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le service de Dieu Notre-Seigneur. Or, quels sont les obstacles que leur oppose l'ennemi ? ‘“ La perspective du travail ou la honte et la crainte que suggère l'honneur mondain.
Ces obstacles ne concernent guère celui qui n'a d'autre ambition que de faire une bonne confession et de se maintenir dans l'état de grâce recouvré. :
Dans la règle cinquième, S. Ignace avertit que au temps de la désolation, il ne faut jamais faire aucun changement mais se tenir ferme et constant dans ses résolutions et dans la détermination où l'on était au jour qui a précédé cette désolation. ” Ces propos et cette détermination sont-ils ceux d’un homme qui désire seulement passer de l'état de péché à celui de grâce et faire le propos de s'y maintenir ?
L'argument le plus décisif en faveur de la souveraine importance de la première semaïne ct de son efficacité à l'égard du but des Exercices, se tire du colloque prescrit par S. Ignace dans le troisième et le quatrième exercice : il y emploie la formule solennelle du triple colloque, avec le recours à la médiation de puissants protecteurs : la médiation de la divine Mère auprès” de son Fils et celle du Fils auprès du Père.
S. Ignace ne recourt à cette formule que dans les exercices qui sont ou difficiles ou nécessaires comme ceux des Étendards, des trois Binaïres,
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des trois Manières d'humilité. Dans la troisième semaine, il laisse la chose à l'arbitre du retraitant. Si donc il la prescrit, dès la première semaine, dans l'exercice des péchés, il montre suffisamment par là que, pour lui, la première semaine présente la même difficulté et aussi la même nécessité que la deuxième. En effet, quelles grâces fait-il demander, dans ces exercices de la première semaine ? Se contente-t-il de faire demander la connaissance et l'horreur des péchés ? Non, il va plus loin : ‘“ la grâce, dit-il, de sentir le désordre de mes opérations ‘ (dans ce désordre est inclus celui des intentions et des actions ou élections), ‘ en sorte que, continue-t-il, layant en horreur, je me réforme et me remette dans l’ordre. ”
Quelle est le but, du retraitant en faisant les Exercices, si ce n'est “ de règler sa vie, sans plus se déterminer par aucune affection qui ne soit conforme à l'ordre ” ?
Il est évident donc que la première semaine ne le cède pas à la deuxième en importance,
Enfin, comparons la première semaine avec le premier exercice qui la suit immédiatement, c'està-dire celui du Roi temporel, Dans cet exercice, le Saint se propose d'obtenir du retraitant : {) qu'il offre foute sa personne pour le travail; 2) que, allant à l'encontre de sa sensualité propre et de son amour charnel et mondain, 3) il
veuille et désire, et prenne la détermination bien délibérée ‘ d'imiter (le Christ) en supportant toute injure, tout mépris et foute pauvreté. k. Si, de la première semaine, le retraïtant n'a setiré d'autre fruit que la contrition, il faudra que tout le fruit qu'il a eu en vue dans le Règne du Christ, il le tire de ce seul exercice. Or, il n'est pas vraisemblable que S. Ignace prétende tirer un fruit aussi excellent, d'un exercice qu'il ne fait faire que deux fois seulement, et dans une journée qui est comme un temps de repos entre la première et la deuxième semaine, qui n'a ni répétion, ni résumé, ni application des sens I1 faut avoir recueilli plus qu’un fruit de contri tion dans la première semaine, pour que le res traitant, à la fin de cette semaine, et sans avoir même commencé la deuxième, se trouve dans des dispositions aussi excellentes qu'on les sups pose à la fin du Règne du Christ, Et certes, ils avaient retiré de la première semaine plus que de la contrition, ces chapelains des infantes, don Alonso Alvaro et don Juan d'Aragon, dont le B. Lefèvre écrivant de Spire, où il leur donnait les Exercices, disait à S. Ignace dans une lettre du 27 Avril 1542 (1) : ‘ Ils ont commencé les Exercices il y a huit jours... ils n’ont pas encore
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