulu qu'on les imprimât, sans doute parce qu'il sentait qu'ils étaient où bien inutiles, ou sans rapport avec le but qu'il sè proposait. | |

On ne peut admettre qu'il ait ignoré que la fin complète de l'homme en cette vie est de con: naître, aimer et servir son Seigneur et son Dieu Le seul fait donc d’avoir effacé de ce passage les mots connaître et aimer montre clairement que ce n'était pas son intention de spécifier la fin

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complète de l'homme, maïs qu'il en prenait seulement la partie nécessaire et suffisante pour le but qu'il se proposait.

Pour bien saisir sur ce point l'esprit de S.

Ignace, il faut se rappeler que, dans les Exercices, il fait chercher la volonté divine touchant la disposition de sa vie pour le salut de l'âme : ou, comme il le dit dans le Préambule à la considération des état de vie, en quel état (le premier ou le second) sa Divine Majesté veut se servir de nous.

En un mot, il enseigne à rechercher, non pas quel degré de connaissance et d'amour Dieu exige du retraitant ; mais quel degré de service.

Pour ce qui regarde l'amour, soit que le retraitant ait à rester dans le premier état, soït qu'il ait à passer au second, S. Ignace lui fait concevoir, dans la quatrième semaïne, l'amour de Dieu au plus haut degré possible : et ceci n'est pas matière d'élection ; car il est évident

“pour tout chrétien, que nous devons aimer Dieu

de tout notre cœur, de toute notre âme et de toutes nos forces. Il n'y a pas de degrés dans cet amour, comme il y en a dans le service : c'est pourquoi S. Ignace, en établissant le principe de toute bonne élection, devait se restreindre au service et à la louange de Dieu, et omettre ce qui se rapporte à l'amour.

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& 5. — Signification des mots : louer, respecter, servir,

Une question se pose ici. Les termes : louer, respecter, servir, sont-ils employés par S. Ignace, dans le Principe et Fondement, dans un même sens propre et particulier à chacun d'eux, ou dans un sens général commun à tous ? C'est ce que nous allons voir.

En comparant ce passage avec beaucoup d'au* tres passages du livre, qui expriment la même idée, on remarque que, pour formuler la fin de l'homme, S. Ignace se sert tantôt d’un seul de ces trois termes, tantôt seulement de deux ; ou bien encore, il se sert d'autres expressions. En outre, dans certains passages, il mentionne seulement le salut de l'âme, sans employer aucune de ces trois expressions ; toutefois, le plus habituellement, il rattache à un ou à plusieurs de ces terres soit le salut, soit le progrès spirituel, soit la plus grande pertection de l'äme.

1) En premier lieu, il emploie uniquement le verbe louer {alabar) ou le substantif louange {alabanza). Aïnsi il dit : “ Le troisième temps est celui du calme, lorsqu'un homme, après avoir considéré d'abord pourquoi il est au monde, savoir pour louer Dieu Notre-Seigneur et pour sauver son âme ”, et un peu plus loin : ‘ Deuxième point : il est nécessaire que je tienne ma vue attachée sur la fin pour laquelle je suis créé, qui

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est de louer Dieu Notre-Seigneur et de sauver mon âme. ” Il avait dit plus haut : ” Dans toute bonne élection, quant à ce que je dois y mettre de ma part, il faut que l'œil de mon intention soit simple, ayant uniquement en vue la fin pour laquelle je suis créé, c'est à dire la louange de Dieu Notre-Seigneur et le salut de mon âme ‘ ; et plus bas, il dit encore : ‘* Quatrième point : considérer, en raisonnant, le profit et les avantages qui me reviendront si j'ai cet emploi ou ce bénéfice, uniquement par rapport à la louange de Dieu Notre-Seigneur et au salut de mon âme."

2) Il fait mention seulement du service. Ainsi, dans le troisième Binaire, il dit:"'si ce n'est pour le seul motif du service de Dieu Notre-Seigneur en sorte que seul le désir de pouvoir mieux le servir le détermine à prendre, ou à laisser la chose.” Dans la deuxième Manière d'humilité, il écrit : “ lorsqu'il y aurait égal service de Dieu Notre- Seigneur et salut de mon âme ‘, et dans l'annotation 20° : * appliquant tout son soin à une chose unique, qui est de servir son Créateur et de vaquer au profit de son âme, il se sert plus librement de ses puissances naturelles. ‘

3) Il emploie seul le verbe se sauver dans les Binaires : “ chacune de ces classes d'hommes est devenue riche de dix mille ducats.…. Maintenant tous veulent se sauver et trouver Dieu Notre-Seigneur dans la paix... ” — ” La première

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