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proie à la douleur, le brisement avec Jésus-Christ brisé, les larmes et une peine intime de la peine si grande que Jésus-Christ a ressentie pour moi. ”
Je ne sais pas d'argument plus puissant pour montrer la souveraine importance de ce sentiment de gratitude à l'égard du Christ, que S, Ignace considère comme un moyen souverainement efficace, pour pousser le retraitant à l'amour et à l'imitation de son divin Rédempteur.
Il ne suffit pas dans les Exercices d'éclairer l'esprit du retraïtant, afin qu'il voie le chemin qui le conduira à l'union avec Dieu : il faut, de plus, lui donner des forces, non seulement pour marcher, maïs aussi pour courir avec une telle rapidité qu'en très peu de temps il arrive au terme de sa carrière.
Une locomotive mènera un train à destination en un temps d'autant moindre que la pression de la vapeur dans la chaudière sera plus grande Quelle tension de forces ne faudra-t-il pas au retraitant de ce troisième degré, pour fournir une course aussi rapide que celle qui lui est demandée ?
Le jeûne rigoureux des compagnons de S. Ignace, durant la première semaine des Exercices, se comprend mieux, comme conséquence de leur admiration à se voir l'objet de la très délicate prédilection du Christ, que comme fruit de la
pure contrition de leurs péchés, contrition très parfaite d'ailleurs, car elle sortait de la conscience de leur ingratitude passée à l'égard d'un Rédemrteur aussi aimant et aussi généreux. On peut conjecturer la même chose de l'admirable fruit spirituel retiré de la même semaine par les deux chapelains, disciples du Bienheureux Lefèvre dont nous avons parlé.
On demandera si cet argument vaut encore quand ii s'agit de ceux que Dieu a gardés dans l'innocence baptismale, comme un S. Louis, un S. Stanislas, etc, ? Nous répondons que le Christ ma montré à ceux-ci une délicatesse d'amour plus érande encore, et qu'il leur a appliqué les méri-
tes de sa Passion avec une largesse plus abon- .
dante, en permettant qu'ils ne souillent pas leur âme par le péché mortel.
En outre, ces âmes innocentes conçoivent et sentent la difformité et la malice d’une seule faute vénielle, et de ce qui n'atteint pas même la faute vénielle, plus vivement que d'autres celle des fautes mortelles. Témoin S. Louis dont on chante : ‘ Vous n'avez cessé de pleurer ce que vous appeliez vos deux péchés ”; et il ne se contenta pas de les pleurer, il en fit cette pénitence stupéfiante dont nous lisons le récit avec une admiration mêlée d'effroi.
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