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le fait de manger du fruit de l'arbre de la science, d'où peut lui venir la laideur et la malice sinon de la seule défense ?
Pour pénétrer la pensée de S. Ignace sur ce point, rappelons que, déjà dans le Principe et Fondement, il exclut du champ de l'indifférence, exigée du retraitant comme condition nécessaire, ce qui est défendu au libre arbitre, et qu'il restreint expressément ce champ à ce qui lui est permis.
Le motif de cette exclusion et de cette limitation est que la fin principale vers laquelle le Saint dirige les Exercices dans ce troisième degré, ce nest pas la récupération de la grâce perdue par le péché et sa conservation après l'avoir recouvrée, S'il en est qui n'ont en vue que ce fruit, il ne les laisse pas aller au delà de la Première semaine, et il ne veut pas même qu'on leur en donne fous les exercices, mais seulement quelques-uns, des exercices rudimentaires, comme il le dit à la fin de l'annotation 18e.
Tandis que les Exercices “ en entier. dans l'ordre même selon lequel ils procèdent ‘ sont réservés aux rares personnes qui ne se contentent pas de recouvrer la grâce et de s'y maintenir, mais qui désirent ‘ tirer tout le fruit pos- Sible ” et sont disposées à gravir le sommet de la perfection évangélique, et en général, désireuses de savoir si Dieu veut ou ne veut pas se servir
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d'elles dans le second état, où il faut vaquer uniquement au service du Père céleste.
Ainsi donc, pour sortir du péché et ne plus se laisser aller à le commettre désormais, il est souverainement profitable à la première classe de retraïtants de bien se pénétrer de la laideur et de la malice attachée à toute grave transgression des préceptes divins, et en général, de toute loi ou précepte qui oblige en conscience ; et de même, la seconde classe se sentira fortement attirée à la pratique des conseils évangéliques (1), si elle pèse la laideur et la malice d'un refus opposé à l'invitation de Dieu qui appelle à ce degré de perfection.
Donc la laideur, la malice que S. Ignace fait peser dans le deuxième point de cet exercice, est celle que contient la désobéissance à la voix de Dieu, même lorsque, sans faire intervenir son autorité, il appelle l'homme à l'état de perfection et, en général, lui manifeste que c'est sa volonté qu'il pratique ou omette telle ou telle action.
(1) Nous prenons ici le terme de “ conseil évangélique ””, comme on le voit par le contexte, non en tant qu’il se distingue du précepte, selon la parole de S. Paul (I Cor. VII, 25) : De virginibus praeceptum Domini non habeo, consilium autem do etc. ; dans ce sens, l’homme garde le choix de Suivre ou ne pas suivre le conseil. Ce que nous entendons ici par ce terme, c’est le conseil que l’homme s’est librement engagé à observer, mais pas sous peine de péché. Tels sont les conseils évangéliques contenus dans les constitutions et les règles des Instituts religieux, dont l’inobservance constitue la simple faute volontaire.