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dispositions voulues pour les faire en entier et dans l’ordre même où ils procèdent. Dans ce cas, l'on peut comparer ces exercices à un édifice composé seulement du rez-de-chaussée : et comme tel il se maïntient solidement sur un fondement très réduit.
Dans les Exercices complets, la même semaïne, de l'avis du Directoire, serait comme le rez-de-chaussée d'une maison à trois étages, qui supporterait tout le poids du reste de l'édifice élevé sur lui, et en seraît par conséquent la base et le fondement.
Voyons donc comment la deuxième et la troisième semaine s'appuyent réellement sur la première, comme sur leur base et leur fondement. Le fruit propre de la deuxième semaine est un propos généreux et efficace d'imiter le Christ däns l'accomplissement de la volonté divine, méme si cette volonté est que l’on renonce à l'usage et à la possession des biens de la terre, c'est-àdire (pour employer les termes de S. Ignace) : le propos d'imiter le Christ dans la pauvreté, dans les opprobres et les humiliations.
Or, pour imiter le Christ dans l'accomplissement de la volonté divine, quelle meilleure disposition peut-on désirer qu'une horreur intense de tout acte humaïn qui ne serait pas conforme à cette volonté ? De plus, pour vaincre la difficulté que la nature humaïne ressent à se priver
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des biens vers lesquels l'appétit l'incline, rien ne l'aidera plus que l'élan généreux de gratitude pour le Christ qui le sollicite à faire pour lui des choses difficiles et pénibles à la nature.
Il faut en dire autant du fruit que l'on poursuit dans la troisième semaine. Il me sera d’autant moins difficile de souffrir pour le Christ toutes les souffrances corporelles et les délaissements spirituels qu'il décidera de m'envoyer, que je ressentirai plus vivement l'horreur de tout acte non conforme à la divine volonté, et le désir de souffrir de grandes peines pour le Christ qui a souffert pour moi les peines les plus grandes qu'il soit possible d'imaginer.
Les fruits que l'on peut tirer de la première semaine sont donc nombreux, très nombreux, et de très grand profit : il faut préférer ceux qui sont plus adaptés à la fin particulière que l'on ‘poursuit. Dans notre cas, où les Exercices sont destinés à déraciner du cœur de l'homme l'amour des biens du monde et l’appréhension de ses maux, afin d'accomplir toujours en toute occasion la volonté divine, ces deux sentiments suffisent et ils sont nécessaires, à savoir : l'horreur ide tout acte non conforme à la volonté de Dieu, et le désir de faire et de souffrir des choses difficiles pour le Christ.
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Chaïbitre XIX. — De l’Appel du Roï temporel dans ce troisième degré.
Dans le colloque du dernier exercice de la pre: mière semaine S. Ignace prépare admirablement le retraitant à faire avec fruit l'exercice, qui suit immédiatement, de l'Appel du Roi temporel, En effet, après lui avoir remis en mémoire le nombre considérable d'âmes qui brüûlent dans l'enfer : après lui avoir fait rendre grâces aû Rédempteur, représenté au retraitant comme mourant en croix, qui ne l'a pas laissé tomber dans ce lieu de tourments beaucoup plus mérité par lui que par un très grand nombre de damnés, voici qu'il lui fait faire un retour sur lui-même, et se demander avec étonnement ou mieux, avec admiration : Comment jusqu'ici il a usé d'une si grande bonté et miséricorde envers moi ‘, comme pour dire : quel est donc le but de Notre- Seigneur Jésus-Christ en me traitant avec une telle prédilection alors que tant d'autres en étaient plus dignes que moi ? Jusqu'à l'heure présente il na cessé de me conserver la vie:
mais il a permis que tant d’autres meurent dans sa disgrâce. À mon égard, il a usé d'une extraordinaire pitié, m'accordant des grâces tout à fait insignes, qu'il ne leur a pas accordées. En-
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« vers moi, il a usé d'une miséricorde continuelle,
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me pardonnant tant de fautes et les châtiments terribles que je méritais, châtiments et fautes qu'il ne leur a point pardonnés à eux. Quel est le but du Seigneur en me donnant des preuves si extraordinaires d'une prédilection toute spéciale ? Que demandera-t-il de moi ?
Le retraitant une fois saisi par ces considérations, voilà que se présente à lui son très aimable bienfaiteur, qui lui déclare ses intentions, le but qu'il s'est proposé en l'honorant, parmi tant d'autres, de sa prédilection : ‘* Ma volonté, dit-il, est de soumettre toute la terre des infidèles, etc..." ; et dans la seconde partie de l'exercice, il lui parle plus clairement : Ma volonté est de me soumettre tout l'univers et tous mes ennemis, et d'entrer ainsi dans la gloire de mon Père. Dans cette conquête je te convie à m'accompagner : je prendrai les devants : je serai le premier à entrer dans la lutte, le butin sera partagé entre ceux qui me suivront ; et il leur en reviendra une part d'autant plus grande qu'ils se seront distingués davantage dans les fatigues de la guerre.
S. Ignace demande “ ce que doivent répondre de fidèles sujets à un roi si libéral et si bon ? ” Et d'abord il tient pour chose à peine possible que certains se fassent sourds à cet appel : ” Si quelqu'un dit-il, se refusait à l'appel d'un tel roi, combien il serait digne d'être méprisé de tout le
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